
« J’espère que chaque femme puisse avoir une sœur pour la soutenir dans n’importe quelle situation. »
Maëva, 26 ans, travaille dans le tourisme après des études de travail social. Elle dit avoir été d’abord une féministe “libérale”, marquée par une colère accumulée envers les injustices et les violences vécues. Cette colère la conduit à rejoindre les Amazones d’Avignon, où elle découvre la force de la sororité et une forme d’engagement collectif qui transforme sa colère en énergie d’action.
Son évolution politique s’affirme : elle comprend que la neutralité face à la prostitution ou à la violence masculine revient à maintenir l’ordre patriarcal. Le féminisme devient pour elle une manière de dire « je ne suis pas d’accord, et je veux que ça change ».
Maëva se souvient avoir entendu parler de l’affaire Pélicot dès le lycée, à Carpentras, tout près de Mazan. Cette proximité géographique rend le scandale encore plus choquant : elle et ses amies se sentent directement concernées. Lors du procès, elle s’engage activement avec les Amazones : préparation de banderoles, collages, présence devant le tribunal, participation à des interviews et soutien entre femmes. Elle insiste sur la solidarité concrète du groupe, où chacune agit selon ses forces, sans hiérarchie ni jugement.
Le procès la marque profondément. La confrontation avec des violeurs dans l’espace du tribunal crée un sentiment d’insécurité et de traumatisme durable. Depuis, elle se méfie des hommes, préfère rester seule et évite les médias pour se préserver. Mais elle garde la conviction que le positif l’emporte : les liens créés entre femmes, en France et à l’étranger, constituent pour elle un socle de résistance et d’espoir.Maëva parle d’un chemin féministe et sororal qui libère : « la sororité, c’est l’avenir et la révolution des femmes ». Elle rêve d’un monde où chaque femme aurait une sœur de cœur pour la soutenir, et où les expériences douloureuses se transforment en force collective.