L’artiste, cinéaste et chercheuse revient sur son approche du capitalisme computationnel et des nouveaux modes de subjectivation qu’il produit. Dans ses films, elle s’immerge dans des communautés numériques. Son premier film documentaire La mécanique des fluides est une enquête qui prend pour point de départ une lettre de suicide publiée par un incel (soit un célibataire involontaire) sur la plateforme Reddit avec pour titre « L’Amérique est responsable de ma mort ». Cette enquête se construit comme une dérive virtuelle sur Internet à la recherche de ses traces numériques. Dans le second volet de la trilogie, for here am i sitting in a tin can far above the world (2024), une femme rêve d’une future crise économique affectant le marché des cryptomonnaies alors que des milliers de personnes ont été cryogénisées, en attendant des temps meilleurs… Dans le dernier volet, +10k (2025), on suit Pol, 21 ans, qui rêve de vivre à Miami et de générer +10k par mois. Il assiste à des événements de développement personnel, suit des coachs en ligne et investit dans les cryptomonnaies. La rencontre sera modérée par Audrey Illouz, responsable de la programmation culturelle et Caroline Rambaud, artiste diplômée des Beaux-Arts de Paris en 2025 et précédée de la projection d'un extrait du film Like moths to light (WIP).Amphithéâtre des LogesMardi 9 décembre 2025Crédits photos : © Julia Hendrickson
Au cours de cette conférence, le philosophe et sociologue allemand Hartmut Rosa revient sur les concepts d’accélération de notre rythme de vie et de résonance qu’il a développés tout au long de son œuvre (et notamment dans Accélération, une critique sociale du temps et Résonance, une sociologie de la relation au monde parus aux éditions La Découverte). Si l'accélération constitue le problème central de notre temps, la résonance peut être la solution. Hartmut Rosa a renouvelé les analyses de la première génération de l'École de Francfort en pensant l'aliénation comme accélération. Tout en se présentant comme un sociologue, il s'interroge de manière originale sur l'impact des structures sociales sur le psychisme et les manières d'être.La conférence (en anglais) sera introduite par Christian Joschke, professeur d’histoire de l’art aux Beaux-Arts de ParisAmphithéâtre des LogesJeudi 4 décembre 2025Crédits photos : Portrait Hartmut Rosa © SCHEERE PHOTOS, Jürgen Scheere, Jena (Germany)
Pérégrinations technologiques.
Quête d’immortalité, cryogénisation, développement personnel, épuisement des ressources, pyropictomanie (ou encore plaisir pris dans les images de la dissipation d’énergie)… de l’Ouest américain à la côte Atlantique, sur fond de catastrophe climatique, rencontre avec les auteurs de deux ouvrages consacrés au tournant technologique que nous traversons. Comment ces écritures connectées à la pratique plastique et habitées par le déplacement saisissent-elles ce tournant ?
Cette rencontre prend pour point de départ deux ouvrages qui abordent la technologie par le biais du déplacement. Le premier L’Être Plus, itinéraire pour devenir soi-même de Stéphanie Solinas (Seuil, Fiction & Cie, 2023) est un road trip à travers la Silicon Valley où se mène une course effrénée contre le temps et l’obsolescence humaine. L’autrice nous entraîne sur les routes de l’humain « augmenté » entre spiritualité, intelligence artificielle et quête d’immortalité.
Le second Les images pyromanes, théorie-fiction des IA génératives (UV éditions, 2025) de Pierre Cassou-Noguès et Gwenola Wagon – un philosophe et une artiste – interroge les implications esthétiques et politiques des IA génératives à travers une série de contes spéculatifs dans lesquels un duo d’agents immobiliers imagine la réalité à l’aide de la plateforme, une IA générative d’images.
Amphithéâtre des Loges
Jeudi 13 novembre 2025
Les artistes brésiliennes Leda Catunda et Erika Verzutti sont à l’honneur cet automne à Paris à l’occasion de deux expositions personnelles qui leur sont consacrées.
Elles ont déjà collaboré et connaissent bien leurs pratiques respectives, cette rencontre sera l’occasion de revenir sur leurs récentes expositions et de croiser leurs regards : formes organiques, allusions au modernisme ou au pop art, désir et féminisme seront matières à discussion.
Pour Favorita, sa première exposition personnelle à la galerie Emanuela Campoli, Leda Catunda présente un ensemble d’œuvres marquées par la juxtaposition de textiles, d’ornements et de formes organiques.
