Home
Categories
EXPLORE
True Crime
Comedy
Society & Culture
Business
Sports
History
Music
About Us
Contact Us
Copyright
© 2024 PodJoint
00:00 / 00:00
Sign in

or

Don't have an account?
Sign up
Forgot password
https://is1-ssl.mzstatic.com/image/thumb/Podcasts211/v4/53/8f/1f/538f1fbc-f189-411c-1a09-63bd8b8361ae/mza_5264068594546647070.jpg/600x600bb.jpg
La Story Nostalgie
Nostalgie Belgique
1000 episodes
2 days ago
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus grands artistes de notre temps.

Avec "La Story Nostalgie", plongez dans l'univers des icônes comme les Beatles, les Rolling Stones, Johnny Hallyday, Madonna, Queen, ou encore Michael Jackson. Brice Depasse vous raconte les récits inédits derrière les albums mythiques, les concerts légendaires comme Live Aid, et les moments de gloire des groupes qui ont marqué l’histoire de la musique. Découvrez comment Freddie Mercury a captivé le monde entier, comment ABBA a conquis les charts, ou encore les secrets de studio qui ont façonné des tubes intemporels.

Chaque épisode est une plongée passionnante dans le making-of des carrières de ces artistes exceptionnels, avec des histoires qui vous feront revivre les vibrations du rock des seventies, l'effervescence des eighties, et bien plus encore. Brice Depasse vous fait redécouvrir des albums cultes, des sessions d’enregistrement mémorables, et les concerts qui ont marqué toute une génération. Que vous soyez fan des ballades de Jean-Jacques Goldman, des envolées vocales de Céline Dion, ou des shows spectaculaires de Robbie Williams, "La Story Nostalgie" est votre passeport pour un voyage musical inoubliable.

Laissez-vous emporter par les récits fascinants sur des artistes comme Daniel Balavoine, Serge Gainsbourg, France Gall, Michel Sardou, et Blondie, tout en explorant les liens entre musique et cinéma, des bandes originales aux collaborations légendaires. Ce podcast vous fait revivre l’esprit de Woodstock, les folles tournées, et les sessions d'enregistrement qui ont donné naissance à des albums de légende.

Que vous soyez un nostalgique des seventies ou un amoureux des eighties, "La Story Nostalgie" est le rendez-vous incontournable pour tous les passionnés de musique. Branchez vos écouteurs et laissez Brice Depasse vous raconter ses histoires inédites.
Show more...
Music History
Music
RSS
All content for La Story Nostalgie is the property of Nostalgie Belgique and is served directly from their servers with no modification, redirects, or rehosting. The podcast is not affiliated with or endorsed by Podjoint in any way.
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus grands artistes de notre temps.

Avec "La Story Nostalgie", plongez dans l'univers des icônes comme les Beatles, les Rolling Stones, Johnny Hallyday, Madonna, Queen, ou encore Michael Jackson. Brice Depasse vous raconte les récits inédits derrière les albums mythiques, les concerts légendaires comme Live Aid, et les moments de gloire des groupes qui ont marqué l’histoire de la musique. Découvrez comment Freddie Mercury a captivé le monde entier, comment ABBA a conquis les charts, ou encore les secrets de studio qui ont façonné des tubes intemporels.

Chaque épisode est une plongée passionnante dans le making-of des carrières de ces artistes exceptionnels, avec des histoires qui vous feront revivre les vibrations du rock des seventies, l'effervescence des eighties, et bien plus encore. Brice Depasse vous fait redécouvrir des albums cultes, des sessions d’enregistrement mémorables, et les concerts qui ont marqué toute une génération. Que vous soyez fan des ballades de Jean-Jacques Goldman, des envolées vocales de Céline Dion, ou des shows spectaculaires de Robbie Williams, "La Story Nostalgie" est votre passeport pour un voyage musical inoubliable.

Laissez-vous emporter par les récits fascinants sur des artistes comme Daniel Balavoine, Serge Gainsbourg, France Gall, Michel Sardou, et Blondie, tout en explorant les liens entre musique et cinéma, des bandes originales aux collaborations légendaires. Ce podcast vous fait revivre l’esprit de Woodstock, les folles tournées, et les sessions d'enregistrement qui ont donné naissance à des albums de légende.

Que vous soyez un nostalgique des seventies ou un amoureux des eighties, "La Story Nostalgie" est le rendez-vous incontournable pour tous les passionnés de musique. Branchez vos écouteurs et laissez Brice Depasse vous raconter ses histoires inédites.
Show more...
Music History
Music
Episodes (20/1000)
La Story Nostalgie
La Story Véronique Sanson (Episode 1)
Comment imaginer Véronique Sanson autrement que, assise devant son piano ? Il faut dire que sa sœur Violaine et elle, s’y sont trouvées depuis leur plus âge, celui auquel leurs parents les ont inscrites au cours de piano.

Violaine et Véro. Vous avez remarqué ? Deux prénoms en V. Ce n’est pas un hasard, leurs parents se sont rencontrés durant la guerre au sein du réseau de la Résistance et ont voulu marquer cette alliance dans l’initiale du prénom de leurs filles, V comme Victoire, signe des deux doigts affiché par Winston Churchill.

Colette et René Sanson veulent donner à leurs filles la meilleure éducation qui soit dans la société d’après-guerre où on veut, plus que jamais, que les enfants aient un avenir meilleur que ce qu’ils ont vécu.

Le piano va logiquement toute la place, au propre comme au figuré, dans la vie de la jeune Véronique et de sa sœur aînée. On ne s’étonnera donc pas quand à l’âge de 18 et 20 ans, elles enregistrent ensemble leur premier 45 Tours au sein d’un groupe nommé Les Roche Martin.

Classe, hein ! La différence avec les Chaussettes Noires, les Toréros ou les Chats sauvages saute aux yeux.

Mais le trio aura une vie aussi éphémère que la confidentialité de leur succès ; en 1969, Véronique Sanson publie son premier 45 Tours solo, un disque qui, lui non plus, ne trouve pas son public.

Trois ans plus tard, nous la retrouvons au Cabaret Jules Verne, au premier étage de la Tour Eiffel. J’aime autant vous dire qu’après un numéro de jongleur et de prestidigitateur, ce lieu à touristes est une grosse galère pour une délicate et jeune chanteuse qui vient y interpréter ses propres compositions, autrement dit des chansons inconnues du public.

Mais sa voix et son style sont exceptionnels, c’est pour cela qu’elle affronte chaque soir une audience aussi ingrate, il faut se faire connaître à tout prix, en allant au charbon, c’est ce que pense l’homme qui partage alors sa vie : Michel Berger.

L’expérience, traumatisante pour Véronique, ne dure heureusement pas : la même année 1972 sort son premier album, produit par Michel, alors le jeune directeur artistique parisien qui monte. Amoureuse, la première chanson qui accroche les médias et le grand public, n’est pas encore le titre de cet album qui ne le prendra que bien plus tard, lors de la réédition en CD.

Mais c’est le single suivant, Besoin de personne, qui est le déclencheur de la notoriété de Véro et lui vaut de passer partout à la télé, enfin, sur les deux seules chaînes françaises qui existent alors. Véronique Sanson s’impose comme une artiste atypique, du sang neuf, comme on en réclame sans cesse dans le monde de la musique qui en plein âge d’or. Fini le cabaret Jules Verne, elle assure la première partie d’autres artistes eux-mêmes atypiques que sont Julien Clerc, Claude François et Michel Polnareff.

Show more...
2 days ago
5 minutes

La Story Nostalgie
Contes de Noël (Episode 5)
Vous avez peut-être vu la vidéo hilarante que Elton John a publiée ces jours-ci dans laquelle il n’arrive plus à ouvrir une porte chez lui, que ce soit celle de son living, frigo et même le four dans sa cuisine, sans entendre une chanson de Noël en sortir. Elle lui a d’ailleurs valu une remarque sur la propreté de la porte intérieure de son four, alors que l’artiste est réputé pour ne pas supporter la moindre saleté ni le désordre.

Mais bref, cela n’a rien d’étonnant car le mois de décembre en Grande Bretagne est un mois chargé comme on n’en voit nulle part ailleurs dans le monde. Ce n’est pas pour rien que c’est là qu’est née la fête telle que nous la pratiquons aujourd’hui, le Christmas Carol de Charles Dickens en est d’ailleurs la preuve.

