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L'interview matinale
Mathieu Romain
299 episodes
2 days ago
« Découvrez ‘l’Interview Matinale’ de Re2m en format podcast. Animée par Mathieu Romain, cette série de podcasts vous offre des conversations enrichissantes avec les acteurs locaux de l’Entre-Deux-Mers. De l’innovation en agriculture à la vitalité culturelle, nos invités vous apportent un éclairage unique sur les initiatives qui façonnent notre région. Écoutez pour mieux comprendre, partagez pour mieux agir. Rejoignez-nous chaque semaine pour une nouvelle édition de ‘l’Interview Matinale’. »
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« Découvrez ‘l’Interview Matinale’ de Re2m en format podcast. Animée par Mathieu Romain, cette série de podcasts vous offre des conversations enrichissantes avec les acteurs locaux de l’Entre-Deux-Mers. De l’innovation en agriculture à la vitalité culturelle, nos invités vous apportent un éclairage unique sur les initiatives qui façonnent notre région. Écoutez pour mieux comprendre, partagez pour mieux agir. Rejoignez-nous chaque semaine pour une nouvelle édition de ‘l’Interview Matinale’. »
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Episodes (20/299)
L'interview matinale
Jazz o’Five : Quand le théâtre le 5bis se mue en club de jazz
2 days ago

L'interview matinale
Amandine Blaise : Du bistouri au polar, l’art de la double vie
3 days ago

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Simon et Carole : quand la radio réveille la Gen Z
4 days ago

L'interview matinale
Le Chat Réolais : 1 an d’action pour la protection féline à La Réole
1 month ago

L'interview matinale
Défi d’Elles 2026 : Jenna Rodriguez brave le Grand Nord contre la maladie de Charcot
1 month ago

L'interview matinale
Foire aux Délices de Monségur : le retour d’une tradition gourmande et artisanale
1 month ago

L'interview matinale
Drôle d’APEI illumine Saint-Brice avec son Marché de Noël
1 month ago

L'interview matinale
Priscilla, la scientifique devenue Reine : Une ambassadrice O’Réel Courbes loin des clichés
1 month ago

L'interview matinale
Christian Leduc, nouvel album : « Écoute émois »
Christian Leduc : L’Artisan qui Réparait les Vivants
Il y a des artistes qui entrent en studio comme on entre dans une forteresse, pour s'isoler du monde et polir la perfection. Et puis il y a Christian Leduc. Lui entre dans la musique comme on pousse la porte d'un bistrot de quartier : pour y trouver de la chaleur, du bruit, et surtout, des gens.
Assis face au micro, d'une humilité désarmante, Christian ne vient pas vendre un produit. Il vient raconter une survie. Son deuxième album, Écoute émois, n'est pas un disque ; c'est une main tendue au-dessus du vide, un témoignage brut de vingt années passées à recoudre le lien social là où il s'effiloche.

De la "mortifère" administration à la scène
L'histoire de Christian Leduc est celle d'une rupture nécessaire. En 2006, alors qu'il travaille dans l'administration, son corps et son esprit disent stop. Le mot qu'il utilise pour décrire cette époque claque comme une porte de prison : « Mortifère ». Le burn-out n'est pas une fin, c'est le début de sa mue. Pour ne pas sombrer, il faut choisir la vie. Pour Christian, la vie a le son d'une guitare acoustique.
Il n'est pas un virtuose, il le confesse avec un sourire en coin, se rappelant ses débuts où il reculait devant le micro par peur de s'entendre. Mais il possède quelque chose que la technique n'enseigne pas : l'urgence de dire. De ses premiers textes d'adolescent aux concerts dans les EHPAD, il a transformé sa fragilité en force motrice. Il ne chante pas pour être admiré, mais pour être avec.

L'antidote à la froideur numérique
Écoute émois est un album anachronique, dans le sens le plus noble du terme. À l'heure où l'on corrige la moindre fausse note sur ordinateur, Christian a fait le pari du danger : l'enregistrement live.
« En studio, j'aurais eu froid », lâche-t-il. Il lui fallait l'énergie de la scène, les imperfections du direct, le souffle du public. Enregistré en une seule prise chez l'habitant, dans une petite salle à manger du Sud-Gironde bondée d'amis et de voisins, cet album capture l'instant. On y entend la vie, sans filtre. C'est rugueux, c'est vrai, c'est humain.
Ce choix radical reflète sa philosophie. Dans un monde qu'il qualifie de « malade », où l'on communique par écrans interposés, Christian Leduc oppose la présence physique. Son engagement ne s'arrête pas aux paroles de ses chansons ; il se vit dans les assemblées de Gilets Jaunes, dans les luttes sociales, dans les regards échangés. Pour lui, la musique est un prétexte pour faire société, pour transformer des « je » solitaires en un « nous » solidaire.

Une œuvre collective
Ne lui parlez pas de réussite individuelle. Si Christian porte le projet, il s'efface volontiers derrière le collectif qui l'a porté. De Tom Gayet au son, à Jilou, Gino et l'équipe de Chez Simone qui diffuse son travail, chaque nom qu'il cite est une brique de sa maison.
L'objet physique lui-même — un CD accompagné d'un livret en accordéon d'un mètre vingt, illustré par son ami Ginès Maldonado — est un pied de nez à la dématérialisation. C'est un objet qu'on déplie, qu'on touche, qu'on regarde. Comme cette chanson, Milo, née d'une rencontre improbable dans un bar breton avec un "transistor de bière", un pilier de comptoir devenu muse. Christian transforme les accidentés de la vie en poésie.
Christian Leduc ne changera peut-être pas le monde d'en haut, celui qui est verrouillé. Mais en bas, à hauteur d'homme, armé de sa guitare et de sa sincérité, il continue inlassablement de retisser ce qui nous lie. Écoute émois n'est pas une injonction, c'est une invitation à s'asseoir à sa table et à se sentir, enfin, un peu moins seul.
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1 month ago

L'interview matinale
Lyvia Palay : L’écriture comme promesse d’évasion
La Tisserande d’Espoir : Dans l'univers de Lyvia Palay
Rencontrer Lyvia Palay, c'est d'abord accepter de ralentir. C'est accepter l'idée que la littérature n'a pas besoin d'être bruyante pour être percutante. L'autrice de Duo de Choc et Trio de Choc porte en elle une sérénité communicative, celle de qui a trouvé sa place au milieu des mots. Lorsqu'elle évoque son parcours, ce n'est pas une carrière qu'elle décrit, mais une nécessité intime qui a pris forme.