Pour son édition 2025, Pourquoi Paris ?, le projet curatorial de Julie Boukobza, invite la sculptrice Erika Verzutti, à investir l’Hôtel Balzac, en collaboration avec la galerie Fortes D’Aloia & Gabriel.
La rencontre sera modérée par Audrey Illouz, responsable de la programmation culturelle et introduite par Ines Dahn, sociologue et Julie Boukobza, curatrice.
Leda Catunda (1961) vit et travaille à São Paulo, Brésil. Son œuvre fait l’objet de la plus grande rétrospective de l’artiste en dehors du Brésil à la Sharjah Art Foundation en septembre 2025. En octobre, Emanuela Campoli présentera sa première exposition personnelle à Paris. Parmi ses expositions récentes : Paisagem Selvagem, Carpintaria, Rio de Janeiro, Brésil (2024); Leda Catunda: EUFORIA, ICA Milano, Milan, Italie (2023) ; Geography, Bortolami Gallery, New York, USA (2022) ; Judy Chicago & Leda Catunda, Fortes D’Aloia & Gabriel, São Paulo, Brésil (2022) ; Leda Catunda & Alejandra Seeber, MALBA – Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires, Buenos Aires (2021).
Erika Verzutti (1971) vit entre São Paulo et l'Europe. Dans son travail, elle combine des éléments et des styles dissemblables. Bon nombre de ses sculptures révèlent une attention particulière portée à la nature à travers l'utilisation de fruits et légumes moulés, d'autres œuvres s'inspirent de sujets d'actualité tels que les gros titres des journaux et les phénomènes Internet.
Parmi ses expositions personnelles récentes : The Life of Sculptures, LUMA, Arles, France (2024) ; Notizia, ICA Milano, Milan, Italie (2024) ; Hessel Museum - Bard College, Annandale-on-Hudson, NY (2023) ; Museo Experimental El Eco, Mexico (2023) ; MASP, São Paulo (2021) ; Nottingham Contemporary, Nottingham, Royaume-Uni (2021) ; Centre Pompidou, Paris (2019) ; Aspen Art Museum, Aspen (2019).
Ses œuvres font partie de collections publiques telles que celles de la Tate Modern à Londres, du Centre Georges Pompidou à Paris, du Carnegie Museum of Art à Pittsburgh, du Guggenheim Museum à New York, de la collection François Pinault en France, d'Inhotim à Brumadinho au Brésil, du Museu de Arte Moderna de São Paulo et de la Pinacoteca do Estado à São Paulo, entre autres.
Amphithéâtre d'Honneur
Jeudi 23 octobre 2025
Crédits photos : Leda Catunda © Ivan Nishitani
Erika Verzutti © Ivi Maiga Bugrimenko
Pour une lecture critique des cartels
Cette rencontre est organisée en partenariat avec le programme de recherche « (D)écrire les œuvres, (re)penser les cartels », dirigé par Anne Dressen (ENS Ulm – SACRe – PSL) et Yaël Kreplak (Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, HiCSA, Chaire Delphine Lévy).
Au cours de cette rencontre, les cartels seront abordés depuis la perspective de la critique institutionnelle et de la muséologie critique, avec deux conférences : l’une d’Andrea Fraser (artiste, Los Angeles), et l’autre de Marie Fraser (théoricienne, Montréal). Ces deux interventions, introduites et modérées par Anne Dressen et Yaël Kreplak, seront suivies d’un temps d’échange avec le public.
Dès que l’on évoque la question du cartel, il apparaît clairement que ce court texte apposé à proximité des objets exposés fait débat. Qu’il s’agisse de ses dimensions, de sa longueur, de son emplacement, de ce qui y est dit, par qui, comment et à l’intention de qui, voire de sa présence même : tous ces différents aspects suscitent de nombreuses discussions et ne font pas consensus. Car à travers le cartel se révèle une certaine compréhension du rôle du musée et de son rapport aux œuvres, de ses différents modes d’adresse à son ou ses public(s), et de ce qu’est une œuvre ou un objet de patrimoine.
Initié en septembre 2024, le programme de recherche « (D)écrire les œuvres, (re)penser les cartels » vise à explorer les enjeux des cartels, ligne par ligne, en interrogeant ce qui se joue dans la précision d’une provenance, la description d’un matériau, la présence d’une date, la formulation d’un titre, ou encore la mention d’un nom d’auteur (ou de plusieurs). Dans un dialogue entre artistes, chercheurs et professionnels des musées, il s’agit de mettre en question nos façons d’appréhender et décrire les objets, et d’imaginer d’autres façons de nous y rapporter – de faire du cartel un support de réflexion et de création.