Mais bon, il aime ça aussi, Elton John, tout comme son ami Freddie Mercury. Aah, la Noël, c’était sacré. Ces deux gars qui avaient connu une enfance compliquée à tous les niveaux, avaient du retard à rattraper quand ils sont devenus des stars riches comme Crésus. Ca y allait les cadeaux chez Cartier, Fortnum & Mason ou Tiffany, à Londres et à New York, le samedi avant la Noël. Un ami de Freddie Mercury se souvient qu’une année chez Harrods, Freddie s’était vu refuser sa carte American Express, pour cause de solde dépassé, tellement il y était allé fort en bouteilles de parfum pour ses invités. Freddie était comme ça. Sûrement le plus calme de la bande en privé, quand il était chez lui, à Manhattan, Kensington ou Montreux. Il était loin d’être le plus extravagant avec ses proches, c’était plutôt les autres qui se déchaînaient, trop heureux d’être avec LUI, la rockstar. Freddie, lui, cherchait juste le réconfort d’un noyau de gens qui l’accepte pour ce qu’il est, pas ce qu’il chante. Voilà sans doute le pourquoi de l’avalanche de cadeaux. Pareil pour Elton John. D’ailleurs, vous vous souvenez dans le film Love Actually, quand il invite Bill Nighy alias le punk Billy Mack devenu N°1 du Top40. L’auteur n’a rien inventé, Elton John est connu pour ses fêtes de Noël à la hauteur de la ferveur populaire qui saisit les Britanniques. C’est vrai qu’on y fête plus le sapin, la dinde et la cuvée spéciale que le petit Jésus dans la crèche.

On raconte qu’il y invitait souvent son voisin le prince Philippe et la reine, ses voisins à Windsor, et qu’ils déclinaient poliment. Par contre qu’il y ait compté dans les années 90, un certain Robbie Williams et les Spice Girls pour l’écouter jouer au piano jusqu’à huit heures du matin, ça c’est lui qui l’a raconté. Tout cela avait lieu, évidemment, dans sa maison de campagne, loin des voisins qu’on aurait pu déranger. Imaginez Geri Halliwell en robe de mère Noël ultra courte, en train de hurler dans la cour Merry Christmas avec Robbie Williams. Freddie était, sur ce coup-là, plus discret, je vous l’ai dit, comme en atteste l’unique disque de Noël publié par Queen en 1984, et dont la carrière a été, cette année-là, éclipsée par l’immense single du Band Aid.
Show more...
2 weeks ago
7 minutes

La Story Nostalgie
Contes de Noël (Episode 4)
Les contes de Noël ont bien changé depuis le 19ème siècle. Je crois que c’est dans les années 80 que tout a basculé. Que tout est devenu, disons, plus moderne. Il est vrai que jamais une décennie n’a été vécue autant dans le présent que celle-là, elle restera celle où on a arrêté de croire qu’en l’an 2000 on volerait dans notre engin spatial individuel et donc, au père Noël.

Le père Noël, c’est nous ! Ca, George Michael et Andrew Ridgeley l’ont bien compris du haut de leurs 20 ans. Et alors que leur duo, Wham!, vient d’être propulsé au sommet, et qu’ils sont tous deux chez les parents de George, celui-ci imagine un conte de Noël moderne. Vous connaissez cette histoire d’amour heureux puis malheureux, entre deux Noël, on l’a assez entendue … Une chanson dans laquelle George croit fermement et qu’il enregistre seul, en plein été, comme Nat King Cole des décennies avant lui, mais dont il compte tourner un clip crédible. Avec Andrew, l’histoire est entendue, il faut reconstituer une bande de jeunes qui font la fête aux sports d’hiver, sous la neige.

Coup de bol, en novembre, il a neigé en Suisse, dans le Valais. On y va ! Mais qui va jouer la fiancée et la future ex ? Un mannequin, Kathy Hill, les choristes Pepsie et Shirley et quelques potes à eux sont du voyage, ils joueront la bande. Ils sont un peu fauchés, alors, trop contents de se faire un week-end à la montagne. Mais bon, on n’a pas trop de budget, dit le manager. Ça n'empêche toute la bande de faire le siège du bar de l’hôtel en attendant l’arrivée de George et Andrew. Ça commence bien.

Tu as la broche ? demande le réalisateur à Andrew. Bien sûr. Celle que George est censé offrir à sa copine et qu’il va retrouver un an plus tard avec Andrew et en avoir le cœur brisé. Le tournage est prévu dans deux chalets, un pour les extérieurs et un pour le dîner entre copains où la consigne est claire : on doit y croire !

Et on y croit. Ça rit avec une telle sincérité que c’en est bluffant à l’image. Il faut dire que c’est du vrai vin qu’on sert à tout va, c’est gratos. On n’a pas mis du jus de raisin pour le réalisme, bonne idée, mais là, on finit par y être un peu trop. Heureusement, on a de belles images où George offre à Katty, la fameuse broche, de la maman d’Andrew. Mais voilà, une pause, un moment d’inattention, lorsque Kathy reprend le manteau qu’elle avait ôté, plus de broche. Catastrophe pour le réalisateur, il faut encore tourner l’autre scène qui rend George triste, et puis, c’est un bijou de maman, crie Andrew, bien dégivré sur le coup ! Tout le monde se met à chercher la broche. Où a-t-elle bien pu la perdre ? Tout l’hôtel est passé au peigne fin, lits, oreillers, bar, couloirs, salles de bain. Et là, deux versions circulent, celle du portier qui dit l’avoir retrouvée sur la rue dans la neige, probablement tombée en sortant d’une voiture ; l’autre par Kathy qui dit l’avoir retrouvée au fond de son sac, accrochée à un autre vêtement.

Happy end dans les deux cas pour ce conte des eighties. Le clip a merveilleusement fonctionné et tourné sur toutes les télés, et surtout la bande s’est éclatée grave à un point qu’on ne peut en raconter les détails sur antenne à une heure de grande écoute, surtout à un moment où TOUT commence à ressembler sacrément à Noël …
Show more...
2 weeks ago
6 minutes

La Story Nostalgie
Contes de Noël (Episode 3)
Les crooners ont depuis des décennies, liés leur art au répertoire de Noël. Quel plaisir d'entendre ces voix de velours nous chanter la période qui se veut être la plus douce mais aussi la plus scintillante de l’année. Et pourtant, il fut un temps où ces jazzmen n’étaient jamais chez eux à la Noël, comme un certain Louis Armstrong qui, dans les années 30, 40, donnait 300 représentations annuelles avec de grandes formations. Vous l’avez compris, il vivait dans des hôtels.

Alors un 24 décembre, sa femme Lucille, décide de lui faire une surprise. L’après-midi, elle fait les magasins et revient avec un petit arbre de Noël et toutes ses décorations. Vous devinez l’attente de la réaction de son mari quand il rentrera dans la chambre et découvrira l’arbre de lumières et les cadeaux qu’elle a disposés en dessous pour lui et les musiciens qui sont ses amis.

Trois heures du matin, quand il rentre dans la chambre, la surprise est totale. Armstrong est enchanté. Elle le savait, pas de suspense, il adore Noël. Mais quand il se met au lit, Armstrong ne quitte pas les lumières qu’il fixe avec un regard d’enfant. Aussi quand Lucile lui propose de les éteindre, il dit non, laisse-les allumées. Je vais continuer à les regarder. Tu sais, c’est mon premier sapin de Noël.

Comment aurait-elle pu deviner ? Bien sûr, à presque 50 ans, il a toujours été sur la route à cette époque de l’année mais qui à cet âge, n’a JAMAIS eu un arbre de Noël chez lui ne fût-ce qu’une fois ? Mais c’est vrai, et elle aurait dû y penser, Louis a eu une enfance tellement pauvre que, évidemment, il n’a jamais connu ça. Alors Armstrong passe la nuit avec son sapin allumé. Et alors qu’à l’époque tout le monde démonte les décorations le lendemain de Noël, il demande à sa femme d’emmener le sapin avec eux. Les voilà partis à Kansas City avec le petit arbre et ses décorations : c’est d’ailleurs la première chose qu’on déballe arrivé à l’hôtel, avant d’ouvrir les bagages. Et à partir de là, on achètera chaque année un petit sapin pour la chambre d’hôtel, de la Noël jusqu’au Nouvel An. On n’a pas compté le nombre de fois où Lucile a monté et démonté les décorations dans autant de chambres d’hôtel, pour que son mari ait aussi droit à la magie de Noël, après l’avoir offerte au public venu le voir et l’écouter. Et quand il n’y aura pas de concerts de fin d’année, avec la diminution des engagements à cause de la concurrence de la télévision, il fera monter chez lui, à New York, un sapin jusqu’au plafond.

Enfin un jour, quand viendra la dernière tournée à la Noël, Armstrong demandera à sa femme de faire envoyer l’arbre à la maison. Celui-là, je le garde. Mais voyons, Louis, ce n’est pas un sapin artificiel, il ne supportera pas le voyage du retour par la poste !

Show more...
2 weeks ago
5 minutes

La Story Nostalgie
Contes de Noël (Episode 2)
Probablement n’avez-vous jamais entendu ces 45 tours de Noël que les Beatles ont publié chaque année jusqu’à la fin du groupe, gravés dans un disque souple pour être envoyés exclusivement aux membres de leur fan club. Il faut dire que dès le départ, en 1963, ses membres sont si nombreux et actifs qu’il prend des allures de véritable entreprise, le modèle que vont essayer de reproduire beaucoup d’artistes par après, comme le groupe Kiss, aux Etats-Unis.