L'Alchimie de l'Évasion Immobile
Lyvia se définit avant tout comme une "amoureuse des mots". Son moteur ? Une conviction profonde que la fiction est le véhicule le plus puissant pour voyager. "Il n'y a pas meilleur endroit qu'un bon livre pour s'évader tout en restant où l'on est", confie-t-elle. Cette phrase n'est pas une simple formule ; c'est la clé de voûte de son architecture narrative. Que ce soit dans les péripéties bordelaises de Julie ou les destins croisés du Hasard sur le toit, elle cherche à offrir cette parenthèse enchantée, ce moment de suspension où le lecteur quitte son quotidien pour habiter une autre vie, plus lumineuse.

Au Cœur de "Cette partie de moi"
Avec son dernier roman, Cette partie de moi, Lyvia semble franchir un nouveau cap. Si l'on retrouve sa signature — cette bienveillance qui agit comme un baume —, on devine une exploration plus vulnérable de l'âme humaine. Elle ne se contente plus de divertir ; elle touche à la corde sensible de l'identité. Son écriture, que ses lecteurs qualifient souvent de "remplie d'émotions" et portée par un "optimisme" inébranlable, gagne ici en densité. Elle sculpte des personnages qui nous ressemblent, avec leurs failles et cette capacité de résilience qu'elle chérit tant.

Le Courage de l'Indépendance
Il y a une forme de bravoure tranquille chez Lyvia Palay. Choisir l'auto-édition n'a pas été un choix par défaut, mais une affirmation de soi. "Je me suis lancée dans l'aventure (...) pour vivre mon rêve, confronter mon roman à des avis de lecteurs de tous âges", explique-t-elle. Cette démarche révèle une force de caractère insoupçonnée : celle d'oser s'exposer sans filet, animée par le seul désir de "permettre aux lecteurs de s'évader de leur quotidien".
C'est un pari réussi. Aujourd'hui, Lyvia Palay n'est plus seulement une "livreaddict" qui écrit ; elle est devenue une voix qui compte pour sa communauté. Elle incarne cette littérature du lien, celle qui ne cherche pas à impressionner par des effets de style alambiqués, mais à toucher juste, droit au cœur. En la lisant, comme en l'écoutant, on retient surtout cette promesse implicite : peu importe les aléas, il y a toujours une page blanche pour réécrire l'espoir.
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1 month ago

L'interview matinale
Alain Viccente : portrait d’un chanteur en pleine renaissance
Alain Viccente, la renaissance à l'instant présent
L'interview s'est calée "au débotté", dans l'urgence souriante d'un emploi du temps de musicien. Alain Viccente est arrivé en scooter, non pas de Blaye comme on le pensait, mais de Belin-Béliet. Une anecdote qui résume l'homme : il vit dans l'imprévu, à l'écoute de ce que le moment propose. Sur la photo, sous une arche de pierre, son sourire franc et son blouson rouge vif tranchent avec la grisaille du jour. Il y a de la chaleur dans son regard, la même que l'on entend dans sa voix posée, celle d'un homme qui a choisi sa route.
Et quelle route. Alain Viccente est chanteur, mais il se définit surtout par ce qu'il refuse : "Je ne veux pas m'ennuyer". Il a connu la vie rangée, le travail "dans le bâtiment", où l'on va "toujours au même endroit, rencontrer toujours les mêmes personnes". Une vie qu'il a quittée pour celle, plus précaire mais infiniment plus riche à ses yeux, de "saltimbanque".
"Parcourir les routes, rencontrer des gens, s'enrichir". Voilà son moteur. Il concède que l'incertitude du lendemain peut être "anxiogène", mais il retourne aussitôt la proposition : "C'est ça qui est intéressant".

La philosophie de l'instant
Cette philosophie est devenue le cœur de son art. Après trois albums de reprises, son premier disque de compositions s'appelle logiquement "L'instant présent". Un titre comme un mantra. "Faut pas attendre demain pour vivre ce qu'on veut vivre aujourd'hui", explique-t-il. C'est à la fin des années 90 qu'il a ce déclic : il réalise qu'on peut "en vivre". Pas seulement survivre, mais "vivre en faisant ce qu'on aime".
Pour lui, le rôle de l'artiste, de "l'interprète", est là. Transmettre. Ce qu'il souhaite offrir au public avant que le rideau ne se lève ? Sa réponse fuse, sans hésitation : "De l'amour". Il croit au "poids énorme" qu'une chanson peut avoir dans une vie, à cette capacité unique de la musique à être un "guide".
Cette envie de communiquer, il la porte depuis l'enfance. Il raconte, amusé, ce que sa mère lui a rapporté : tout petit, il voulait déjà monter sur scène, réclamant qu'on l'écoute. Une anecdote qui fait écho à un environnement familial foisonnant, lui qui a grandi au milieu des "troupes", son père étant électricien pour des artistes comme Coluche.