Andrea Fraser est artiste, professeure à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA). Elle est une figure majeure du mouvement de la critique institutionnelle, du féminisme et de la performance. Depuis les années 1980, son travail élabore une réflexion sur l’art et ses institutions - dans leurs dimensions financières, politiques et affectives; comme dans la série de conférences-performances Museum Highlights : A Gallery Talk (1989), où elle se met en scène sous les traits d’une guide, ou à travers des installations qui questionnent les instruments habituels de la communication muséale – en particulier les textes d’exposition, comme dans Notes on the Margin (1990/2013) ou Collected : The Lady Wallace’s Inventory (1997). Elle a également publié de nombreux textes critiques (par exemple, 2016 in Museums, Money and Politics, en 2018, et The Field of Contemporary Art: A Diagram, e-flux notes, en octobre 2024). Elle est actuellement en résidence à l'American Academy de Rome.
Marie Fraser est historienne de l’art, professeure à l’Université du Québec à Montréal, où elle est titulaire de la Chaire de recherche en études et pratiques curatoriales. Cofondatrice du groupe international de recherche et de réflexion CIÉCO sur les nouveaux usages des collections, elle est l’autrice et la directrice de nombreuses publications, parmi lesquelles Réinventer la collection. L’art et le musée au temps de l’évènementiel (avec Mélanie Boucher et Johanne Lamoureux, PUQ, 2023) et L’Activisme dans les collections (avec Lisa Bouraly, Marges, 2025). Elle mène également des activités en tant que commissaire d’expositions : elle a été conservatrice en chef au Musée d’art contemporain de Montréal (2010-2013), ainsi que commissaire du pavillon du Canada à la 56e Biennale de Venise en 2015.
Amphithéâtre d'Honneur
Lundi 20 octobre 2025
Crédits photos : © Droits réservés
Il faut défendre la société (contre les images)Les images nous environnent, nous dominent, nous hantent. Certaines s’imposent en frappant les esprits quand d’autres, plus sournoises, s’insinuent et s’invitent pas surprise dans nos imaginaires. Doit-on apprendre désormais à se défendre contre elles, parce qu’elles seraient trop agressives ou trop séduisantes ?Patrick Boucheron s’interroge sur le regain de ces hantises, faisant revenir à nous l’iconoclasme latent de la culture occidentale, car cette question d’actualité doit être étudiée au regard d’une histoire longue des images, des imaginaires et des œuvres d’art. Elle met donc en jeu une archéologie de notre culture visuelle, que l’historien tente d’éclairer en ouvrant le musée invisible de nos points aveugles.La conférence sera introduite par François-René Martin, professeur d'histoire de l'art aux Beaux-Arts de Paris.Patrick Boucheron est historien, professeur au Collège de France, titulaire de la chaire « Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle ». Spécialiste de l’histoire politique, culturelle et monumentale des villes italiennes à la fin du Moyen Âge, il leur a consacré de nombreux ouvrages, dont certains tentent de faire, avec de l’art, une histoire qui n’est pas exactement une histoire de l’art (comme dans Conjurer la peur. Sienne, 1338. Essai sur la force politique des images, Paris, Seuil, 2013). Il est producteur, sur France Culture, de l’émission hebdomadaire « Allons-y voir » et anime régulièrement (notamment au Théâtre de la Concorde) des « Ateliers d’autodéfense contre les images ».Amphithéâtre d'HonneurMardi 14 octobre 2025Crédits photo : © Droits réservés
À l’occasion de la parution de l’ouvrage Thomas Hirschhorn From Graphic Design to Art (MIT Press, 2025), l’historienne de l’art américaine Lisa Lee revient avec l’artiste sur la genèse de son travail.
« Lisa Lee a cerné la véritable nature de mon expérience parisienne, après mon arrivée en 1983. Déterminé à faire du graphisme, mais confrontant mon travail au temps, au monde et à la réalité, j'ai compris qu'il fallait renverser ma volonté : l'art est devenu la mission à accomplir, bien au-delà du graphisme. [..] Elle a ingénieusement structuré son livre en trois chapitres significatifs : La Feuille, Le Mur, La Rue, montrant comment ma décision d'inscrire mon travail dans le champ de l'histoire de l'art prend position, résumant la fausse question d’« être artiste ou pas », et ouvrant définitivement la seule question qui compte : que faire - aujourd'hui - dans le domaine de l'art ?