Si ces 7 singles n’ont jamais été vraiment commercialisés, excepté un box à tirage limité il y a quelques années, c’est surtout parce qu’ils sont invendables. Il s’agit principalement de messages délirants des quatre joyeux lurons souhaitant leurs meilleurs vœux à leurs fans, quelques impros et, en 1968, nous sommes en pleine année psychédélique, des collages de sons bizarres. Mais cette année, est-ce un signe, les messages sont enregistrés individuellement. Ah ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit, ils ne sont pas en guerre. La preuve, une fête de Noël est organisée chez Apple, le label qu’ils ont créé, sur Savile Row, à Londres. Oui, la maison sur le toit de laquelle ils vont jouer dans un mois leur dernier et légendaire concert. Mais là, en cette période proche du réveillon où les Anglais ne savent plus se tenir tellement ils ont l’esprit à la fête, c’est le grand soir chez Apple dont la porte d’entrée n’arrête pas de sonner. Derek Taylor, le chef de la communication a en effet battu le rappel du personnel : les Beatles vont offrir des cadeaux à leur famille.

Et qui joue le Père Noël ? Ben John Lennon, évidemment. C’est lui le fondateur des Beatles. Et même s’il est aux abonnés absents question d’être le chef, depuis maintenant deux bonnes années, il aime croire être à la barre. Il a d’ailleurs bombardé Yoko Ono, sa nouvelle compagne, mère Noël. Je ne vous dis pas la tête des mômes des employés qui déjà n'avaient jamais vu une mère Noël, encore moins perchée sur des hauts talons.

Si Paul McCartney et sa compagne Linda ne sont pas présents, tiens, tiens, Ringo Starr et George Harrison sont bien là, avec leur femme. Et bien sûr, en pleine période hippie, c’est le grand foutoir : tout le monde a invité tout le monde. Alors que John Lennon y va de grands Ho-Ho-Ho en distribuant des cadeaux, Derek l’interrompt en disant, John, y a une bande de Hells Angels à la porte. Quoi ? C’est moi qui les ai invités, dit George, avec son flegme habituel. Soyez sympas avec eux, ce sont de braves gens. Des Hells ! Mais tu les as rencontrés où ? A San Francisco. Quoi ? Je te dis qu’ils sont sympas. Et c’est vrai qu’ils sont cools. Bon à un moment, ils vont s’énerver car la dinde de 21 kilos 500 que Derek a achetée n’en finit pas de rôtir dans le four. Alors tout le monde se rue sur les roulades de saucisses de l’apéro. Derek s’est d’ailleurs réfugié dans les toilettes avec une assiette débordant de ce met typiquement british, par crainte de ne rien manger d’autre ce soir. C’est vrai, des Hells Angels à Londres, à une soirée de Noël ! Pourquoi pas une chanson de Noël en plein mois de juillet, enregistrée par 30°C à l’ombre. S’il savait que ça a été le cas de la plus célèbre de toutes …
Show more...
2 weeks ago
6 minutes

La Story Nostalgie
Contes de Noël (Episode 1)
Noël 1974, beaucoup de messieurs, jeunes et moins jeunes, achètent en librairie et en kiosque le numéro de Noël du magazine Lui. Énorme succès : on s’arrache ce numéro dans lequel on peut regarder à loisir des photos scandaleuses de Jane Birkin qui est devenue, contre toute attente, une des grandes stars du cinéma français. Des photos qui ont été mises en scène par son compagnon, Serge Gainsbourg. Dois-je vous dire que dans sa maison du 5bis rue de Verneuil, il se réjouit de son coup médiatique. Ah ben oui, c’est uniquement par cynisme et par passion pour le succès public, qu’il a fait ça. C’est vrai que sous le costume du provocateur pervers, Gainsbourg cache un tendre, une peluche qui en étonnerait plus d’un mais qu’il réserve à ses intimes, à sa famille. D’ailleurs Noël en famille, Serge Gainsbourg adore ça. Spécialement en Angleterre où la fête est beaucoup plus colorée et spectaculaire qu’en France. Avez-vous déjà vu les vitrines et les rues de Londres, Édimbourg à cette époque ? Retour en enfance garanti.

Ainsi de ce dîner de Noël chez Jane, à Londres, où le soir du réveillon, on sonne à la porte. Serge va ouvrir, c’est un sans-abri qui demande s’ils n’auraient pas une pièce ou quelque chose à manger. Et voilà que Serge lui fait une place à table, elle est abondante, il n'aime pas manquer de quoi que ce soit. Serge est très animé ; il met à l’aise le pauvre homme qui se retrouve au chaud, devant un sapin illuminé du sol au plafond. Le repas terminé, Serge lui dit tu ne vas pas partir comme ça et il lui remplit un sac de victuailles comprenant une bonne bouteille de vin, bien sûr. Il lui offre même sa montre, cadeau ! Noël, c’est ça aussi. Et Serge n’en reste pas là car lors d’un réveillon avec la famille Birkin sur l’île de Wight, cette fois, car avec Andrew, le frère de Jane, avec qui il s’entend comme larron en foire, thick as thieves, comme ils disent, Serge s’est mis en tête de faire venir un prestidigitateur.

  • Où comptes-tu en trouver sur cette île ? dit Andrew.
  • Justement, je viens de lire un article dans la gazette locale. Un type qui s’appelle Fred The Conjuror. Appelle-le.
Andrew saisit le téléphone et contacte le dit Magicien, bien étonné en arrivant, de ne trouver comme public, six adultes, alors que son numéro est réservé à un public d’enfants. Sans se laisser démonter, il déballe son matériel et se lance dans une série de tours consternants. Les Birkin sont morts de rire mais Serge encourage l’artiste en applaudissant à tout rompre. A la fin de la représentation, Gainsbourg arrondit fortement la somme convenue pour le cachet de l’artiste. Merry Christmas.

Oui Gainsbourg adore l’Angleterre ; pas uniquement pour l’ambiance de Noël et la splendide femme que ce pays lui a donnés. Cela fait depuis six ans qu’il trouve l’inspiration dans les pubs de Londres et les meilleurs musiciens dans ses studios, alors les Noël, ça se fête en Grande-Bretagne et à la maison.
Show more...
2 weeks ago
7 minutes

La Story Nostalgie
Hey Crooner (Episode 5) : Amy Winehouse
Mettre un disque d’Amy Winehouse et écouter sa voix, son souffle, cette technique incroyable qu’elle a acquise très jeune en imitant les grands saxophonistes de jazz. Et oui, c’est ça son secret. L’amour est un jeu perdu d’avance, c’est une expérience absolument bouleversante que d’écouter Amy Winehouse chanter ça, seule à la guitare. Toute la tristesse du blues noir américain sur des accords jazzy. Au début, Amy le chantait pour elle-même puis pour un petit public dans les clubs où tous étaient saisis par l’émotion que suscitaient ses textes. Un artiste a-t-il déjà trimballé une telle sincérité dans des chansons aussi désespérées ?

 Et puis le succès vient. Il y a de plus en plus de monde dans les salles qui deviennent de plus en plus grandes. Un public qui paie de plus en plus cher au fur et à mesure que le succès devient un triomphe puis prend des proportions inédites. Amy Winehouse est la première auteure-interprète britannique à battre les records de Kate Bush (largement d’ailleurs). Alors c’est un public qui vient communier avec une star et en veut pour ses sous. Il chante et hurle les refrains et parfois toutes les paroles avec elle. Un tel succès pour du jazz dans les années 2000, c’est fou, non ? Un jazz qu’elle joue à sa façon certes, et puis ses textes, mon Dieu, aucun crooner n’aurait jamais osé chanter ça. Si vous saviez à quoi elle fait allusion dans ses chansons, même Gainsbourg et Prince n’ont jamais osé aller aussi loin.

 Mais Amy est comme ça, Cash, et elle envoie du bois aussi bien dans ses chansons que dans la vie de tous les jours. Le premier album n’a pas trop bien marché mais le suivant, quatre ans plus tard, est un triomphe. Amy a besoin de sécurité, que quelqu’un s’occupe de la manne qui lui tombe du ciel. Mitch Winehouse devient le papa qui règle tout. Malheureusement, il ne récolte pas que des honneurs et des livres sterling, il recolle aussi les morceaux de sa fille comme les lendemains de la veille des bamboches à répétition où elle est d’humeur massacrante et puis un désastre affectif permanent.  Coiffée de son désormais célèbre chignon en choucroute à 150 livres, avec sa petite robe noire et son trait infini de eyeliner, c’est la Amy dont nous gardons le souvenir qui reçoit ce prix et quatre autres ; elle est à la fois la révélation de l’année mais aussi Award du meilleur single et meilleur album.