Une "Renaissance" en préparation
Aujourd'hui, Alain Viccente vit un nouveau chapitre. Il travaille sur un deuxième album de compositions. Le mot qu'il emploie pour le décrire est fort : une "renaissance". L'album est né d'un tournant personnel majeur, une récente séparation qui l'a amené à "changer de vie".
"J'ai eu envie d'en parler avec Thierry [Brenner, son auteur], de se poser. Et il a compris avant que je finisse mes phrases", confie-t-il. Le résultat l'a bouleversé. Ce n'est pas une rupture avec son album précédent, mais son prolongement logique. L'homme qu'il était il y a quatre ans n'aurait "pas pris cette direction". L'homme d'aujourd'hui, lui, l'embrasse pleinement.
S'il reste fidèle à son histoire, Alain Viccente continue d'avancer, toujours en mouvement, comme sur ce scooter qui l'a amené au studio. L'instant présent est devenu une nouvelle page, et il est en train de l'écrire.
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1 month ago

L'interview matinale
Alingo Jazz : le Big Band qui fait vibrer le Sud-Gironde
Alingo Jazz, La note bleue du Sud-Gironde
Ils sont venus au studio « au débotté », comme on règle une affaire de musiciens : à l'instinct et dans l'urgence. L'image les montre souriants, un peu saisis par le vent d'automne, tenant fièrement l'affiche de leur projet. À gauche, Fred Balsez, le cheveu long que le journaliste taquine gentiment, silhouette de rocker et voix de velours. À droite, Francis Fouchy, l'œil vif, l'enthousiasme en bandoulière, venu soutenir l'ami et le projet.
Ces deux-là, « musiciens de longue date » qui se connaissent depuis « 30 ou 40 ans », sont les visages de l'Alingo Jazz Big Band. Un pari un peu fou : monter un grand orchestre de jazz, un vrai, avec cuivres et discipline, en plein Sud-Gironde.

Le son d'une passion
Le projet est né il y a environ trois ans, d'une évidence pour Frédéric "Fred" Balsez. « C'est notre musique, c'est notre passion », explique-t-il d'une voix posée, celle d'un homme qui a passé des décennies « dans le bal ». Après avoir animé les week-ends de la région dans des orchestres de variété, le retour au jazz s'imposait.
Car Fred est un chanteur. Un crooner. Et pour celui qui reprend les standards de Michael Bublé ou Frank Sinatra, le Big Band n'est pas une option, c'est l'écrin. « C'est un petit peu mon truc », glisse-t-il pudiquement.
Monter la machine n'a pas été simple. Le Sud-Gironde n'est pas Broadway. « Au début avec difficulté », concède-t-il. Il a fallu taper aux portes des connaissances, « créer un petit noyau », le faire grossir, puis se faire aider par des musiciens professionnels extérieurs pour solidifier l'ensemble.
Aujourd'hui, l'Alingo (le nom celte de Langon, pour marquer l'ancrage) Jazz Big Band est une réalité. Quinze personnes sur scène : un chanteur, une section rythmique (pianiste, batteur, bassiste) et une forêt de cuivres. Quatorze instrumentistes, dont des professeurs d'école de musique venus de Bazas, Sauveterre ou Mérignac, qui se plient à un exercice exigeant.

L'art de la discipline
C'est Francis Fouchy, trompettiste dans l'orchestre et ancien président de l’harmonie Sainte-Cécile, qui insiste sur ce point : un Big Band, ce n'est pas une jam session. « Il y a une lecture », martèle-t-il. Tout est écrit, arrangé. « Il y a quatre trombones, il y a quatre trompettes... », énumère-t-il, soulignant la nécessité d'une cohésion absolue pour que « ça sonne ».
L'objectif n'est pas de rejouer le passé à la note près. Fred Balsez, qui s'occupe aussi des arrangements, veut dépoussiérer le genre. Si le répertoire puise dans les classiques, il s'aventure aussi vers des « arrangements modernes ». L'orchestre ose même des reprises « très rock », de Bon Jovi par exemple, mais entièrement réarrangées pour la puissance du Big Band. Une manière de briser les chapelles et de prouver que ce son, massif et sophistiqué, est intemporel.

Un rendez-vous accessible
Leur prochain grand rendez-vous est fixé au dimanche 30 novembre, à 16 heures, à la Salle Simone Veil de Sauveterre-de-Guyenne. Un horaire inhabituel, choisi pour attirer un public plus large. « Le soir très tard, les gens d'un certain âge se déplacent pas trop. C'est un peu dommage parce que quelque part, c'est un peu leur musique », analyse Fred.
L'après-midi permet « aux enfants de venir aussi », de transformer le concert en sortie familiale. Francis Fouchy espère y voir les élèves des écoles de musique locales, pour qu'ils découvrent « comment ça travaille ». Il y a même, glisse Fred, « des places libres en bout de chaque pupitre » pour de jeunes musiciens qui voudraient tenter l'aventure.
Pour 15 euros (et 10 euros pour les élèves des écoles de musique et leurs parents), l'Alingo Jazz Big Band promet une « masse sonore » enthousiasmante. Bien plus qu'un concert, c'est une invitation dans le rêve patiemment construit par Frédéric Balsez, l'artisan, le musicien, l'élu local, et surtout,
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1 month ago

L'interview matinale
Fooxyla : L’illustratrice qui dessine pour la cause des renards


 
Laure Jehenne, connue sous le pseudonyme de Fooxyla, est une illustratrice de 27 ans installée à Bordeaux. Spécialisée dans l'illustration jeunesse, elle a récemment canalisé sa passion pour les animaux dans un projet unique : la création d'un jeu de tarot dédié aux renards, en soutien à un refuge.
 

 
Un parcours du design graphique à l'illustration jeunesse
Initialement formée en design graphique dans le nord de la France, Fooxyla a vite réalisé que la création de logos et de publicités ne la comblait pas. « J'avais pas forcément envie de faire ça toute ma vie », confie-t-elle. C'est ainsi qu'elle s'est tournée vers l'illustration, un domaine qui lui correspondait mieux. Elle a poursuivi ses études à Bordeaux, où elle a obtenu un bachelor en illustration numérique et traditionnelle.
Son style, elle l'a trouvé progressivement, notamment en deuxième année d'études. Inspirée par ce qu'elle voyait sur les réseaux sociaux comme Instagram et Pinterest, elle a été séduite par l'univers de l'illustration jeunesse. « L'illustration jeunesse c'est trop mignon, c'est trop cool, donc pourquoi pas partir là-dedans », explique-t-elle. Si au début elle dessinait surtout des personnages, un stage centré sur les animaux de compagnie a été un tournant. Pendant deux mois, elle a intensivement illustré des animaux, ce qui a confirmé son attrait pour cet univers.

