Bonjour. Moi, c’est Sophie.
J’ai 42 ans, je vis en Gironde, pas très loin de Bordeaux. Je suis née ici, en France. Mon père est noir, ma mère est blanche. Et mes quatre enfants, eux, ont la peau claire.
J’aimerais vous raconter deux moments. Deux scènes. Deux instants presque ordinaires, si on regarde vite. Mais quand on s’attarde… c’est autre chose.
Le premier, c’était en 2003. J’avais 22 ans, j’étais étudiante en droit, et j’allais débuter un stage dans un cabinet d’avocats. On ne s’était jamais vus, l’associé et moi, juste échangé par mail. Le soir où je passe au cabinet pour signer la convention, je frappe à sa porte. Il me voit, il ne dit rien. Il me tend la corbeille à papiers.
Il pensait que j’étais la femme de ménage.
J’ai compris tout de suite. J’ai fait demi-tour, en larmes. Ce n’est pas la pire humiliation que quelqu’un puisse vivre. Mais ce soir-là, ça m’a giflée de plein fouet. C’était violent, dans sa banalité.
Deuxième scène. Beaucoup plus récente. L’été 2024. Je suis au parc, avec ma fille. Elle a trois ans, elle mange tranquillement son goûter. Une autre maman s’approche. Elle me regarde, me sourit un peu, et me demande :
« Vous faites des gardes d’enfants dans le quartier ? »
Et puis, sans attendre :
« C’est bien vous, sa nounou ? »
Je réponds, doucement :
« Non. Je suis sa mère. »
Et je pars. Parce que parfois, il n’y a rien à expliquer.
Vingt ans d’écart entre ces deux scènes. Et pourtant, une même sensation. Une même douleur. Celle d’être perçue à travers une seule chose : ma couleur. Comme si elle effaçait tout le reste.
Alors j’ai eu envie de créer Colère Noire.
Un espace pour les récits qu’on n’entend pas assez. Ceux qu’on évite, qu’on minimise, qu’on banalise. Ici, ce sont des voix, des histoires, des colères. Des petites, des grandes. Mais vraies.
Parce que la couleur de ma colère, c’est celle de mon vécu, mais aussi celle de toutes les histoires qui restent trop souvent dans l’ombre.
Ce podcast, ce n’est pas une enquête. Je ne suis pas journaliste. Ce que vous entendrez, ce sont des paroles brutes, des confidences, des instants de vie. Rien d’autre que la vérité de celles et ceux qui acceptent de se livrer.
Colère Noire, c’est un cri, mais aussi une main tendue. Une invitation à écouter, à comprendre, à ne plus détourner le regard.
Bienvenue !
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Bonjour. Moi, c’est Sophie.
J’ai 42 ans, je vis en Gironde, pas très loin de Bordeaux. Je suis née ici, en France. Mon père est noir, ma mère est blanche. Et mes quatre enfants, eux, ont la peau claire.
J’aimerais vous raconter deux moments. Deux scènes. Deux instants presque ordinaires, si on regarde vite. Mais quand on s’attarde… c’est autre chose.
Le premier, c’était en 2003. J’avais 22 ans, j’étais étudiante en droit, et j’allais débuter un stage dans un cabinet d’avocats. On ne s’était jamais vus, l’associé et moi, juste échangé par mail. Le soir où je passe au cabinet pour signer la convention, je frappe à sa porte. Il me voit, il ne dit rien. Il me tend la corbeille à papiers.
Il pensait que j’étais la femme de ménage.
J’ai compris tout de suite. J’ai fait demi-tour, en larmes. Ce n’est pas la pire humiliation que quelqu’un puisse vivre. Mais ce soir-là, ça m’a giflée de plein fouet. C’était violent, dans sa banalité.
Deuxième scène. Beaucoup plus récente. L’été 2024. Je suis au parc, avec ma fille. Elle a trois ans, elle mange tranquillement son goûter. Une autre maman s’approche. Elle me regarde, me sourit un peu, et me demande :
« Vous faites des gardes d’enfants dans le quartier ? »
Et puis, sans attendre :
« C’est bien vous, sa nounou ? »
Je réponds, doucement :
« Non. Je suis sa mère. »
Et je pars. Parce que parfois, il n’y a rien à expliquer.
Vingt ans d’écart entre ces deux scènes. Et pourtant, une même sensation. Une même douleur. Celle d’être perçue à travers une seule chose : ma couleur. Comme si elle effaçait tout le reste.
Alors j’ai eu envie de créer Colère Noire.
Un espace pour les récits qu’on n’entend pas assez. Ceux qu’on évite, qu’on minimise, qu’on banalise. Ici, ce sont des voix, des histoires, des colères. Des petites, des grandes. Mais vraies.
Parce que la couleur de ma colère, c’est celle de mon vécu, mais aussi celle de toutes les histoires qui restent trop souvent dans l’ombre.
Ce podcast, ce n’est pas une enquête. Je ne suis pas journaliste. Ce que vous entendrez, ce sont des paroles brutes, des confidences, des instants de vie. Rien d’autre que la vérité de celles et ceux qui acceptent de se livrer.
Colère Noire, c’est un cri, mais aussi une main tendue. Une invitation à écouter, à comprendre, à ne plus détourner le regard.
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Mélissa a une vingtaine d’années et vit sur Bordeaux.
Elle est entourée d’amis qu’elle croit proches, presque une seconde famille. Mais un soir de décembre, lors d’un repas de Noël entre amis, tout bascule.
Au détour d’une blague, les remarques sur sa couleur de peau et ses origines se glissent dans la conversation.
On minimise autour de la table. Et elle, elle reste figée, incapable de savoir si elle doit répondre, ou faire semblant de ne rien entendre.
Ce soir-là, elle a compris que même dans un cercle d’amis, même quand on se sent en sécurité, le racisme peut surgir sans prévenir, sous couvert d’humour, et laisser une trace profonde.
Depuis, Mélissa observe autrement ses relations, sa place dans le groupe, sa confiance en elle.
Elle raconte comment cet épisode a modelé sa façon d’être et de se protéger.
Comment des mots, lâchés à la légère, peuvent peser lourd, quand on en est la cible.
C’est un témoignage intime et puissant sur le racisme ordinaire, celui qui naît dans les moments les plus banals, et qui continue de résonner longtemps après.
Bonne écoute !
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