 Ces trophées, elle ne les recevra pas en mains propres car Amy est en duplex depuis Londres, avec son groupe et devant un public restreint ; elle n’a pas pu prendre l’avion pour Los Angeles car son visa lui a été refusé pour cause de consommation de drogue avérée. Alors oui, le coeur est à la fête ce soir, Amy interprète Rehab, bien sûr, mais aussi plusieurs autres chansons, toute sa vie en quelques lignes de poésie et accords de guitare dont elle joue divinement, tel un ange triste.
Show more...
2 weeks ago
7 minutes

La Story Nostalgie
Hey Crooner (Episode 4)
Vous les entendez partout à nouveau, hein, les crooners. Et ça fait du bien en décembre d’entendre Bing Crosby ou Nat King Cole chanter Noël, ces voix suaves venues d’une Amérique d’une autre époque qui nous souhaitent de joyeuses fêtes et déjà, une bonne année. Qui aurait cru ça dans les années 70 et 80 où ce genre de chanson était totalement dépassé. C’était un truc que les vieux écoutaient pour se bercer d’émotions d’un temps qui n’avait rien de moderne. C’est de ça dont parle le tube de Guy Marchand en 1977, en pleine époque disco et new wave :

Hey Crooner

Tu t'sens pas ridicule la main sur le cœur

Tu fais marrer tous les rock'n rollers

Quand tu roules tes épaules de mait'nageur

Qu’est-ce qu’on a entendu cette chanson à la radio et à la télé. Il faut dire que ce n’était pas un hasard, non, au milieu des années 70, une grande mode rétro années 40 et 50 avait touché l’Amérique puis s’était exportée chez nous via le monde de la variété. Dalida avait repris une vieille rengaine en mode disco (énorme tube), Dave y était allé de sa chansonnette avec le même succès. Oui, vous allez me dire, comme Bruel 25 ans plus tard, avec Entre-deux, mais avec cette différence que dans les années 70, un chanteur âgé de 40 ans était bon pour la retraite. Est-ce le succès d’Elvis qui n’en finissait pas à Vegas, allez savoir, en tout cas, les crooners avaient connu un bref retour en grâce, comme le montre d’ailleurs l’excellent et explosif film de Woody Allen, Broadway Danny Rose.

Et donc oui, ça peut paraître fou aujourd’hui mais il y a une cinquantaine d’années, cela faisait des années qui nous semblaient être une éternité que Sinatra n’avait plus fait de tubes, Hollywood avait remisé les comédies musicales au placard avec les crooners. On n’en a plus vu fonctionner une seule jusqu’à Grease, en 1978, et encore, c’est une exception et il fallait bien se garder d’utiliser le terme de Comédie Musicale. Cette année-là, David Bowie enregistrait un improbable duo avec Bing Crosby, le pionnier du genre, dans une émission de Noël qui serait sa dernière apparition publique. Bowie jouait alors le rôle de l’improbable fan, présent uniquement sur le plateau parce que Bing était le chanteur favori de sa mère. Oui, c’était sa madeleine à lui, le rocker avant-gardiste.

Alors, un demi-siècle plus tard, on se demande ce qui s’est passé. Pourquoi les enfants et petits-enfants de ces jeunes des années 60, 70, 80 trouvent ce répertoire de velours jazzy hyper cool, classe. Durant ce premier quart de siècle, on n’a d’ailleurs jamais vu autant de nouvelles stars se faire accompagner par un grand orchestre en tenue de soirée, de Lady Gaga à Robbie Williams, en passant par Jamie Cullum, la réincarnation d’un Frank Sinatra qui aurait fusionné avec Billy Joël. C’est vrai, quand il reprend un vieux titre des années 30, on dirait une chanson d’aujourd’hui.
Show more...
2 weeks ago
8 minutes

La Story Nostalgie
Hey Crooner (Episode 3) : Dean Martin
Et non, Dean Martin n’a pas été que le faire valoir crooner et amusant de Frank Sinatra. La preuve, quand il se rapproche de lui en 1957, il est au sommet de sa gloire et pas n’importe laquelle puisqu’il forme avec Jerry Lewis le plus populaire des duos aux Etats-Unis. Ils viennent en effet de tourner 17 films en 7 ans. Toujours avec les mêmes réalisateurs, alors avant que la corde ne casse, Dean et Jerry décident de se séparer.

Pour Jerry Lewis, ce n’est qu’une formalité. Il était le clown auguste du duo qu’ils formaient depuis dix ans à la radio, télé et au cinéma, c’est lui qui focalisait toutes les réactions du public. Dean était le gars sérieux, viril et séduisant, le clown blanc. Alors, il décide de continuer au cinéma en se dirigeant vers des rôles dramatiques, où il va exceller, aux côtés de Marlon Brando ou John Wayne, et puis de retourner à la chanson. C’est comme ça qu’il a connu Jerry Lewis, en jouant dans le même cabaret à New York, juste après la guerre. Ils avaient commencé par des improvisations et la réaction du public avait fait le reste.

Mais voilà, au moment où Dean revient à la musique crooner de ses débuts, une nouvelle mode éclate : le rock’n’roll. Et le rock, dans la personne d’Elvis Presley et Little Richard, ce n’est pas une mode, c’est une déflagration, un déchaînement d’énergie comme on n’en avait jamais vu. Le public adolescent qui était le sien n’a plus d’yeux que pour ces nouvelles stars.

Dean Martin a donc toutes les raisons de se faire du souci à propos de sa carrière de chanteur, tout comme un autre Italo Américain : Frank Sinatra.

Et Frankie est d’autant plus concerné que s’il est au sommet de sa gloire, lui aussi, il revient de loin, de très loin. Il y a peu, il était fini, plus personne ne voulait de lui : ni les producteurs Hollywood, ni les firmes de disques de New York. Sinatra déprime, fait de terribles déclarations dans la presse pour exprimer son dégoût du rock’n’roll et début 1957, on le retrouve sur scène avec Dean Martin.

Dean Martin, alias Dino Crocetti, est resté jusqu’à ses cinq ans un Italien pur jus, il ne parlait même pas anglais en entrant à l’école. Mais attention, s’il a dans sa jeunesse passé du whisky à la frontière canadienne et même tenu une table de jeu, il n’a pas suivi la voie que ses parents redoutaient : s’il a des potes mafieux, il garde ses distances.

Ce qui n’est pas le cas de Frank Sinatra. Et donc quand ils forment un groupe de 5 chanteurs et comédiens surnommé le Rat Pack et qui va faire d’eux des superstars encore plus grandes _ les Ocean’s Eleven originaux, c’est eux _ Dino Martini devenu Dean Martin ne fait que jouer à l’ami de Sinatra. Ainsi à la télé, il joue au gros buveur de whisky, mais c’est du jus de pomme dans son verre. Toujours couché avant minuit, levé tôt le matin, Dean Martin est le crooner qui ne se voyait pas chanteur au départ. Comme il disait : nous autres crooners, on passe bien car on est relativement inodores. Une autre époque.

Show more...
3 weeks ago
6 minutes

La Story Nostalgie
Hey Crooner (Episode 2) : Frank Sinatra
Alors, on le voit, le plus célèbre d’entre tous les crooners, Frank Sinatra, avec son complet bleu qui inspirera plus tard celui de son disciple, Charles Aznavour. Le voilà qui sort en effet d’une grosse cylindrée sur Broadway, à la tombé de la nuit. Nous sommes en décembre, la vapeur sort des bouches du métro pour s’élever des trottoirs vers le sommet des gratte-ciels. Il fait déjà froid, aussi Frankie enfonce un peu plus son chapeau iconique, relève d’une main le col du manteau qu’il vient d’enfiler, puis de l’autre, il saisit la main d’une jeune femme qui sort à présent de la voiture. Les voilà tous les deux qui pressent le pas puis se mettent à courir vers l’enseigne d’un club de jazz pendant qu’au coin de la rue, des soldats de l’armée du salut entonnent un chant de Noël, à côté d’une échoppe de vendeur de marrons chauds.

A 30 ans, la guerre terminée, Sinatra a la vie devant lui. Cela fait dix ans déjà qu’il a enregistré son premier 78 Tours, il est passé d’une formation de jazz à l’autre et depuis le début des années 40, Frank est une vedette de la radio et du cinéma. Comme tous ceux qui passent par Hollywood, il incarne le standard obligatoire de la classe qui, chez lui, est naturelle ; c’est vrai qu’il n’est pas tombé loin de Manhattan à sa naissance. Même si c’était dans un milieu compliqué, celui de pauvres immigrés, Frankie s’est bien débrouillé, n’a pas été regardant du tout sur des amitiés qui sont plutôt fatales, on a tous grandi dans la rue d’un mafieux dans ces quartiers oubliés de l’Amérique quand on est Sicilien d’origine. Mais ce qui importe, c’est le bonheur que Frank apporte au public sur les disques qu’il enregistre. Il y a pas deux gars comme lui pour faire oublier le grand malheur qu’on vient de traverser dans les années 40. Quand Sinatra chante l’amour, on se croit aimée comme une princesse si on est une femme, irrésistible si on est un jeune homme.