Des animaux et des conventions pour vaincre la timidité
Aujourd'hui, Fooxyla partage ses créations via sa boutique en ligne où elle propose des affiches décoratives et des produits dérivés comme des marque-pages ou des stickers. Elle expose également dans des boutiques bordelaises et participe à de nombreux événements. Elle a constaté que les conventions, comme celles sur la culture japonaise, fonctionnent mieux pour elle que les marchés de créateurs.
Ces rencontres avec le public ont été essentielles pour elle. D'une nature « assez timide », ces événements lui ont permis de sortir de sa coquille. « Ça permet vachement de vaincre sa timidité et puis de rencontrer des nouveaux créateurs », affirme l'artiste, qui encourage les jeunes talents à se lancer.

Le Clos des Renardises : une rencontre inspirante
Le renard est l'animal fétiche de Fooxyla, une passion qui a même inspiré son pseudonyme. Un jour, en naviguant sur Instagram, elle découvre le « Clos des Renardises », un refuge situé à Douzillac en Dordogne qui recueille des renards. Touchée par leur travail, elle décide de les contacter pour proposer un projet artistique.
Le courant passe immédiatement avec les responsables du refuge. Lors de sa visite, elle a un coup de cœur pour une renarde nommée Lune. Cette rencontre, mêlée à son intérêt pour la cartomancie, lui donne l'idée de créer une carte de tarot à l'effigie de l'animal. Le projet a rapidement évolué : « Je vais pas juste faire une carte pour faire une carte, autant faire tout le tarot ». C'est ainsi qu'est né le projet du « Tarot des Renards », un jeu complet de 22 arcanes majeurs où chaque carte est un hommage aux pensionnaires du refuge, intégrant subtilement des éléments de leur environnement comme les poulaillers ou les chariots. 

Une campagne pour donner vie au projet
Pour concrétiser ce jeu de tarot, Fooxyla a lancé une campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule, qui se terminera le 9 décembre. L'objectif est de récolter 1300 euros pour imprimer 50 exemplaires du jeu. Plusieurs paliers de contribution sont proposés : dès 5 euros, le nom du donateur est inscrit dans le tarot, et pour 30 euros, il est possible de recevoir le jeu complet avec son étui illustré.
Ce projet est, selon ses propres mots, l'un de ses « plus gros projets ». Il est possible de suivre son travail sur son compte Instagram (Show more...
2 months ago

L'interview matinale
Mike & Riké à la Salle Simone Veil : Le concert qui finance l’utopie culturelle du Collectif LPF
Mike & Riké à la Salle Simone Veil : Le concert qui finance l'utopie culturelle du Collectif LPF
Le 8 novembre prochain, la Salle Simone Veil accueillera un événement unique : un spectacle de Mike & Riké, les voix emblématiques du groupe Sinsemilia. Mais derrière cette affiche se cache une initiative locale bien plus large, portée par Xavier, Sabine et près d'une trentaine de bénévoles du Collectif LPF. Leur mission : prouver que la culture de qualité peut être gratuite et accessible à tous en milieu rural. Ce concert est l'une des clés de voûte de leur système.

Rencontre avec un collectif qui transforme l'engagement en action.
Un Spectacle, Pas (Seulement) un Concert
Que les fans se préparent : la soirée du 8 novembre n'est pas un concert classique de Sinsemilia. "C'est un spectacle", insiste Xavier, président du Collectif LPF. Sur scène, Mike et Riké proposent une forme hybride, un "pot-pourri d'expressions artistiques" qui mêle musique, humour et émotions.

Le duo y raconte son histoire, celle de deux gamins qui se sont rencontrés à 9 ans et ont bâti une carrière inattendue. C'est une soirée intime pour "rigoler et chanter", qui retrace un parcours de vie hors du commun.

Pour lancer la soirée, le public découvrira en première partie Les Passants de Bohème, un groupe acoustique originaire de Libourne.

Les informations pratiques :

* Quoi : Spectacle de Mike & Riké (de Sinsemilia)
* Quand : Le 8 novembre
* Où : Salle Simone Veil, Sauveterre-de-Guyenne
* Tarifs : 17 € pour les adultes, 10 € pour les enfants
* Réservation : Les places étant limitées, il est fortement conseillé de réserver ses billets en ligne, soit via HelloAsso, soit sur le site officiel de Mike & Riké.

La Philosophie LPF : Le Payant au Service du Gratuit
Si ce spectacle est payant, c'est pour une raison fondamentale qui définit l'ADN du collectif. L'objectif premier de LPF est d'organiser "Le Petit Festival", un événement de musique, d'arts de rue et d'expositions qui se tient fin juin à Ruch. La valeur cardinale de ce festival est sa totale gratuité.

"La culture pour nous, c'est un élément essentiel", explique Xavier. "Et le fait de l'amener gratuitement au sein des villages et de la ruralité, c'est notre valeur, notre 'leitmotiv'".

Mais la gratuité a un coût. Face à des subventions de plus en plus difficiles à obtenir, le collectif a dû innover. "Il faut un petit peu trouver des solutions internes", confie Xavier.

Pour financer leur grand-messe gratuite de juin, qui a attiré 2000 visiteurs lors de sa dernière édition, le collectif organise donc d'autres événements payants au cours de l'année. Le concert de Mike & Riké en est le parfait exemple. "On a aussi un repas concert au mois de mai", ajoute Sabine, "et on a organisé notre premier tournoi de poker en octobre".

Chaque billet acheté pour le 8 novembre est donc un soutien direct pour assurer la pérennité et la gratuité du Petit Festival.
Du "Conseil des Neuf" à 30 Bénévoles Passionnés
L'aventure LPF a commencé modestement. "Au départ, c'était l'association des papas des écoles", raconte Sabine. En 2019, neuf pères de famille lancent la première édition. Après une pause forcée en 2020, l'association s'est transformée en "Collectif LPF" en 2021.

