Le maintien d’une vie sociale et familiale est l’un des droits fondamentaux des personnes enfermées. Les conditions dans lesquelles les visiteurs sont reçus diffèrent largement d’un lieu à l’autre, mais les visites représentent partout une respiration, une rupture salutaire avec l’enfermement. Lorsque se voir n’est pas possible, les enfermé.es trouvent d’autres moyens de conserver ce lien au dehors.
Dans tous les lieux de privation de liberté, il existe des espaces de « surenfermement » : chambres d’isolement à l’hôpital psychiatrique, quartiers d’isolement et quartiers disciplinaires en prison, chambres de mise à l’écart en centre de rétention administrative. Les conséquences néfastes de l’isolement sur la santé psychique ou physique des enfermé.es sont connus. Le CGLPL donne la parole à ceux qui l’ont vécu.
Il existe dans tous les lieux de privation de liberté des espaces collectifs permettant de rompre avec l’enfermement continu. Les contrôleurs y passent du temps car ils témoignent de la liberté d’aller et venir des personnes enfermées, ou de son absence. Cours de promenade, jardins, salles d’activité, ateliers de travail : inégalement accessibles d’un lieu à l’autre, ces espaces (et les personnes qui les animent) sont essentiels, sauf à vouloir aggraver les effets nocifs de l’enfermement.
De tous les lieux de privation de liberté, la cellule de prison est l’espace dans lequel le régime d’enfermement est le plus strict et le plus long. Et dans de très nombreuses prisons, ces quatre murs hébergent plusieurs personnes. Dans les maisons d’arrêt, où sont incarcérés 70% des détenus, la surpopulation carcérale a atteint en 2025 des niveaux inégalés. Les détenus s’entassent jusqu’à quatre personnes dans des cellules de 9m² : elles y vivent la promiscuité, l’indignité, la vulnérabilité. Mais la cellule est aussi un lieu où la vie continue.
Dominique Simonnot, contrôleuse générale, dispose avec son équipe d’un accès libre aux lieux d’enfermement, de jour comme de nuit. Dans cet épisode, le CGLPL donne la parole à celles et ceux qui ont été enfermés pour la première fois, ce qu’ils ont observé, et ce qu’ils ont ressenti. En prison, en hôpital psychiatrique et en centre de rétention administrative, les enjeux des premiers jours ne sont pas les mêmes. Mais ils disent tous le choc d’être enfermé.
Il existe plus de 5000 lieux d’enfermement sur le territoire français. Rares sont les personnes qui, en France, sont autorisés à y entrer sans crier gare, observer et rendre compte publiquement de leur fonctionnement. Avant d’en franchir les portes, quelques rappels sur les missions et le champs d’intervention du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) s’imposent.
Longtemps, la Seine-Saint-Denis a été présentée comme un département à part. Parfois même comme un espace en marge de la République. Ces stigmates ont une histoire : celle de la ségrégation spatiale, des conséquences de crises économiques et de choix politiques.
Hors-série : 20 ans après les révoltes urbaines
Clichy-sous-Bois
En 2025, nous commémorons les 20 ans des révoltes des banlieues. Un mouvement politique incontournable de notre histoire récente dont l’origine a eu lieu à Clichy-sous-Bois, au cœur de la Seine-Saint-Denis. Le 27 octobre 2005, Zyed Benna et Bouna Traoré y mourraient dans un transformateur électrique en fuyant la police. Le 30 octobre 2025, une compagnie de CRS lançait une grenade dans une mosquée à quelques centaines de mètre de là. Deux événements qui ont enflammé toute une jeunesse française qui est descendue dans la rue nuit après nuit pendant trois semaines. Clichy est alors devenu le centre de toute l’attention médiatique. Elle y a gagné une image biaisée d’archétype de la ville de banlieue. Puis un immense plan de rénovation urbaine.
À la suite de 2005, de nombreux mouvements ont tenté d’agir sur les causes de ces révoltes. Mais les morts du fait de l’action de la police n’ont pas cessé dans le département et dans toute la France. Et la mort de Nahel Merzouk en 2023 à Nanterre a entraîné a nouveau de vives révoltes dans le 93 comme ailleurs. Alors en nous promenant à Clichy-sous-Bois nous nous demandons pourquoi perdurent les violences policières ?
Avec :
- Fabien Jobard, chercheur au CNRS, spécialiste de la police et du maintien de l’ordre. Il est l’auteur avec Olivier Fillieule du livre Politiques du désordre. La police des manifestations en France, Seuil, 2020.