Alors oui, 80 ans plus tard, on les voit ces projecteurs baigner de lumières le micro sur la scène du club, et puis l’orchestre de Tommy Dorsey prêt à accompagner la star de la soirée. Ceux qui ne le verront pas, l’entendront à la radio, le show est retransmis dans tout le pays. On imagine les familles, les couples, réunis autour du grand poste de bois, ils ne vont pas rater ce moment vanté dans les programmes radios des magazines. On n’écoutera pas le feuilleton ce soir mais le concert de Frankie Blue eyes Sinatra sur une radio concurrente. L’imagination fera le reste, loin de concevoir que vingt ans plus tard, le chanteur sera toujours là, survivant miraculeusement à la déferlante du rock’n’roll. Sinatra est comme la Noël, un refuge dans la magie d’un monde idéal dans lequel on croit, loin du bruit et de la fureur.
Show more...
3 weeks ago
5 minutes

La Story Nostalgie
Hey Crooner (Episode 1) : Neil Diamond
La sortie de Sur un air de blues avec Hugh Jackman et Kate Hudson va remettre le couvert sur le répertoire d’un des plus grands artistes pops américains, Neil Diamond. Ecrit et réalisé par le New Yorkais Craig Brewer, un disciple de Quentin Tarantino genre “j’assume ma passion référence pour le vintage”, le film raconte l’histoire vraie de deux artistes oubliés avant d’avoir été connus qui vont connaître le succès en faisant des covers de l’homme aux 50 tubes.

Ça vous étonne, hein ? Et pourtant, c’est le cas, si on a surtout l’image d’un crooner, celui de Jazz Singer, un album qui a rencontré un succès considérable au début des années 80, Neil Diamond à ses débuts, est catalogué pop rock. Dans la deuxième partie des années 60, on le classe avec les Simon & Garfunkel et Leonard Cohen. On l’a oublié mais Neil Diamond a alors aligné un nombre impressionnant de tubes qui sont devenus immortels, dans leur version originale ou grâce aux artistes qui l’ont repris. Allez au hasard, on commence par cet incontournable, dans le Pulp Fiction de Tarantino … puis le fameux Believer popularisé par les Monkees, je m’en voudrais d’oublier le Song Sung Blue qui vient de donner son titre original au film … et enfin celle-ci dont UB40 a livré une version reggae 15 ans après, on était dans les années 80. Et si Neil Diamond a été chanté par tout le monde, de Frank Sinatra à U2, en passant par Joe Dassin et Elvis Presley, il a aussi donné vie à des chansons françaises dans le monde anglo-saxon comme celle de Jacques Brel … ou encore Gilbert Bécaud … Et comment l’oublier, Neil Diamond est à l’affiche de la dernière du groupe The Band de Bob Dylan en 1976, aux côtés d’Eric Clapton, Joni Mitchell ou encore Ron Wood des Rolling Stones, devant les caméras de Martin Scorsese, ça s’appelle The Last Waltz, et c’est à voir, c’est du patrimoine aujourd’hui. Enfin, je vous mets au défi de ne pas trouver dans la maison (salon, bureau, grenier) d’un ami ou membre de votre famille, un exemplaire du fameux Jonathan Livingstone Seagull, la B.O. du film signée et chantée par Neil Diamond. Tenez-vous bien, il s’en est vendu 200.000 rien qu’en Belgique durant les années 70, et après. E-Nor-Me !

Sûr qu’on va écouter du Neil Diamond, en mode folk rock années 60 et 70 ou crooner, cet hiver, c’est une occasion unique de le redécouvrir, son dernier retour fracassant date des années 2000 avec l’immense succès de son album acoustique 12 songs. L’artiste s’est retiré de la vie publique il y a quelques années, annulant une tournée mondiale, après avoir fait part de sa maladie de Parkinson. Mais son catalogue folk rock, pop, crooner et symphonique est toujours aussi présent, comme en témoignent les 135 millions d’albums qu’il a vendus au cours de l’âge d’or du vinyle et de la cassette.
Show more...
3 weeks ago
7 minutes

La Story Nostalgie
Comme quand j'étais môme (5) : Eddy Mitchell
Vous êtes déjà allés à Belleville ? Ah il ne figure pas dans le circuit des 90 millions de touristes qui se pressent chaque année dans les rues de Paris. Belleville, c’est pile entre le parc des Buttes Chaumont et le cimetière du Père Lachaise. Un quartier qui portait mal son nom au début, avec ses baraques miséreuses et branlantes, rasées il y a un siècle, après la première guerre mondiale. C’est alors qu’on y a vu pousser des grands immeubles d’habitation, vaguement art déco, séparés par de larges boulevards comme celui d'Algérie, tiens !

Regardez celui qui porte le numéro 9 et qui est plutôt pas mal avec ses briques rouges et qui occupe tout le pâté de maison. C’est là que vit la famille Moine, dans un petit quatre pièces, deux chambres, une salle à manger et une cuisine qui fait aussi salle de bains. Faut donc se lever tôt le matin pour se laver, enfin en fonction de la complexité du menu du soir. Le petit Claude, teenager des années 50, voit depuis le balcon les anciennes fortifications de Paris abandonnées, dans lesquelles il va jouer aux cowboys et indiens avec ses copains du quartier.

Un quartier étonnant que celui de Belleville. Il y a des gens de toutes les nationalités, on ne voit ça nulle part ailleurs. C’est bien simple, le mec qui fait des sandwiches en face, c’est un Tunisien, dans la rue d’à côté, y a un restaurant chinois, et les voisins de palier sont Antillais. C’est toujours l’ambiance le soir, y a un monde là-dedans, mais ils sont gentils, ils apportent souvent des trucs à manger, des spécialités de leur pays. C’est exotique. Pas besoin de partir en vacances, qui d’ailleurs peut se payer un billet d’avion dans ce quartier.

Alors bien sûr, on n’est pas à Bisounoursland. Claude sait qu’il y a des mafiosi corses et pieds noirs qui se fritent avec des Magrébins. Et ils n’y allaient pas avec le dos de la cuillère, comme il m’a dit un jour dans sa loge avant un concert.

Plus personne ne l’appelle Claude Moine, depuis longtemps, mais Eddy Mitchell. Les bagarres entre bandes de blousons noirs sur la place du marché où tournaient les vespas étaient passées par là avec l’adolescence.

Puis il y avait eu la rencontre avec Johnny à la Trinité, de l’autre côté de Paris, l’audition chez Eddie Barclay avec les potes de son groupe qui s’étaient vu bombarder du nom de Chaussettes Noires.

Mais malgré les disques d’or, les grands espaces de l’Amérique que son succès lui a permis de visiter, les éblouissants plateaux de télévision, Eddy n’a jamais oublié les souvenirs de cinéma du p’tit Claude aux Tourelles, à la porte des Lilas, avec ses portes battantes à hublot, le soleil en céramique sur le sol du hall d’entrée et l’étoile bleue au plafond. Il avait même un toit ouvrant en été. C’était génial mais faut éviter la séance de l’après-midi pour la lumière et surtout les cris et plongeons des nageurs de la piscine juste à côté. Et puis il y avait le théâtre de Belleville où avait lieu l’émission de l’unique chaîne de télé, 36 chandelles. Claude se souvient avoir été très impressionné par un jeune chanteur en complet bleu, Charles Aznavour. On ne voyait que lui ! Le Eddy d’aujourd’hui ne regrette qu’une chose : les jeunes de toute nationalité semblaient s’entendre très bien, tous ensemble, quand il était môme.

Show more...
3 weeks ago
7 minutes

La Story Nostalgie
Comme quand j'étais môme (4) : France Gall
Il y a des mômes, comme on dit à Paris, qui ont vécu une enfance différente. Regardez la petite Isabelle. Dans les années 50, les enfants n’existent pas dans la société : en dehors du cadre familial, ils apparaissent un instant quand il y a des invités à la maison avant de rejoindre leur chambre. Leur univers, c’est l’école, la maison et le chemin qui les relie.

Et puis il y a Isabelle que son père réveille régulièrement en pleine nuit pour l’emmener à son travail. Où ça ? Dans des théâtres, après un parcours à moto dans les rues de Paris by night. Et la voilà en coulisses. Tiens, tu es venu avec ma petite fiancée, dit par blague un monsieur qu’elle ne connaît que trop bien, Charles Aznavour. Son père travaille avec lui, il l’accompagne parfois en tournée, Isabelle le suit. Imaginez les loges, restaurants, hôtels avec ces gars en costume cravate qui discutent jusqu’à pas d’heure, le verre à la main et la clope au coin du bec.

Les années 50 ne sont des années en noir et blanc dans les photos d’albums de famille. Pour Isabelle, elles ont les couleurs du showbiz français, foisonnant de rencontres, de gens qui rient, râlent, se donnent au public, gravent des disques. Il n’y en a qu’une qui est toujours, ou déjà, en noir et blanc, c’est Edith Piaf. Quand Isabelle accompagne son père dans son appartement, elle est impressionnée par le personnage et encore plus sur scène, car elle a le privilège de l’observer depuis les coulisses.

Et le dimanche ? Isabelle fait le garçon manqué en allant jouer au foot dans le bois de Vincennes avec ses deux frères et leur père. Elle adore ça, c’est d’ailleurs elle qui a insisté au début pour aller jouer avec eux. C’est vrai, mise à part sa mère, elle est la seule fille du clan Gall, et ne veut pas rester en plan, alors si pour jouer avec eux il faut faire du football, ça lui va. A tel point qu’Isabelle sera championne de son lycée avec son équipe. Un sacré caractère qu’elle ne va pas perdre quand elle changera de prénom pour la scène : France Gall ? C’est une emmerdeuse, mon vieux, si tu veux mon avis. Ah ben oui, on a entendu dire ça dans le métier à l’époque, et pas seulement quand elle est devenue la championne du nombre de l’affluence en salles, non. De toute façon pour moi, ce n’est pas une insulte, disait-elle, c’est un compliment. J’ai du caractère ! C’est vrai, si refuser de dire oui systématiquement à tout ce qu’on vous demande, c’est être une enquiquineuse, alors, oui, j’assume.