Aujourd'hui, le "conseil des neuf" papas est toujours là, mais il a été rejoint par de nombreuses forces vives, y compris les mamans et d'autres amis. Le collectif compte désormais près de 30 membres actifs et s'est même récemment ouvert à des bénévoles externes pour l'organisation.

Leur recette pour durer sans s'épuiser ? "On est là aussi pour se faire plaisir", martèle Xavier. Le groupe fonctionne par commissions (artistique, budget, communication) pour répartir la charge.
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2 months ago

L'interview matinale
Karine Lumeau : le bien-être, les « perchés » en moins
La spiritualité les deux pieds sur terre
Dans le monde en pleine expansion du bien-être, où le "flottant" et le "perché" peuvent parfois décourager les plus pragmatiques, une voix s'élève, posée et claire. C'est celle de Karine Lumeau. Médium et énergéticienne, elle est aussi—et c'est là que tout son projet prend son sens—une organisatrice passionnée.

Son projet, c'est le Salon du Bien-Être de Sauveterre-de-Guyenne. Un événement qu'elle chérit au point de l'avoir dédoublé. "Avant, c'était un par an," confie-t-elle avec une chaleur dans la voix qui trahit un plaisir simple et profond. "Mais j'aime ça, organiser." Elle est donc passée à deux éditions annuelles, une au printemps et une en novembre, celle du 23 novembre prochain étant la 6ème édition.

Karine Lumeau n'est pas une organisatrice comme les autres. Elle est l'architecte d'une ambiance.
La Gardienne du Lieu
Ce qui frappe chez elle, c'est l'alliance de la mystique et du concret. Elle parle de ses exposants, de la logistique, des 25 stands qu'elle doit agencer à la Salle Simone Veil. Elle explique son choix, mûrement réfléchi, de ne pas diffuser de musique. "Pour ne pas que ça devienne un bruit de fond," dit-elle d'un ton pratique. "Pour que les gens puissent discuter et que les exposants puissent travailler."

Puis, avec ce même ton pragmatique, comme s'il s'agissait de passer le balai, elle glisse le détail qui change tout : "Avant que le salon commence, je nettoie énergétiquement la salle. Et également le parking."

Elle le fait pour "l'assurance" des visiteurs et des exposants de "passer un bon moment". C'est sa compétence de médium et d'énergéticienne mise au service du collectif. Cette action, qu'elle pratique depuis les éditions précédentes, elle l'a vue faire la différence. "C'est le petit truc en plus," sourit-elle.

Cette protection du lieu est loin d'être un gadget. Elle raconte, presque en aparté, cette anecdote d'une visiteuse qui, lors de l'édition passée, "balançait certaines saloperies" en touchant les stands. "On l'a gentiment invitée à sortir." Karine Lumeau n'est pas seulement une hôte ; elle est la gardienne de l'énergie du lieu.
"Pas de discours perché"
Cette rigueur, elle l'applique avant tout à sa sélection. C'est son combat. Son salon se veut une porte d'entrée, un lieu où la curiosité ne doit jamais être accueillie par du jargon ou de la condescendance.
"Je veux que ce soit accessible à tout le monde," martèle-t-elle, sa voix se faisant plus ferme. "Ceux qui ont un discours perché, c'est non."
Elle traque les "perchés chelou", ces praticiens qui, selon elle, desservent la profession. Sa méthode de sélection est directe. "Même si je ne les connais pas, je vais voir leur page Facebook, leur site... et je les appelle systématiquement." Sa jauge est simple : "Je leur demande de m'expliquer leur pratique. Si même moi, j'ai rien compris, c'est pas possible."

Elle ne recherche pas des vendeurs, mais des passionnés "en accord avec leur pratique", qui ne cherchent pas à "vendre à tout prix".

Le résultat est un salon à son image : ancré, authentique et sécurisant. Le 23 novembre, 25 exposants (dont 9 nouveaux) et 11 conférences (sur les annales akashiques, les constellations familiales, l'astrologie...) se déploieront dans cet espace qu'elle aura méticuleusement préparé, tant sur le plan physique qu'énergétique.

De la lithothérapie à la communication animale, en passant par une tombola et des options végétariennes à la buvette (une demande des exposants qu'elle a, bien sûr, écoutée), le salon de Karine Lumeau n'est pas juste un événement. C'est la manifestation concrète de sa vision : un bien-être qui s'adresse à l'esprit, sans jamais décoller du sol.
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2 months ago

L'interview matinale
Teen Party Gornac : Yann Jarry réinvente la fête pour ados
Teen Party Gornac : Yann Jarry réinvente la fête pour ados
Il y a deux hommes en Yann Jarry. Il y a celui qui "murmure à l'oreille des chevaux", un homme posé, connecté à la terre. Et puis il y a "Yann Khay", le DJ qui fait vibrer les platines et les foules. Deux casquettes, deux univers, mais un seul moteur : la passion.

Quand on écoute Yann Jarry parler, on n'entend pas un entrepreneur en quête de profit, mais un passionné presque surpris de son propre succès. Sa voix est calme, son rythme réfléchi. Il est l'incarnation de cette idée que "l'argent c'est une conséquence, c'est pas une quête". C'est cette philosophie qui est au cœur de son projet le plus personnel : la Teen Party.
Plus qu'une fête, une "initiation"
L'idée est née d'un constat simple. Que propose-t-on aux 12-17 ans ? Comment apprennent-ils à "faire la fête" ? Pour Yann, la réponse ne devait pas être le vide, mais un cadre. Un "espace de fête et sécurisé" qui sert un double objectif.

Le premier, c'est le plaisir. Le second, plus profond, est une mission qu'il prend très à cœur : "éduquer aussi les jeunes à la fête pour l'après".