- Mariam Cissé, maire-adjointe de Clichy-sous-Bois en charge du logement et de l’habitat durable et co-fondatrice d’AClefeu.
Épisode 3 : Nouvelle vague
Dernier volet, plus intime et plus grave. L’adolescence amène les premières relations amoureuses, mais aussi les premières inquiétudes. Comment parler de consentement ? Comment aborder les violences sexistes et sexuelles ? Comment les préparer à affronter le monde ? Entre réflexion collective et bilan personnel, cet épisode clôt le cycle avec sensibilité, accompagné notamment des spectacles #VU et Faut-il séparer l’homme de l’artiste (Cie Y).
Épisode 2 : Faire corps
À travers un atelier de danse et deux spectacles (Tendre Carcasse et #VU), les jeunes s’interrogent sur le regard porté sur les corps, les normes esthétiques, les complexes, le rapport au désir et aux moqueries. Où s’arrête le corps individuel, où commence le corps social ?
Elles et ils ont entre 14 et 16 ans. Pendant deux ans, elles et ils se sont retrouvé·es pour partager des spectacles, des ateliers, des rencontres, des discussions – et peu à peu, elles et ils ont construit un espace à eux. Un cercle où l’on peut dire ses doutes, ses enthousiasmes, ses colères et ses rêves.
De cette aventure collective initiée par la Biennale de la danse naît un podcast : trois épisodes comme trois éclats de vie, pour garder trace de ce moment fragile et puissant qu’est l’adolescence. On y entend des voix encore en train de se chercher, qui osent pourtant se poser les grandes questions : comment choisir sa voie quand tout semble déjà écrit ? Comment habiter son corps face aux regards et aux normes ? Comment parler d’amour, de consentement, de violences, sans détour ?
Épisode 1 : Les bonnes chaussures
On fait connaissance dans ce premier épisode, l'occasion pour chacun·e de confier ses attentes, ses peurs et ses espoirs. Une rencontre atelier avec un collectif de hip-hop lyonnais, met les corps en mouvement. Le spectacle On achève bien les chevaux dénonce l'exploitation des plus démunis et marque les esprits. On discute de sujets aussi variés que la peur de l'avenir et la nécessité de répondre adolescents aux injonctions scolaires et familiales, la difficulté d'établir dès à présent des plans de carrière…
On s'interroge aussi sur les inégalités de classe : Dans quelle mesure est-il possible d'échapper au déterminisme social auquel notre origine nous prédestine ? Dans la course à la réussite, sur la ligne de départ, tout le monde a-t-il vraiment les mêmes chances ? Est-ce vrai que « quand on veut, on peut » ?
Un podcast de Charlotte Boul’ch et Nicolas Lespagnol-Rizzi
Avec Aglaé, Ambre, Anna, Chloé, Elsa, Emma, Étienne, Hortense, Isis, Juliette, Lou, Mélie-Eve, Natacha, Nola, Rayane, Syrine et Wilmar
Accompagnés de : Natalie Prangères, Marie Mulot, Marion Coutel
Musique originale : Nicolas Lespagnol-Rizzi
Production Making Waves : Justine Dibling
Nos trajectoires comme des planètes est produit par la Biennale de la danse de Lyon et la Maison de la danse dans le cadre du projet À TOI !.
Le projet À TOI ! est soutenu par la Fondation pour la danse, abritée à la Fondation de France, le mécénat de la Caisse des Dépôts et le Groupe April.
Épisode 4 : Rester groupés
Louis et ses camarades se retrouvent au chômage. Blacklistés du fait de leur engagement syndical, sans diplôme, ballotés de formation en formation, ils refusent de se séparer. Ensemble ils continuent à lutter dans le mouvement des chômeurs et créent une coopérative. Une brèche dans l’horizon qui leur permet de mettre à l’épreuve leurs idéaux d’autogestion et d’embrasser les luttes altermondialistes et écologistes. La classe ouvrière n'a pas abdiqué, elle s'est transformée et a transmis son savoir.
Épisode 3 : L’adieu au port
En 1992, le gouvernement socialiste français met fin au statut d’intermittent-docker. Ce bastion syndical, qui peut paralyser les ports par ses grèves, dérange le néo-libéralisme triomphant. Finie la manutention à dos d’homme. L’heure est à la mécanisation, au tout container et à l’industrialisation du commerce maritime. A Dunkerque, la grève fait éclater le collectif des dockers, une histoire de trahison encore vive aujourd’hui.