Les recherches de Lisa Lee sur mes premiers travaux et leur aboutissement dans une forme qui m'est propre m'ont conduit à mon travail actuel : « Mon Atlas », qui est l'histoire de mon cheminement dans l'art, précisément tirée de ma propre histoire, sans aucun texte. » Thomas Hirschhorn, 2025
Amphithéâtre des Loges
Mardi 30 septembre 2025
Crédits photos : Thomas Hirschhorn à l’exposition Robert Walser-Sculpture, Biel/Bienne, 2019 © Enrique Munoz Garcia / Portrait de Lisa Lee © Joy Osmanski
Louvre CoutureÀ l’occasion de la toute première exposition du Louvre consacrée à la mode : Louvre Couture. Objets d’art, objets de mode, Olivier Gabet, directeur du Département des Objets d’art du Musée du Louvre et commissaire de l’exposition, interroge les liens que les maisons de mode tissent avec l’histoire de l’art et les musées. Alors que le musée du Louvre s’est ouvert depuis sa fondation en 1793 à presque toutes les formes d’expression artistique et à toutes les pratiques contemporaines, jamais il n’avait accueilli la mode qui, pour être parfois controversée dans le champ intellectuel, n’en est pas moins aujourd’hui un monde d’une créativité effervescente. C’est donc une exploration inédite que propose l’exposition Louvre Couture. Objets d’art, objets de mode : comment l’art intervient dans le processus créatif des couturiers, designers et directeurs et directrices artistiques des maisons de mode ? Quelle est leur pratique de l’histoire de l’art ? Quel est leur usage du musée ? Des références les plus documentées aux impressions plus diffuses, chaque silhouette de mode fait écho à un moment de l’histoire du goût.Olivier Gabet, directeur du Département des Objets d’art du Moyen-Âge, Renaissance et Temps modernes du Musée du Louvre depuis 2022, est diplômé de l’École nationale des Chartes, il intègre le musée d’Art moderne de Paris en tant que conservateur du mobilier. Il rejoint ensuite le Musée d’Orsay au poste de responsable en parallèle duquel il enseigne à l’École du Louvre. Il participe en de 2008 à 2013 au projet du Louvre Abu Dhabi en tant que conservateur responsable des arts décoratifs, puis en tant responsable scientifique adjoint. Il prend les fonctions de directeur du Musée des arts décoratifs en 2013 pour ensuite devenir directeur général adjoint du MAD en 2019. Auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux arts décoratifs, dont Japonismes en 2014, il a été commissaire de plusieurs expositions dont Christian Dior en 2017 et Luxes en 2020.Amphithéâtre d'HonneurMardi 10 juin 2025Crédit photo : © 2022 Musée du Louvre / Audrey Viger
Démoderniser pour décoloniser : les musées d’art moderne au XXIe siècle
Charles Esche, curateur et écrivain vivant à Amsterdam, interroge la façon dont les musées d’art moderne et contemporain sont conditionnés par leur passé moderne et colonial et nous invite à explorer de nouvelles stratégies et propositions curatoriales à travers l’exemple du Van Abbemuseum aux Pays-Bas, qu’il a dirigé pendant 20 ans.
Au cours de cette conférence, Charles Esche aborde la façon dont les musées d’art moderne et contemporain sont mis en difficulté par leur passé moderne, dont ils peuvent encore créer des récits qui répondent aux enjeux du moment et à la diversité de leurs usagers. Il s’appuie sur l’exemple du Van Abbemuseum aux Pays-Bas pour explorer des stratégies concrètes qui pointent vers des activités potentiellement pluriverselles et porteuses de sens.
Il aborde également la question des processus continus et sans fin de décolonisation à partir d’une position de l’Europe occidentale, ainsi que les limites de ce type d’approches. La conférence se terminera par une brève excursion au-delà du cadre institutionnel de l’art, en explorant les réponses potentielles de l’art et de la pensée artistique face au climat politique réactionnaire actuel.
Conservateur et écrivain basé à Amsterdam, Charles Esche est conseiller à la Jan van Eyck Academy et professeur d’art contemporain et de pratique curatoriale à l’University of the Arts de Londres. De janvier à avril 2026, il résidera à la Cité internationale des arts à Paris. Jusqu’en 2024, il a été directeur du Van Abbemuseum (Pays-Bas). Sa dernière publication majeure est Art and Its Worlds, Afterall and Koenig Press, 2021.