Il s'agit d'apprendre à s'amuser "sans l'alcool, sans tous ce qui est un petit peu produits dérivés". Yann utilise une métaphore puissante, celle de la cocotte-minute. En offrant un espace pour "relâcher la pression" régulièrement et en sécurité, on évite que ces jeunes "explosent" à 18 ans, lors de leur première vraie sortie. C'est de la prévention par le plaisir.
Le succès de la sécurité
La première édition, en avril, a été un succès retentissant. Près de 80 ados ont répondu présents. Mais le vrai triomphe, c'est la confiance gagnée auprès des parents. "On a aussi des gens qui étaient en attente," explique Yann, "en attente de voir au niveau de la sécurité". Les retours ont été si positifs que la sécurité a été "encore renforcée" pour la suite.

Cette sécurité n'est pas rigide ; elle est bienveillante. Yann décrit avec chaleur comment des bénévoles, comme sa compagne, prennent le temps d'aller chercher les jeunes plus timides (souvent les garçons, l'audience étant à 80% féminine) pour les "aider un petit peu à danser". L'objectif est que personne ne reste dans son coin.
Halloween : l'édition spectacle
Fort de ce succès, Yann Khay remet le couvert. Et pour la deuxième édition, il a choisi le 31 octobre. Le thème d'Halloween n'est pas un prétexte, c'est une promesse de spectacle.

Il parle de transformer la salle des fêtes de Gornac au point qu'on ne la reconnaisse plus. Au programme : show visuel, projection, machine à fumée lourde pour un "nuage au sol", et même des "performers" et des "robots sur échasses". Les jeunes sont invités à venir déguisés (ou à se faire maquiller sur place) pour tenter de gagner le concours du meilleur costume.

Pour rendre l'événement encore plus accessible, le format a été ajusté : de 20h à minuit, et le prix baissé à 10 euros, incluant boissons et bonbons. "Pas d'échange d'argent sur place", la fête est tout compris.

Le succès de l'initiative a déjà attiré l'attention de la communauté de communes, qui envisage d'exporter le concept. C'est la preuve que l'intuition de Yann Jarry était la bonne. En alliant ses deux passions – la bienveillance du "chuchoteur" et l'énergie du DJ – il n'a pas seulement créé une soirée. Il a créé un précédent. Un lieu rare où les ados peuvent être des ados, et où les parents peuvent, enfin, souffler.
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2 months ago

L'interview matinale
Jean Perinotto : 50 ans de vélo loisir à Monségur
Jean Perinotto : 50 ans de vélo loisir à Monségur
Dès les premiers mots, Jean Perinotto pose le cadre. Non, il n'est pas venu parler de compétition, de performance ou de chronomètre. Il est venu parler de "vélo loisir". Il y a une insistance douce dans sa voix, celle d'un homme qui ne cherche pas à convaincre mais à préciser une philosophie de vie. Sa voix est posée, chaleureuse, elle porte l'accent et la tranquillité d'un terroir.

Jean Perinotto est le président de la section vélo loisir du Sporting Club Monségur. Le mot-clé est "loisir". Il le définit avec une simplicité désarmante : "C'est d'abord, c'est à la portée de tout le monde." On roule "tranquille", 40 km tout au plus le mercredi. "On s'arrête, il y a quelque chose à voir, on s'arrête."
La mémoire du bénévolat
Lorsqu'on lui demande depuis quand il est là, il répond par une plaisanterie qui révèle tout. "Hélas !", lance-t-il dans un sourire audible, avant de confirmer qu'il était là aux origines, en 1977, quand l'association est née au foyer rural de Saint-Vivien-de-Monségur, avant de rejoindre le Sporting Club de Monségur en 1980.

Il s'apprête à boucler sa 50ème année de présidence. "Pas de lassitude", confirme-t-il. Car avant d'être président, Jean Perinotto est "bénévole". Il l'est depuis 64 ans.

Sa passion pour le vélo est indissociable de son amour pour la vie associative, la vraie, celle d'avant. Sa voix se charge de nostalgie quand il évoque sa jeunesse au foyer rural : les "chars fleuris" qu'ils construisaient tout l'hiver pour la cavalcade de Marmande, les "fameux bals d'hiver" où venaient "de très beaux orchestres" et même le comité Miss France. "On passait des soirées formidables", souffle-t-il.

Il porte en lui le souvenir d'une époque où la "distraction" se créait, où la convivialité était un acte. Il voit le contraste avec aujourd'hui, où la peur et les écrans retiennent les jeunes à l'intérieur. Ses propres enfants lui disent : "Mais vous, dans les années 80, qu'est-ce que vous vous amusiez bien !" Le club de vélo, comme le foot ou le handball, est pour lui un rempart, une façon de "faire sortir" les gens, de recréer ce lien.
L'esprit du club : le cyclocross de Jean-Paul
Aujourd'hui, l'esprit du club tient en une anecdote. Il y a 52 adhérents, des retraités le mercredi ("les pauvres, ils travaillent", dit-il des actifs) et des plus jeunes le dimanche pour des sorties plus longues et du VTT. Mais sur ces 52 membres, il n'y a qu'un seul compétiteur : Jean-Paul.

Jean Perinotto l'a lui-même formé au cyclocross, une discipline qu'il a pratiquée pendant 35 ans. Alors, le club continue d'organiser un cyclocross, le 23 novembre à Comon. Pourquoi ? "Tant qu'il pourra courir, on va continuer à organiser", explique le président avec une affection amusée.

Tout est dit. Le Sporting Club Monségur Vélo Loisir n'est pas un club de performance, c'est une famille qui organise une course pour le plaisir d'un seul de ses membres.

Pour le reste, la philosophie est simple. On se retrouve Place du 8 Mai, le mercredi ou le dimanche, 9h en hiver, 8h30 en été. On décide du parcours sur place – "Allez, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui ?" – en faisant juste attention à ne pas partir "face au soleil", pour la sécurité. L'assurance de la fédération couvre même les deux ou trois premières sorties d'essai. Car l'important, comme lors de la journée "Sport Nature" du 1er mai, c'est de découvrir la région, "sous-bois, vignes, pruniers, noisetiers", et de se retrouver à midi pour le "repas grillade", pour que "l'accueil soit convivial".
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2 months ago

L'interview matinale
Christophe Miqueu : Penser la laïcité au-delà du slogan
Christophe Miqueu : Penser la laïcité au-delà du slogan
Christophe Miqueu se présente d'emblée non pas comme un auteur, mais comme un "enseignant-chercheur". C'est là toute la clé. Maire de Sauveterre-de-Guyenne, il est avant tout un universitaire, à l'université de Bordeaux, spécialisé en philosophie politique et en philosophie de l'éducation. Son moteur n'est pas l'opinion, mais la "complexification". Dans un débat public qui tend à simplifier, il prend le chemin inverse : celui de la recherche, de l'histoire et de la nuance.

