Home
Categories
EXPLORE
True Crime
Comedy
Society & Culture
Business
Sports
History
Technology
About Us
Contact Us
Copyright
© 2024 PodJoint
00:00 / 00:00
Sign in

or

Don't have an account?
Sign up
Forgot password
https://is1-ssl.mzstatic.com/image/thumb/Podcasts211/v4/9f/23/2a/9f232a60-32e8-adb3-85e0-c108c57cda8e/mza_12582168397227727336.jpg/600x600bb.jpg
La parole au travail
Les Tisseurs
1 episodes
3 days ago
Le podcast des Tisseurs donne la parole à celles et ceux qui vivent et transforment le travail.
Show more...
Non-Profit
Business
RSS
All content for La parole au travail is the property of Les Tisseurs and is served directly from their servers with no modification, redirects, or rehosting. The podcast is not affiliated with or endorsed by Podjoint in any way.
Le podcast des Tisseurs donne la parole à celles et ceux qui vivent et transforment le travail.
Show more...
Non-Profit
Business
Episodes (1/1)
La parole au travail
Le travail réduit à l'emploi, histoire d’une disparition - YANN GIRAUD

Dans ce 1er épisode du podcast Les Tisseurs, Guney Degerli échange avec Yann Giraud, enseignant-chercheur en histoire de la pensée économique à CY Cergy Paris Université, autour d’une question centrale et profondément politique : comment notre rapport au travail a-t-il été transformé par la pensée économique dominante, et en particulier par le néolibéralisme ?

La discussion s’ouvre sur un constat frappant : aujourd’hui, on parle davantage d’emploi, de marché du travail ou de compétences, que du travail lui-même. Ce glissement n’est pas neutre. Il révèle une évolution de la science économique qui, depuis le XIXᵉ siècle, s’est progressivement détournée de l’analyse concrète du travail — ses conditions, son organisation, son sens — pour se concentrer sur sa dimension transactionnelle : le contrat, le salaire, le prix.

Yann Giraud explique que la science économique s’est construite comme une forme de « physique sociale », cherchant à modéliser les comportements humains à travers des chiffres, des moyennes et des indicateurs. Dans cette approche, le travail est réduit à une variable abstraite, échangeable sur un marché.

Cette marginalisation du travail s’accentue avec le tournant néolibéral du XXᵉ siècle. Sous couvert de liberté individuelle et d’efficacité, il promeut la concurrence généralisée, la contractualisation et la responsabilisation totale des individus.

Dans ce contexte, la figure de l’auto-entrepreneur est souvent présentée comme une émancipation. Pourtant, cette évolution permet surtout aux entreprises de se décharger de leurs obligations sociales, en transformant la relation de travail en simple prestation marchande. La relation salariale, historiquement socialisée et encadrée par des droits collectifs, est progressivement déconstruite.

L’épisode aborde également la manière dont la pensée néolibérale contribue à justifier les inégalités. À partir des années 1970, certaines théories économiques, devenues des doctrines politiques, affirment que la seule responsabilité sociale de l’entreprise est la maximisation du profit. Cette vision légitime des écarts de rémunération extrêmes, au nom du mérite, de l’innovation ou du talent individuel.

Yann Giraud souligne alors un paradoxe majeur : lors de crises comme celle du Covid, les métiers les plus essentiels au fonctionnement de la société — soignants, éboueurs, personnels éducatifs — sont souvent les moins bien rémunérés. Ce déséquilibre révèle un biais structurel : les activités qui prennent soin des autres, créent de la cohésion sociale et produisent des « externalités positives » sont invisibilisées et sous-valorisées par le système économique.

Enfin, l’échange interroge la déshumanisation du travail à travers la quantification excessive. Indicateurs de performance, objectifs chiffrés et évaluations permanentes transforment le travail en suite de métriques, au détriment de l’expérience vécue. Là où la statistique avait autrefois une vocation descriptive et émancipatrice, elle devient aujourd’hui un outil de contrôle et de gouvernance.

À travers cet épisode, Yann Giraud posent les bases d’une réflexion essentielle : repenser le travail comme une activité humaine, sociale et politique, et non comme une simple marchandise. Redonner une place centrale à la dignité, au sens et aux conditions réelles du travail apparaît comme un enjeu majeur pour la cohésion sociale et la démocratie contemporaine.


Qui est Yann Giraud ?

Yann Giraud est professeur et enseignant-chercheur à CY Cergy Paris Université.
Il est directeur du programme EUTOPIA SIF (MSCA Cofund n°945380) et co-directeur du master Political Ideas in a Digital Age (PIDA). Il exerce au sein de la Faculté des études internationales et interculturelles (FE2I), sur le site AGORA, où ses travaux portent notamment sur les idées politiques à l’ère du numérique.

Show more...
3 weeks ago
1 hour 17 minutes 26 seconds

La parole au travail
Le podcast des Tisseurs donne la parole à celles et ceux qui vivent et transforment le travail.