Il a été commissaire de plusieurs expositions internationales, parmi lesquelles : Soils, Australie et Pays-Bas, 2024; The Meeting That Never Was, Vilnius 2022; Art Turns, Word Turns; Musée MACAN, Jakarta 2017; Biennale de Jakarta 2015; 31ème Biennale de Sao Paulo 2014, RIWAQ Biennale, Palestine, 2007 et 2009; Istanbul Biennale, 2005 et Gwangju Biennale, 2002
Amphithéâtre des Loges
Mardi 3 juin 2025
Crédit photo : © 2025 Gluklya Pershina
À l’occasion d’une soirée consacrée à l’artiste Frank Bowling, la commissaire d’exposition Julia Marchand et le conteur d’expositions Chris Cyrille ont souhaité faire dialoguer plusieurs voix avec son œuvre poétique, celle de l’artiste et saxophoniste Dimitri Milbrun et de la poétesse et pawolèz Simone Lagrand.
C’est depuis une histoire de l’art décentrée, celle de l’Atlantique noir, qu’il et elle proposent d’aborder la trajectoire diasporique de cette œuvre, dans laquelle la mer et son histoire (« The sea is history », écrivait le poète Derek Walcott), ainsi que les couches géographiques — voire géologiques — du monde, jouent un rôle fondamental.
Pour approcher une peinture aussi diffractée, il et elle ont convié la parole d’une poétesse, d’un artiste, et les échos lointains de la Mer. L’événement est soutenu par Frank Bowling Foundation. Le travail de l’artiste est visible à la galerie Hauser & Wirth jusqu’au 24 mai 2025.
Amphithéâtre des Loges
Mardi 20 mai 2025
Crédit photo : © Grégoire d’Ablon et © Damien Jélaine
Sept lieux, sept expositions : Laurent Le Bon, président du Centre Pompidou, revient sur sa pratique curatoriale à travers quelques expositions – de Dada à Dioramas en passant par Vides. Une rétrospective et Chefs d’œuvres ?Cet événement est organisé conjointement par l’École d’architecture Paris-Malaquais et les Beaux-arts de Paris, en lien avec l’enseignement « L’entour ». Il sera modéré par Audrey Illouz et Yann Rocher.L’enseignement de master « L’entour », consacré à l’histoire et à la technique de la scénographie d’exposition, est commun à l’École d’architecture Paris-Malaquais, aux Beaux-Arts de Paris, au Pavillon Bosio de Monaco, à l'ENSAD et au Centre Pompidou.Conservateur général du patrimoine, Laurent Le Bon fut chargé de la commande publique à la Délégation aux arts plastiques du ministère de la Culture et de la Communication puis, de 2000 à 2010, conservateur au Musée national d’Art Moderne du Centre national d’art et de culture Georges Pompidou. De 2008 à 2014, il a dirigé le Centre Pompidou-Metz où il a assuré le commissariat des expositions « Chefs-d’œuvre ? » et « 1917 ». De 2014 à 2021, il a présidé le Musée national Picasso-Paris.Il a été commissaire d’une cinquantaine d’expositions et l’auteur des ouvrages afférents, notamment « Dada » au Centre Pompidou, « Jeff Koons Versailles » au Château de Versailles, « Jardins » aux Galeries nationales du Grand Palais,« Dioramas » au Palais de Tokyo et « Picasso. Bleu et rose » au Musée d’Orsay. Depuis juillet 2021, il est président du Centre national d’art et de culture Georges Pompidou. Amphithéâtre des LogesLundi 5 mai 2025Crédit photo : © Didier Plowy Centre Pompidou
Michel Poivert qualifie de « néoanalogues » des pratiques photographiques mettant en œuvre des processus de création qui affirment le rôle de la matérialité et de l’expérimentation primant sur la production d’une image.
Il ouvre ainsi sur la notion globale de « culture analogique » définie comme le pendant de la « culture numérique ». L’analogique ne désigne plus un fait technique mais un fait culturel. Ce qui caractérise le néoanalogue est une forte conscience « écosophique », soit une perception de l’ère anthropocène comme cadre général historique. À cet égard, le tournant analogique marque un projet politique.
Michel Poivert est Professeur d'histoire de l'art à l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, où il a fondé la chaire d’histoire de la photographie, il est critique et commissaire d'exposition, et préside le Collège international de photographie. Il a notamment publié La photographie contemporaine (Flammarion, 2018), Brève histoire de la photographie, essai (Hazan, 2015), 50 ans de photographie française de 1970 à nos jours (Textuel, 2019), Contreculture dans la Photographie contemporaine (Textuel, 2022). Il a notamment organisé les expositions L’Événement, les images comme acteur de l’histoire, au Jeu de Paume à Paris, (2007), Nadar, la Norme et le Caprice (Multimedia Art Museum, Moscou, 2015), Métamorphose - La photographie en France 1968-1989 (Pavillon Populaire, Montpellier, 2022), AImagine - Photography and Generative Image (Hangar, Bruxelles, 2025).