Son nouvel ouvrage, "Aux sources de la République laïque" (éd. Le Bord de l'eau), n'est pas un livre de plus sur un sujet inflammable. C'est le fruit d'un long "chemin", l'aboutissement de "travaux de recherche" visant à déconstruire les évidences. Pour lui, la laïcité n'est pas un bouclier ou une arme ; c'est un "principe d'organisation de la vie commune" dont on a oublié les multiples facettes.
Laïcité et Égalité : le lien perdu
Quand on lui demande une définition de la laïcité, Christophe Miqueu refuse "d'aller très vite". Il prévient : "en philosophie, on pose des questions pour répondre". Si le premier réflexe est d'associer la laïcité à la "liberté de conscience" – ce qu'il valide, citant la loi de 1905 – il insiste immédiatement sur ce qu'il manque au débat actuel : l'égalité et la fraternité.

"Ce qui est très important", explique-t-il, "c'est l'importance du lien entre laïcité et égalité". Il réhabilite "tout le triptyque républicain". La laïcité, dans sa pensée, n'est pas seulement un principe de séparation ; elle est ce qui favorise une "égalité d'accès à l'éducation". Elle est une structure philosophique et juridique conçue pour permettre à la République de se démocratiser.
Contre "l'instrumentalisation"
Ce travail de fond, Miqueu le voit comme un antidote aux "débats d'opinion qui souvent instrumentalisent les choses". Il cherche à "complexifier un peu les choses" pour montrer que la République et la laïcité sont des concepts vivants, "pluriels", et non des "termes totalement figés".

Cette mission de "complexification" est aussi celle qu'il porte en tant qu'enseignant. Son rôle à l'université n'est pas seulement de chercher, il est de "former" les futurs enseignants et CPE (Conseillers Principaux d'Éducation) à ces "sujets extrêmement importants". Il transmet les outils pour appréhender une pensée qui n'est ni simple, ni binaire.
La liberté de la recherche
Cette passion pour la transmission lui vient de ses propres maîtres. Il évoque avec une admiration palpable ses professeurs de philosophie, ceux qui, comme Philippe Deluze, arrivaient à enseigner "sans notes", donnant l'impression que la pensée "fluide et naturelle" émergeait en direct.

C'est cette même sensation qu'il poursuit dans son propre travail. La recherche, pour Christophe Miqueu, est "un espace de liberté très fort". C'est un monde où l'on peut, en étudiant les penseurs de la République, qu'ils soient historiens comme Quentin Skinner ou philosophes comme Philippe Petit, ou même en relisant Aristote, "produire des réflexions pour le monde contemporain". Car la philosophie, démontre-t-il, n'est jamais ancienne. Elle est le travail constant de la pensée qui, en revisitant ses sources, trouve les clés pour comprendre aujourd'hui.
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2 months ago

L'interview matinale
Olivier Razemon : Le marché, antidote à la mort des villes
Olivier Razemon a la patience de l'enquêteur. Face à la "mort programmée des centres-villes", un diagnostic qu'il a lui-même posé dans son livre "Comment la France a tué ses villes", il ne se contente pas de pleurer. Il revient avec "On n'a que du beau : le marché, ingrédient d'une société heureuse", non pas pour se lamenter, mais pour proposer une solution. Une solution qui est là, sous nos yeux, chaque semaine : le marché.

Cette solution, c'est le marché. Et pour la comprendre, Razemon a refusé l'impressionnisme. Son analyse n'est pas celle d'un flâneur, mais celle d'un mécanicien social. Son approche, précise et didactique, l'a conduit à énumérer ceux qu'il est allé voir : les commerçants, bien sûr, mais aussi le "placier", les "élus qui sont en charge du marché", les "sociétés concessionnaires", jusqu'au "Congrès de la Fédération des des commerçants des marchés". Il a voulu "expliquer comment ça fonctionne", démonter le mécanisme de cette "génération spontanée" qui n'en est pas une.
Le miracle de la probabilité
Ce qui fascine Olivier Razemon, ce n'est pas seulement le produit. C'est la structure. Le marché, explique-t-il, est un "moment unique et un lieu unique" précisément parce qu'il est éphémère. C'est sa rareté – "une fois par semaine" – qui crée l'événement et force la rencontre. "Dans une ville de 5 000 habitants", calcule-t-il, "comme c'est une fois par semaine, on est sûr de rencontrer des gens". C'est une simple question de "probabilité mathématique".

Il décrit cet espace comme un lieu de sociabilité et "d'approvisionnement", un lieu où les gens "font quelque chose ensemble". Un lieu où l'on apprend, en tendant l'oreille dans la file d'attente, que "cette voisine qu'on connaît pas très bien, bah finalement elle achète beaucoup plus ce week-end parce qu'elle va accueillir ses petits-enfants". C'est un théâtre de la vie locale qui fonctionne à ciel ouvert, "à la merci des éléments", où l'on "mange des huîtres à 11h du matin un mardi sous la pluie".

Il brosse le portrait de ce "paysage commercial" : un écosystème de 140 000 âmes (contre 400 000 en 1980, précise-t-il), où le producteur local côtoie "l'approvisionneur" indispensable, où les "passagers" saisonniers redessinent la carte des saveurs au fil de l'automne. Un lieu où les commerçants, pour la plupart, "gagnent plutôt bien leur vie", parce que leur métier repose sur une compétence clé : "le contact humain".
Les prédateurs du lien
Le propos d'Olivier Razemon se durcit sensiblement lorsqu'il évoque les menaces. Le mot qu'il emploie est sans équivoque : les marchés ont des "prédateurs". "La grande distribution", dit-il, "essaie de cannibaliser" et de "bouffer le marché".