Il faut dire qu’on parle d’une époque où des profs de piano frappent sur les doigts de leurs très jeunes élèves avec une règle. Doit-on s’étonner qu’Isabelle Gall préfère les cours de guitare qu’elle prend avec ses deux frères, eux aussi contaminés par le virus de parents musiciens. Et puis tout a été si vite. Si bien, mais si vite. Avec des complications et de terribles drames, mais vaincus grâce à la résilience que France Gall a acquise quand elle était môme.

Show more...
3 weeks ago
6 minutes

La Story Nostalgie
Comme quand j'étais môme (3) : Freddie Mercury
On sait peu de choses sur l’enfance de Freddie Mercury. Du moins par lui. Le chanteur se confiait très peu à la presse et même aux amis, sur ses années de Freddie Bulsara.

Bulsara ? Tiens c’est le nom des deux Indiens qui se sont un jour pointés après un concert de Queen demandant à le voir, ils disaient qu’ils étaient ses cousins. Et alors ? Ben, il a refusé de les voir.

Est-ce pour faire un trait sur les traumatismes qu’il a vécus ? Freddie était un enfant de bons bourgeois de Zanzibar, cette terre africaine paradisiaque en bord de mer, le père était un fonctionnaire de l’empire britannique. Mais une révolution a tout fait s’écrouler : en quittant précipitamment son poste, Bomi Bulsara et sa famille ont tout perdu. De privilégiés en Afrique, ils sont devenus des riens du tout à Londres où ils ont débarqués après avoir tout abandonné derrière eux. Les voilà devenus des Pakis comme les autres, eux qui sont pourtant issus d’une très ancienne communauté. Mais le premier traumatisme, Freddie l’avait vécu bien plus tôt. C’est celui de l’abandon, du grand départ alors qu’il était encore enfant, pour un internat indien élitiste : soixante jours de voyage au milieu des années 50 pour l’amener au milieu de la jungle, en altitude, dans un collège où il va selon ses dires, devoir soudain grandir terriblement vite pour assurer ses arrières. Port de l’uniforme, lever à six heures, coucher à 21.30, devoirs le soir, inspection dans la cour de récréation, coiffure, uniforme, Freddie a vraiment intérêt à faire tout ce qu’on lui demande. Un collège avec son inévitable attirail de harcèlements divers et variés, celui de Freddie est tout trouvé, on l’a surnommé Bucky, comme Bugs Bunny, à cause de ses dents de lapin. Un harcèlement tellement épuisant qu’il prend des cours de boxe où il excelle. Mais quand elle l’apprend, sa mère prend peur, écrit au directeur et Freddie se retrouve devant une table de ping-pong pendant les heures de gymnastique.

Heureusement qu’il y a la chorale une fois par semaine et puis les cours particuliers de piano où il se montre excellent. Il est vrai que tout petit, à Zanzibar, Freddie restait des heures devant le pick-up à écouter des symphonies de Beethoven, concertos pour piano de Mozart et même, des cantates de Bach. Mais Freddie ne montre pas d’excellentes prédispositions que pour la musique, il y a aussi la poésie et le dessin. Il écrit et dessine partout et tout le temps. Comme ce jour que sa tante, celle qui vit près de son internat, n’est pas prête d’oublier. Freddie arrive en effet près d’elle et lui offre un dessin représentant deux chevaux pris dans une tempête au bord de la mer. C’est magnifique. Mais qu’est-ce que c’est, Freddie ? Ma sœur et moi, répond-il. Il n’en dira pas plus, Freddie est très réservé. Mais pas asocial, non. A l’école, il s’est entouré d’un petit groupe, comme si, en quête d’affection, il cherchait à se recréer un environnement familial.

Show more...
4 weeks ago
7 minutes

La Story Nostalgie
Comme quand j'étais môme (2) : Adele
Il y a ceux qui ont connu, pleinement vécu les années 80. Et puis il y a ceux qui y sont nés. Et franchement, on en est tous fiers, hein, d’avoir eu le compteur qui tourne au cours de ces fameuses années. Tenez, en 1988, nous sommes allés voir Rain Man, Le Grand Bleu et Piège de Cristal, c’est l’année où Ayrton Senna était champion du Monde de F1 et Tottenham terminait sixième du championnat de foot britannique. Ah c’est vrai que ce club a fait connaître le nom de ce quartier de l’extrême- nord du grand Londres dans le monde entier. Pas toujours en bien d’ailleurs, à cause de ses supporters hooligans. Et ben justement, c’est dans ce quartier très remuant et populaire qu’en 1988, naît la petite Adele Adkins, et c’est là qu’elle va se construire une personnalité et une histoire qui lui vaudront un succès prodigieux dans les années 2000.

Oui c’est dans le quartier de Tottenham, avec ses deux cents nationalités différentes recensées, ses gangs qui livrent des batailles rangées avec la police ou avec d’autres bandes que la môme Adele a grandi. Si elle a été élevée par une mère seule, elle a été très entourée par une trentaine d’oncles, tantes et cousins qui vivent tous dans le voisinage. On ne tombe jamais bien loin de l’arbre dans la banlieue londonienne. On n’avait pas d’argent mais j’ai eu la meilleure enfance qui soit, dira Adele. A cinq ans déjà, on ne la met pas au lit le soir lors des fréquentes réunions de famille. Elle reste à table, au milieu des rires et des cris de la tribu qui se retrouve autour d’une bonne tourte et d’une flopée de bouteilles en tout genre. Et bien sûr, tout le monde chante, on est en Angleterre, et quand Adele reprend Gabrielle (Dreams) et les Spice Girls, là, tout le monde se tait et écoute, tout sourire, le petit prodige de la famille, avant d'applaudir.

Non vraiment, Adele n’a pas loupé son rendez-vous avec la musique durant son enfance. Si je vous dis qu’elle assiste à son premier concert de rock cette année-là, vous n’allez pas le croire et pourtant c’est vrai. Nous sommes à Finsbury Park, un autre quartier métissé de la capitale. Et vous avez raison, elle est trop petite pour voir ce qui se passe sur scène. Alors sa mère demande au mec bâti comme une armoire à glace à côté d’elle s’il ne pourrait pas prendre la petite sur ses épaules. Et là, la gamine s’envole, vous vous souvenez quand vous étiez môme et qu’on vous soulevait, avec cette impression de voler, si pas, de flotter dans les airs. Et puis surtout de découvrir un point de vue incroyable. Plus besoin de lever les yeux pour avoir de toute façon la vue bouchée par une armée d’épaules, voilà Adele voguant sur une mer de têtes avec à l’horizon, des musiciens, des lumières et de la musique à fond les manettes. Ça va si fort qu’elle en a les larmes aux yeux. Pas étonnant que sur son album le plus vendu, on y retrouve un cover des Cure chargé d’émotion. Et même si ce n’est pas ce jour-là qu’Adele a décidé qu’elle serait chanteuse et rien d’autre, il est des moments de notre vie en mode jeune pousse qui impriment en nous tout ce que nous allons inexorablement devenir.

Show more...
4 weeks ago
8 minutes

La Story Nostalgie
Comme quand j'étais môme (1) : Mylène Farmer
Ça y est, nous y sommes. Avec le retour du Nostalgie Magic Tour, c’est déjà la St Nicolas, puis les autres fêtes de la fin d’année. Et bien sûr, si on s’attarde sur les vitrines de lumières, les artisans qui débarquent les sapins destinés à orner notre salon-salle à manger, on ne peut pas empêcher nos souvenirs de remonter. C’est étrange, tous ces moments oubliés, ces sensations disparues de la magie de Noël qui pétillait en nous quand on était môme. L’impatience des derniers jours d’école mêlée à celle de recevoir les cadeaux à la Noël, la joie indéfinissable qu’on sentait monter dans la maison, les dessins animés à la télé, tout prenait les couleurs d’un moment d’exception. Il faut dire que ça nous semblait long, une année. Il y en avait des étapes entre deux Noël : des trimestres d’école, sessions d’examens, Pâques, les interminables grandes vacances surtout vues depuis le trente juin, la Toussaint, alors quand St Nicolas arrivait et que Noël approchait, c’était comme si c’était la première fois. C’est vrai qu’on a oublié, perdu, gommé l’enthousiasme des fêtes quand on était gosse.