Dans le cadre de la chaire Photo Extra-Large soutenue par Neuflize OBC.
Amphithéâtre d'Honneur
Jeudi 27 mars 2025
Crédits photos : © Mouna Saboni
Sara Favriau est avant tout sculpteuse : une cabane, une pirogue, un arc, un arbre… sont des éléments qui font partie de son vocabulaire formel et conceptuel, et portent leur propre dramaturgie.
L’artiste interroge à la fois l’œuvre et son écosystème ; sa circularité comme un arbre-pirogue qui traverse une mer, pour retrouver une forêt. Elle convoque des formes, des symboles et des procédés de nature populaire pour les transposer. Le bois est l’un de ses matériaux de prédilection, qu’il soit envisagé à une macro ou micro-échelle.
Sara Favriau est diplômée des Beaux-Arts de Paris (atelier Penone) en 2007. Elle est représentée par la Galerie Maubert où elle présente actuellement l’exposition L’aveu musclé.
Conversation avec Audrey Illouz
Lauréate du Prix des Amis du Palais de Tokyo 2015, Sara Favriau y présente en 2016 l’exposition La redite en somme, ne s’amuse pas de sa répétition singulière. En 2017, elle expose au Château de Chaumont, à Independent Brussels et effectue une résidence en partenariat avec le ministère de la Culture et le CNEAI. En 2018, elle participe à la première Biennale de Bangkok Beyond Bliss en tant qu’invitée d’honneur. En 2019, elle effectue la résidence French Los Angeles Exchange (FLAX) et participe à la première Biennale de Rabat. En 2020 commence une collaboration sur le temps long avec l’INRAe et des biologistes de l’Unité des Forêts Méditerranéenne. Elle est invitée à la Villa Noailles pour le Festival International de la Mode où elle expose une installation d’arbres sculptés issus d'une parcelle de forêt à côté de Marseille étudiée par l’INRAe . En 2021, un arbre-pirogue traverse la mer Méditerranée, depuis les salins des Pesquiers à Hyères, vers la Fondation Carmignac sur l’Ile de Porquerolles. En 2021/2022, elle effectue une résidence de la Royal Commission RCU and French Agency Afalula, opérée par Manifesto, à AlUla en Arabie Saoudite.
Son travail est présent dans de nombreuses collections publiques : FMAC (collection de la ville de Paris), FDAC Essonne, FRAC Normandie Caen, FRAC Centre, MAC VAL (installation pérenne), BAB (Bangkok Art Biennale).
Amphithéâtre des Loges
Jeudi 6 février 2025
Crédit photo : © Anaïs Veignant
Carolyn Christov-Bakargiev, commissaire de l’exposition Arte Povera à la Bourse de Commerce et spécialiste internationalement reconnue de l’Arte Povera, revient avec Giuseppe Penone, figure majeure de ce mouvement artistique et chef d’atelier aux Beaux-Arts de Paris entre 1997 et 2012, reviennent sur des gestes séminaux de l’artiste et sur la genèse de l’exposition. Giuseppe Penone est l’un des plus importants sculpteurs de la génération d’artistes que la critique associe traditionnellement au mouvement de l’Arte Povera, lors qu’il réalise à la fin des années 1960 ses premiers travaux, en intervenant directement sur des arbres dans les forêts des Alpes Maritimes. Crédits photos : Carolyn Christov-Bakargiev © Courtesy du Castello di Rivoli Museo d’Arte Contemporanea (Rivoli-Turin), photo Sebastiano Pellion et Giuseppe Penone © Archivio Penone Mardi 21 janvier 2025 Amphithéâtre des Loges
À l’occasion de la 8e édition du festival Un Week-End à l’Est, qui met cette année à l’honneur la scène artistique d’Erevan en Arménie, un dialogue inédit entre l’artiste visuel Melik Ohanian et le cinéaste Andrei Ujica met en lumière une figure majeure du 7e art, le cinéaste Artavazd Pelechian.
Aussi rare que célébré, il est le « chainon manquant de la véritable histoire du cinéma », selon l’expression de Serge Daney qui fut, avec Jean-Luc Godard, l’un des plus ardents promoteurs de son œuvre en France au début des années 1990.
Conversation modérée par la curatrice d’art contemporain Lilit Sokhakian.