Sa stratégie ? Le mimétisme. D'abord, en créant des rayons d'hypermarché qui "ressemblent vaguement à des marchés". Ensuite, et c'est plus insidieux, en développant des "halles gourmandes" ou "halles privées" dans les centres-villes.

Razemon pointe la différence fondamentale : "comme c'est ouvert tout le temps, [...] on a beaucoup moins de probabilité de rencontrer les gens qu'on connaît". En détruisant le caractère éphémère de l'événement, la grande distribution "singe" le marché mais en tue l'essence : le rendez-vous social.
L'angle mort des politiques publiques
Alors, pourquoi ce formidable outil de revitalisation est-il si souvent ignoré des urbanistes et des politiques ? "Je me suis beaucoup posé la question", admet Razemon.

Les réponses qu'il avance sont celles d'un homme qui s'est heurté à l'inertie administrative.

* Le marché est éphémère : il n'apparaît pas "dans les plans locaux d'urbanisme".
* Ses acteurs sont ambulants : ils "viennent pas forcément aux réunions".
* C'est "compliqué" : on y compte en "mètre linéaire" et non en "mètre carré".

Mais la raison principale est peut-être la plus simple : le mar...
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2 months ago

L'interview matinale
Pierre-Anthony, l’architecte de l’éphémère qui réenchante le mariage
Pierre-Anthony, l'architecte de l'éphémère qui réenchante le mariage
Il y a une crainte, sourde et tenace, qui hante bien des futurs mariés : celle de l'ennui. La peur que le plus beau jour de leur vie ne soit qu'une succession de moments convenus, un protocole sans âme où les invités regardent leur montre. Cette crainte, Pierre-Anthony, fondateur d'Opinor Events, en a fait son cheval de bataille. Dans sa voix posée, au débit calme et réfléchi, on ne décèle pas un entrepreneur qui vend un service, mais un créateur qui défend une vision : celle de l'événement comme une expérience authentique, vibrante et mémorable.

À 33 ans, celui que l'on qualifiait de "jeune prodige" de l'entrepreneuriat cadillacais a poli sa vision au fil des sept années d'existence de sa société. Lancée en 2018, Opinor Events a traversé l'épreuve du feu du Covid, une période d'incertitudes qui, loin de l'abattre, a renforcé sa conviction. Aujourd'hui, le succès est là, porté par une double activité – l'organisation d'événements professionnels et la location de matériel – mais surtout par une philosophie qui refuse la facilité. Car pour Pierre-Anthony, un mariage ne saurait être un produit sur catalogue. « J’en ai marre d'entendre des gens me dire qu'ils se sont ennuyés à un mariage », confie-t-il, et dans cette simple phrase, tout son projet s'éclaire.
Le mariage comme un terrain de jeu
Loin des clichés, il envisage chaque union comme une page blanche, une opportunité de raconter une histoire unique. Son anecdote d'un rallye automobile, organisé sur mesure pour des mariés, est révélatrice. Il ne s'agissait pas d'une simple animation, mais de transformer la journée en une aventure collective, de "donner du lien" en faisant tomber les barrières entre les familles. Voir les invités, voitures stickées comme pour une vraie course, s'élancer sur les routes, c'est ça, la touche Opinor Events : une audace qui n'est jamais gratuite, toujours au service de l'émotion et du partage.

C'est cette même quête d'authenticité qui l'a poussé à imaginer un salon du mariage d'un genre nouveau. Oubliez les allées impersonnelles et les stands figés. Le 19 octobre, au Domaine d'Arbis, Pierre-Anthony invite les couples à découvrir "les coulisses du grand jour". Le concept est aussi simple que brillant : assister, en temps réel, au montage d'un véritable décor de mariage.

Dès 10 heures du matin, les visiteurs verront les fleuristes composer leurs arrangements, la décoratrice installer le mobilier, les voitures de collection se parer de leurs plus beaux atours. Ils ne seront plus des clients passifs, mais les témoins privilégiés de l'effervescence créative. « On va voir tout cet envers du décor qui est énorme, et que les gens ne voient pas forcément le jour J », explique-t-il avec une passion contenue.
Révéler la magie pour mieux la célébrer
Cette démarche est profondément généreuse. En tirant le rideau sur la mécanique de l'événementiel, Pierre-Anthony ne démystifie pas la magie, il la sublime. Il montre le savoir-faire, l'implication, les heures de travail qui se cachent derrière chaque détail parfait. Pour les couples, souvent angoissés par l'organisation, c'est une occasion inestimable de voir les professionnels à l'œuvre, de dialoguer avec eux dans le feu de l'action et de tisser ce lien de confiance indispensable. Le défilé de 15h, lui-même, ne sera pas une simple présentation mais une véritable mise en scène, avec ses répétitions matinales ouvertes au public.

Quand on l'interroge sur le mariage de ses rêves, sa réponse fuse, non pas avec un plan précis, mais avec une idée : la surprise. Il évoque, admiratif, ce couple qui a organisé son mariage à l'étranger sous le prétexte d'un anniversaire, menant leurs invités jusqu'à l'église comme étape finale d'un jeu de piste. Les témoins eux-mêmes n'étaient pas au courant. Dans cette histoire,
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2 months ago

L'interview matinale
« Découvrez ‘l’Interview Matinale’ de Re2m en format podcast. Animée par Mathieu Romain, cette série de podcasts vous offre des conversations enrichissantes avec les acteurs locaux de l’Entre-Deux-Mers. De l’innovation en agriculture à la vitalité culturelle, nos invités vous apportent un éclairage unique sur les initiatives qui façonnent notre région. Écoutez pour mieux comprendre, partagez pour mieux agir. Rejoignez-nous chaque semaine pour une nouvelle édition de ‘l’Interview Matinale’. »