Il en va ainsi des Noël sous la neige, dans la ville de Pierrefonds, en banlieue de Montréal, où Mylène Gautier est née au début des années 60. Elle n’a gardé que peu de souvenirs précis de cette époque car elle avait huit ans quand ses parents sont revenus en France, mais elle se rappelle du piano que son père avait fait installer dans la maison pour qu’elle en joue avec sa grand-mère. Il faut dire qu’il était souvent absent, ingénieur sur le chantier d’un immense barrage. Les hivers canadiens sont longs. Mylène joue souvent dans la neige avec ses frère et sœur, et aussi les enfants des voisins. Est-ce un hasard si la neige est très présente dans l’imagerie cinématographique de celle qui deviendra Mylène Farmer. Et que dire du premier film qu’elle voit, Bambi ? C’est tellement triste, ce qui lui arrive au début. Sans oublier la fête d’Halloween alors totalement inconnue en France et en Belgique.

Et puis, il y a le bus jaune qui emmène à l’école la petite fille qu’elle est, avec son uniforme à carreaux verts et bleus. Et en arrivant ce matin, l’institutrice trouve que Mylène dégage une odeur épouvantable. Mais elle est toute propre, c’est à n’y rien comprendre, alors elle appelle sa maman qui lui explique que la veille au soir Mylène a trouvé dans le garage une mouffette qui, bien sûr, l’a arrosée. Et comme dans Bambi, cette cousine de Fleur a un fumet tenace. Et donc imaginez Mylène, cinq ans, qui en fin de journée, en a marre des tu pues que lui crient les autres gosses ; elle ne monte pas dans le bus et rentre chez elle, à pied.

A la maison, vous devinez, c’est l’inquiétude quand on ne la voit pas arriver. Au bout de plusieurs heures de recherche, on finit par la retrouver dans les bois où elle s’est perdue. Pour la débarrasser de cette odeur, un seul remède, dit la voisine, un bon bain de jus de tomate. Ah c’est efficace, elle avait raison. Mais c’est un moment de vie spectaculaire et sûrement marquant pour la petite fille qui va revenir inévitablement hanter l’univers de ses chansons et ses clips.
Show more...
1 month ago
7 minutes

La Story Nostalgie
Beatles Anthology 2025 (Episode 5)
Ce “sortie de scène hélicoptère pour échapper à la foule”, c’est l’image forte que Laurent Voulzy utilise en 1977 pour flasher les Beatles dans sa chanson, Rockollection. Et c’est vrai qu’elle a marqué les esprits. Jusque-là, l’hélico était réservé au président des Etats-Unis ou au Pape, mais pas à des stars du rock, un genre nouveau d’ailleurs. C’est en 1965 la fameuse image des Beatles arrivant en hélico au Shea Stadium, la première fois de l’histoire qu’un groupe de rock joue dans un stade. 55.000 personnes placées trop loin de la scène, il est vrai, mais la police redoute tellement la violence des fans, un John Lennon qui s’amuse beaucoup et un volume sonore inégalé, non pas celui de la sono des Beatles mais du cri de la foule.

Pourtant, ce n’est pas pour les Beatles, le sommet de cette tournée américaine, non, car une rencontre privée doit avoir lieu avec Elvis Presley. Où ? A Hollywood. Et oui, les Beatles, comme Elvis, sont toujours en route, donc difficile de les avoir dans la même ville au même moment. Mais là, ils ont une semaine off avant leurs concerts à Los Angeles, ils louent donc la maison d’une star d’Hollywood alors que Elvis y tourne justement, un de ses nombreux films.

Et les mecs, on va voir Elvis ! Ah ouais, merde, j’avais oublié … Je ne vous raconte pas l’ambiance dans la limousine à qui les conduit au rendez-vous. A cette époque, il est vrai, ils sont encore tous les quatre à se marrer constamment comme des baleines. En arrivant, l’ambiance change. Si la maison est aussi hollywoodienne que celle dans laquelle ils résident, il y a un nombre incroyable de mecs dans tous les coins depuis le portail jusque dans l’arrière-cuisine. La première chose qui les impressionne, en dehors de rencontrer le King dont ils sont fans fondus depuis l’adolescence, c’est l’immense billard dont le Colonel Parker, le manager d’Elvis, semble très fier.

Puis on s’avance vers une autre pièce, en compagnie de plus de gardes que pour un parrain de la mafia. Elvis est là, la télé allumée, un écran géant ce qui est inimaginable en 1965. Il les salue. Vous voulez quelque chose à boire ? On s’assied en rond et quand le colonel demande une chaise pour Mr Epstein, le manager des Beatles, quinze gars se précipitent aussitôt avec autant de chaises.

Mais personne n’ose lancer le premier mot, les Beatles sont tétanisés. Finalement une question part, vous avez un projet de film ? Bien sûr ! Ça parle quoi ? Un gars du pays qui se promène avec sa guitare et qui rencontre quelques filles et chantent quelques chansons. Les Beatles échangent un regard interrogateur, c’est une blague ?, mais le Colonel Parker renchérit en disant : c’est vrai ! Les fois où on a changé de scénario, on a perdu de l’argent. Tout le monde se marre, la glace est brisée, du moins celle qui ne se trouve pas dans les verres. Bien sûr, on a amené des guitares, ils jouent ensemble, et pas que de la musique, au billard, aussi, évidemment. Vers 22 heures, Priscilla fait une apparition éclair mais remarquée, en tenue de soirée. On est bien à Hollywood. Puis elle disparaît après ce moment d’émotion, que n’a pas partagé George. Il n’a rien vu, penché sur sa guitare.

Comme le dira John, cette rencontre était une nécessité pour les Beatles, ils devaient tout à Elvis. Mais il faut bien dire qu’en 1965, ces mêmes Beatles apportent un tel changement dans la musique qu’ils mettent Elvis hors course pour la jeune génération. C’était il y a soixante ans. On disait alors que les Beatles et Elvis seraient oubliés en l’an 2000 mais ils sont toujours là, quelque part, avec nous.
Show more...
1 month ago
8 minutes

La Story Nostalgie
Beatles Anthology 2025 (Episode 4)
25 février 1964, George Harrison fête ses 21 ans. Le plus jeune de la bande des quatre a bien du mal à le croire quand on lui montre les 30.000 cartes postales et lettres reçues pour son anniversaire. Il a ensuite droit à une conférence de presse, les journalistes veulent tout savoir sur la fête de ce soir. Entre parenthèses, Georges recevra une montre de Brian Epstein le manager des Beatles qui depuis trois ans se coupe en quatre pour eux. Trois ans. Il s’en est passé des choses depuis cet automne 1961, c’était d’ailleurs à ce moment que John avait fêté ses 21 ans. Il avait reçu en cadeau de Paul, un hamburger et un coca, c’était alors tout ce qu’ils pouvaient s’offrir.

Oui, début 1964, les Beatles sont les gars les plus sollicités au monde. Comme ils disent, il y a dans une journée de quoi remplir l’agenda d’une semaine. On est passé du « personne ne veut de nous » à « tout le monde nous veut et tout de suite, maintenant ». Quelques jours après l’anniversaire de Georges, ils commencent le tournage de leur premier film en tant qu’acteurs, comme Elvis, une comédie loufoque, à l’humour limite Monty Python, dont ils vont composer et enregistrer les treize titres en neuf jours. Et donc, à un tel rythme, apparaît très vite la nécessité de prendre des vacances avant ce qui doit être leur première tournée mondiale. Mais où ? Impossible d’aller quelque part sans se faire accoster quand ce n’est pas carrément se faire sauter dessus par une horde de jeunes filles hurlantes. McCartney en est déjà à porter un chapeau, des fausses lunettes et une barbe postiche.

Si on allait dans les îles, au soleil ?

La bonne idée. Mais prudence. A la moindre fuite, la presse quotidienne mondiale va sortir ça, en feuilleton. On prend donc des billets d’avion avec deux destinations différentes pour éviter les rapprochements : Paul McCartney et Ringo Starr vont aux îles Vierges, dans les Antilles, avec leur compagne, tandis que George Harrison et John Lennon vont en Polynésie française sur un atoll perdu au milieu du Pacifique. Ca fait une paire d’avions à prendre, alors on se choisit des pseudos pour les réservations, à l’époque, c’était possible, mais non sans humour, Beatles oblige, ce qui nous vaut des Mrs Bond ou Mr Stone. Sauf que quand un douanier dit en regardant Mr Stone, alias Paul McCartney, mais ce n’est pas vous, ça, en montrant la photo, c’est l’incident. Ils ont mélangé leurs passeports. C’est vrai, dit Ringo, ils se ressemblent tous, ces carnets.