Melik Ohanian, artiste visuel français d'origine arménienne, adopte une approche multidisciplinaire et politiquement engagée dans sa pratique artistique. À travers la sculpture, la photographie, le cinéma et l'installation, son œuvre conceptuelle et poétique explore les notions de déplacement en tant que phénomènes politiques, sociaux et culturels, ainsi que les concepts de temps et de la nature de la mémoire individuelle et collective.
Son travail a été présenté lors de nombreuses expositions personnelles en France et à l’étranger. Il a participé à de nombreuses expositions collectives notamment aux biennales de São Paulo (2004), Berlin (2004), Sydney (2004, 2016), Moscou (2005), Gwangju (2006), Séville (2006), Venise (2007, 2015), Sharjah (2011) et à la Biennale de Lyon (2005, 2017).
En 2015, il est lauréat du Prix Marcel Duchamp, et participe au Pavillon de l’Arménie à la Biennale de Venise, qui est récompensé par le Lion d’Or du meilleur pavillon national. Son installation permanente dans le Parc Trembley à Genève, Les Réverbères de la Mémoire reçoit le Prix Visarte à Zurich en 2019.
Après des études de littérature, Andrei Ujica décide en 1990 de se consacrer au cinéma et co-réalise avec Harun Farocki Vidéogrammes d’une Révolution (1992). Ce film, qui évoque la relation entre le pouvoir politique et les médias en Europe à la fin de la Guerre Froide, fait date. Son second film Out of the Present (1995) évoque l’histoire du cosmonaute Sergei Krikalev qui passa dix mois dans la station Mir, tandis que sur terre l’Union Soviétique cessait d’exister. L’Autobiographie de Nicolae Ceaușescu (2010) conclut sa trilogie dédiée à la fin du communisme. Avec TWST | Things We Said Today (2024) Ujica se tourne vers l’émergence de la culture de masse.
Andrei Ujica a également réalisé deux films commandités par la Fondation Cartier pour l’art contemporain : 2 Pasolini (2000/2020) et Unknown Quantity avec Paul Virilio et Svetlana Alexievitch (2002-2005).
Lilit Sokhakyan, curatrice d'art contemporain, s'est installée à Paris en 2012, où elle a commencé à collaborer avec la Fondation Cartier pour l'art contemporain sur diverses expositions et projets, notamment liés à l'artiste Artavazd Pelechian. Avec l'équipe de la Fondation Cartier, Lilit a assisté Pelechian dans la création de son dernier film La Nature, elle a assuré la création du site internet entièrement dédié à la vie et à la filmographie de Pelechian, ainsi que la distribution de ses œuvres dans plusieurs festivals internationaux, notamment à New York, Amsterdam, Milan et Venise. Elle continue d'accompagner Artavazd Pelechian dans ses projets européens et ses expositions, ainsi que dans le développement de son nouveau projet d'opéra.
Amphithéâtre des Loges
Jeudi 21 novembre 2024
Crédits photos : © mtetard © Hrair Hawk Khatcherian
Théo Mercier est tout autant sculpteur que metteur en scène. Tour à tour explorateur, collectionneur, curateur et artiste, il mène une réflexion située au carrefour de l’anthropologie, de la géopolitique, du tourisme et du paysage.
Au cours de cette rencontre, il revient sur son parcours mais également sur son dernier spectacle Skinless, actuellement présenté dans le cadre du Festival d’Automne à Paris, au théâtre de la Villette. Bâti sur un paysage de détritus, Skinless est un Eden désenchanté. Dans ce panorama de la fin du monde un couple hors norme s’aime et se déchire sous la surveillance d’un tragique observateur. Skinless met en scène un couple à trois têtes qui habiterait les ruines du capitalisme.
Échange avec Emmanuelle Huynh, artiste et cheffe d’atelier aux Beaux-Arts de Paris, et Audrey Illouz, responsable de la programmation culturelle.
Théo Mercier est représenté par la galerie mor charpentier (Paris, Bogota) et est artiste associé au Théâtre National de Bretagne (Rennes).
Revendiquant une liberté formelle, il s’emploie à déconstruire les mécanismes de l’histoire, des objets et des représentations dans laquelle il remonte d’harmonieuses contradictions. Pensionnaire de la Villa Médicis en 2013 et nominé pour le prix Marcel-Duchamp en 2014, Théo Mercier a également remporté le Lion d’Argent de la Biennale de Venise de la danse en 2019 avec Steven Michel, le Prix Art of Change 21 ainsi que le Prix du Jury pour le Pavillon Français de la Quadriennale de Prague en 2023 avec Céline Peychet. Il a bénéficié d’importantes expositions personnelles à la Villa Médicis (Rome), la Conciergerie de Paris, la Fondation Luma Westbau (Zurich), la Collection Lambert (Avignon), le Museo El Eco (Mexico), la Biennale de Cuba (La Havane), le Musée de la Chasse et de la Nature (Paris), le Musée d’art contemporain (Marseille), le Lieu Unique (Nantes) ou encore le Tri Postal (Lille). Son œuvre a également été présentée dans de nombreuses expositions collectives, notamment au Centre Pompidou (Paris, Shanghai), au Hamburger Banhof (Berlin), au Palacio Bellas Artes (Mexico) ou à Arts Jameel (Dubaï).
Passant d’une pratique de « white cube » à celle de la « boite noire », Théo Mercier est aussi metteur en scène. Ses performances ont été montrées à Nanterre-Amandiers, au Festival d’Automne, la Villette, la Ménagerie de verre et le Centre Pompidou (Paris), le Festival d’Avignon, Theater Spektakel (Zurich), Vidy (Lausanne), La Bâtie (Genève), l’Usine C (Montréal), The Invisible dog Art Center (New York), le Festival Actoral (Marseille), au Vooroit Art Center (Ghent) ou au Short Theater (Rome), entre autres.
Crédit photo : © Marie Taillefer
Amphithéâtre des Loges
Mardi 26 novembre 2024
À l’occasion de cette rencontre Souraya Noujaim, directrice du Département des arts de l’Islam du musée du Louvre, abordera l’histoire de ce département dont elle a accompagné les évolutions au long de sa carrière muséale. Elle reviendra sur la notion même d’arts de l’Islam pour en proposer une mise en perspective avec le contemporain avec le désir profond de renouveler notre regard sur cette notion. Il sera notamment question de calligraphie transcendantale, de géométrie, de pages du Coran autant que de Mark Rothko. Amphithéâtre des Loges Mardi 22 octobre 2024
Julien Creuzet, artiste et chef d’atelier aux Beaux-Arts de Paris, revient sur sa création pour le Pavillon français de la biennale de Venise 2024 avec Céline Kopp, co-commissaire du Pavillon.
« Que signifie le centre lorsque l’on est français ? Que signifie le Pavillon français à Venise et la représentation nationale ? Comment repenser tout cela, tout en étant désigné comme “ultramarin”, ayant le sentiment d’appartenir à une histoire française beaucoup plus complexe ? Je crois qu’il faut essayer de la mettre en lumière. Il est important de déplacer physiquement et symboliquement les personnes dans une réalité qui échappe en grande partie à la question des institutions et des politiques culturelles. C’est sans doute utopique mais cela peut peut-être contribuer à changer certaines perspectives dans le futur. » Julien Creuzet
Autant de questions qu’aborderont l’artiste et la commissaire lors de cette soirée où la voix et l’oralité, qui accompagnent le travail de Julien Creuzet, tiennent un rôle central.
Amphithéâtre des Loges
Mardi 8 octobre 2024
Crédit photo : Julien Creuzet pour l'Institut Français - Biennale de Venise de l’art, 2024 © Jacopo La Forgia
Penser le Présent est réalisé avec le soutien de la Société Générale
L’artiste Apolonia Sokol, diplômée des Beaux-Arts de Paris, est connue pour sa position politique sur l’art du portrait. Au cours de cette rencontre elle reviendra notamment sur le portrait filmé - Apolonia, Apolonia - récemment sorti en salle, que lui a consacré la réalisatrice Léa Golb sur treize ans.
De ses études aux Beaux-Arts de Paris à la reconnaissance de son travail, ce sont aussi les destins d’Oksana Shachko, l’une des fondatrices des Femen, et de la réalisatrice, qui se dessinent en miroir d’Apolonia. Une sororité à trois faces, à l’épreuve du monde d’aujourd’hui.
En conversation avec Kathy Alliou, directrice du département des œuvres, et Audrey Illouz, responsable de la programmation culturelle aux Beaux-Arts de Paris.
Amphithéâtre des Loges
Mardi 21 mai 2024
Penser le Présent est réalisé avec le soutien de la Société Générale
À l'occasion de la parution de son dernier ouvrage, La vraie histoire de l’impressionnisme. Manet, Morisot et les autres (Vrin, 2024), la philosophe Fabienne Brugère dialogue avec l’artiste Agnès Thurnauer autour des héritages féministes des impressionnistes et des modernités effacées.
Dans le cadre de la chaire « Troubles, alliances et esthétiques », coordonnée par Fabrice Bourlez et Madeleine Planeix-Crocker.
Amphithéâtre des Loges
Mercredi 27 mars