Mais bon, après quelques péripéties, tout le monde arrive à bon port, c’est le cas de le dire, ils ont chacun leur bateau pour profiter de la mer. Et c’est vrai que les photos dans les îles de John et George avec Cynthia et Pattie, blondes emblématiques des golden sixties, sont merveilleuses. Le premier matin quand George Harrison, qui a vécu les vingt premières années de sa vie dans une minuscule maison de corons, se retrouve en se levant dans le décor idyllique d’un lagon avec son eau transparente et ses cocotiers, il est émerveillé. Quant à John Lennon, ben, il n'en a rien à faire de rester allongé comme une crêpe sur la plage. Il a entrepris d’écrire un livre, il vient d’ailleurs de publier son premier. C’est vrai, dit-il, on va rentrer noirs comme des myrtilles et le lendemain, ça sera déjà parti, alors à quoi ça sert ? En plus, on sera pas reposés mais morts de fatigue avant de partir en tournée. Je m’en fous du soleil. Mais pas George, sans doute la raison pour laquelle sa chanson est, de loin, la plus écoutée des Beatles sur internet.
Show more...
1 month ago
6 minutes

La Story Nostalgie
Beatles Anthology 2025 (Episode 3)
Que vous soyez de Liège, Charleroi ou Bruxelles, imaginez-vous, devenu artiste, que vous ayez quitté votre ville pour y revenir quelques mois plus tard et que les trottoirs soient partout où vous passez, accueillis par une foule qui vous applaudit. Et ben c’est ce qui arrive aux Beatles en ce début d’été 1964. Ils viennent de boucler leur première tournée de l’autre côté de la Terre (Japon, Australie, Nouvelle Zélande) et voilà qu’ils reprennent un avion cette fois pour Liverpool pour la première de leur premier film, A Hard Days Night. Tout a été si vite. Qu’est-ce qui peut bien se passer dans la tête de ces petits gars qui ont la petite vingtaine, en voyant tous ces lieux qu’ils ont arpentés depuis tout môme, où ils ont eu une vie normale et anonyme, soudain remplis de gens de chez eux mais qu’ils ne connaissent pas et qui les acclament, alors que leur cortège de voitures se rend en centre ville depuis l’aéroport ?

Oh ils ont bien entendu des rumeurs comme quoi on leur en voulait d’être partis, qu’ils se croyaient trop bien pour eux maintenant qu’ils avaient le monde à leurs pieds. Et c’est vrai qu’ils l’ont. Un peu trop d’ailleurs. Et c’est à Liverpool que les Beatles prennent vraiment conscience du prix de la célébrité quand le succès prend de telles proportions : la fin de la liberté. Déjà, la liberté d’aller faire les courses dans un magasin ou d’aller au pub. Ce n’est plus possible sans entourage. Ou alors tout seul. Ca ils le découvrent avec surprise. Les gens s’imaginent que nous sommes toujours à quatre, alors quand on arrive seuls, souvent, ils ne nous reconnaissent pas.

Et aux Etats-Unis, où ils se rendent ensuite pour leur deuxième tournée, les choses prennent une tournure totalement hors de contrôle. C’est bien pire que les images pourtant célèbres qu’on a tous en tête lors de leur première visite l’hiver dernier avec la foule à l’aéroport et devant l’hôtel. Il est désormais à présent impossible aux Beatles de sortir sans escorte policière. On en est là.

Et si ce n’était que ça. Tout le monde veut les voir, en privé. Pas un gouverneur, un maire, un chef de la police qui ne souhaite que leur femme ou leurs filles rencontrent les Beatles. Comme cette fois où en pleine nuit, arrive à leur hôtel la femme du maire qui demande à voir les Beatles. On appelle Derek Taylor, leur attaché de presse qui descend. Mais madame, c’est impossible, ils dorment, ils ont un agenda de concerts, voyage et promo infernal, ils sont crevés. Réveillez-les ! Non ! Réveillez-les, je vous dis, ou j’ameute la presse.

C’est vrai, les images incroyables de ces années folles passent sous silence les nombreuses humiliations que les Beatles ont subies durant ces moments hors de la réalité que sont les tournées de superstar hors normes qu’ils étaient. Rien d’étonnant qu’au bout de trois ans, ils jetteront l’éponge et préfèreront se concentrer uniquement sur la création de leur musique, si particulière.
Show more...
1 month ago
6 minutes

La Story Nostalgie
Beatles Anthology 2025 (Episode 2)
On ne racontera jamais assez comment l’incroyable aventure des Beatles a failli cent fois prendre fin avant de trouver la voie du succès. Ainsi quand ces gamins rentrent quasiment les uns après les autres de leur première et longue série d’engagements à Hambourg. George Harrison qui n’était pas encore majeur a en effet été expulsé du territoire suite à une dénonciation aux autorités par le patron d’un bar avec qui ils s’étaient brouillés. Pete Best et Paul McCartney avaient été arrêtés peu de temps après, eux aussi, ils jouaient sans permis de travail, John Lennon et Stuart Sutcliffe, eux, étaient rentrés à Liverpool les derniers. C’est la débâcle. Paul voit les semaines passer sans nouvelles des autres. Personne ne semble appeler personne. C’est fini.

Ne reste pas comme ça. Trouve-toi un job, dit le père McCartney. Alors Paul trouve un. Les jours passent, l’hiver est bien avancé quand John et George arrivent chez Massey and Coggins, trouvant Paul en train de balayer la cour.

Tu viens ? On a trouvé un engagement au Cavern ?

Le Cavern est alors un club de jazz ouvert quelques années plus tôt dans les sous-sols d’un entrepôt, près des quais. Les jeunes s’y rendent pour écouter des groupes jouer en soirée et sur le temps de midi, on y sert du café et de la soupe, l’endroit est glauque mais c’est mieux que rien. D’ailleurs la vie pour les jeunes à cette époque, c’est rien.

J’peux pas, répond Paul, j’ai un job fixe maintenant. Je gagne 7 livres et 10 shillings par semaine, ils m’apprennent un boulot, j’peux pas rêver mieux.

John et George traînent Paul jusqu’au Cavern. Tu devrais arrêter de faire tout ce que dit ton père, lui dit John, dis-lui d’aller se faire foutre. Il ne va pas te tuer, il est trop vieux pour ça.

Paul sent la vibration du public, ce soir au Cavern Club. Et après avoir dormi dessus, il ne met plus un pied chez Massey and Coggins. Tant pis pour ce que son père va dire.

Le Cavern Club a annoncé sur les affiches une représentation unique des Beatles avec, en sous-titre, « directement débarqué de Hambourg ». Mais vous parlez drôlement bien Anglais, leur disent des filles après leur prestation. Tu te rends compte Paul, elles nous prennent pour des Allemands, rit John Lennon.

Oui, ce soir du 9 février 1961, les Beatles, que les trois quarts de la salle pensent être des Allemands, rencontrent leur premier vrai succès. Eux qui jusque-là, étaient le groupe de bal ou du bar, sont cette fois écoutés comme de vrais artistes, avec un public qui vient les voir après pour les féliciter. Et croyez-moi, ça fait du bien quand on sort de scène. Et oui, ils réalisent qu’ils ont changé en jouant six heures par soir durant trois mois sans interruption à Hambourg. Ils sont passés du bon groupe, comme les autres, à des gars qui font ce que personne ne fait. Hé les Beatles, bravo, hein, votre rock’n’roll, c’est autre chose que la bouillie de Cliff Richard, dit un Teddy Boy. Quant à leur nationalité allemande, il va falloir deux bonnes années pour que cette légende disparaisse, il faut dire que les Beatles vont encore retourner jouer plus de deux cents soirs à Hambourg. Et à chaque retour à Liverpool, le public sort du Cavern Club en se disant que non, décidément, personne ne met l’ambiance comme les Beatles.
Show more...
1 month ago
6 minutes

La Story Nostalgie
Depuis plus de 20 ans, Brice Depasse vous emmène dans les coulisses des légendes du rock, de la pop, et des années 70 et 80 dans. Ce podcast incontournable vous fait voyager à travers les époques, en vous dévoilant les anecdotes les plus croustillantes et les histoires fascinantes des plus grands artistes de notre temps.

Avec "La Story Nostalgie", plongez dans l'univers des icônes comme les Beatles, les Rolling Stones, Johnny Hallyday, Madonna, Queen, ou encore Michael Jackson. Brice Depasse vous raconte les récits inédits derrière les albums mythiques, les concerts légendaires comme Live Aid, et les moments de gloire des groupes qui ont marqué l’histoire de la musique. Découvrez comment Freddie Mercury a captivé le monde entier, comment ABBA a conquis les charts, ou encore les secrets de studio qui ont façonné des tubes intemporels.

Chaque épisode est une plongée passionnante dans le making-of des carrières de ces artistes exceptionnels, avec des histoires qui vous feront revivre les vibrations du rock des seventies, l'effervescence des eighties, et bien plus encore. Brice Depasse vous fait redécouvrir des albums cultes, des sessions d’enregistrement mémorables, et les concerts qui ont marqué toute une génération. Que vous soyez fan des ballades de Jean-Jacques Goldman, des envolées vocales de Céline Dion, ou des shows spectaculaires de Robbie Williams, "La Story Nostalgie" est votre passeport pour un voyage musical inoubliable.

Laissez-vous emporter par les récits fascinants sur des artistes comme Daniel Balavoine, Serge Gainsbourg, France Gall, Michel Sardou, et Blondie, tout en explorant les liens entre musique et cinéma, des bandes originales aux collaborations légendaires. Ce podcast vous fait revivre l’esprit de Woodstock, les folles tournées, et les sessions d'enregistrement qui ont donné naissance à des albums de légende.

Que vous soyez un nostalgique des seventies ou un amoureux des eighties, "La Story Nostalgie" est le rendez-vous incontournable pour tous les passionnés de musique. Branchez vos écouteurs et laissez Brice Depasse vous raconter ses histoires inédites.