Épisode 2 : Classe ouvrière
Être docker c’est faire partie de la classe ouvrière. Un collectif soudé, solidaire qui permet de tenir face à la dureté du travail et aux mépris des patrons. Louis nous raconte comment il s’est formé dès l'adolescence à la CGT et au Parti communiste. Et comment le statut d’intermittent-dockers faisait de ces ouvriers les héritiers d’une tradition anarcho-syndicaliste particulièrement combattive.
Né après la chute des grandes idéologies, Antoine Tricot a grandi sans image de la classe ouvrière. En 2014, sa rencontre avec d’anciens dockers de Dunkerque — François, Georges, Louis — fait l’effet d’un déclic. À travers leurs récits, il explore l’héritage des luttes ouvrières et leur effacement progressif de nos imaginaires.
Une enquête intime et politique sur ce qui reste, ce qui se transmet — et ce qu’il faut reconstruire pour affronter les temps présents.
Épisode 1 : Travailler sur le port
Où est passée la classe ouvrière ? C’est la question qui me taraudait, moi qui suis né à la chute du mur de Berlin et qui ai grandi dans le Cantal. L’un des départements les plus ruraux de France. En 2014, j’ai eu un début de réponse. J’ai rencontré à Dunkerque un petit groupe d’anciens dockers. Il y a François, Georges et Louis. Ensemble ils tentent de raconter ce métier et ce savoir-faire, disparu brutalement en 1992 pendant la désindustrialisation.
Une série d’Antoine Tricot
Avec les anciens dockers : Louis Monteyne, Georges Plaetevoet et François Allouchery
Prise de son : Franck di Razza et Antoine Tricot
Archives : Union locale CGT et Philippe Boulanger
Réalisation et mixage : Clément Nouguier
Musique originale : Charles De Cillia, Clément Nouguier, Noan Hoareau-Muhl
Production Making Waves : Alexandre Plank et Justine Dibling
Épisode 5 : Les solidarités
Et si l’on donnait la parole aux ados pour imaginer le monde de demain ?
Six classes de collèges de la Métropole de Lyon se sont emparées de grands thèmes de notre époque – l’engagement, l’école du futur, les algorithmes et l’évolution des liens sociaux – pour les explorer à travers la création sonore.
A nos côtés, les élèves ont ainsi donné vie à une série de podcasts à la fois sincères, inventifs et sensibles : des récits radiophoniques qui esquissent d’autres futurs, racontés par celles et ceux qui les feront advenir.
Une création sonore coproduite par l'Opéra de Lyon et Making Waves.
Réalisation : Nicolas Lespagnol-Rizzi
Épisode 4 : La nourriture et la nature
Et si l’on donnait la parole aux ados pour imaginer le monde de demain ?
Six classes de collèges de la Métropole de Lyon se sont emparées de grands thèmes de notre époque – l’engagement, l’école du futur, les algorithmes et l’évolution des liens sociaux – pour les explorer à travers la création sonore.
A nos côtés, les élèves ont ainsi donné vie à une série de podcasts à la fois sincères, inventifs et sensibles : des récits radiophoniques qui esquissent d’autres futurs, racontés par celles et ceux qui les feront advenir.
Une création sonore coproduite par l'Opéra de Lyon et Making Waves.
Réalisation : Nicolas Lespagnol-Rizzi
Épisode 3 : Le téléphone et les robots
Et si l’on donnait la parole aux ados pour imaginer le monde de demain ?
Six classes de collèges de la Métropole de Lyon se sont emparées de grands thèmes de notre époque – l’engagement, l’école du futur, les algorithmes et l’évolution des liens sociaux – pour les explorer à travers la création sonore.
A nos côtés, les élèves ont ainsi donné vie à une série de podcasts à la fois sincères, inventifs et sensibles : des récits radiophoniques qui esquissent d’autres futurs, racontés par celles et ceux qui les feront advenir.
Une création sonore coproduite par l'Opéra de Lyon et Making Waves.
Réalisation : Nicolas Lespagnol-Rizzi
Épisode 2 : Les transports et les lieux de vie
Et si l’on donnait la parole aux ados pour imaginer le monde de demain ?
Six classes de collèges de la Métropole de Lyon se sont emparées de grands thèmes de notre époque – l’engagement, l’école du futur, les algorithmes et l’évolution des liens sociaux – pour les explorer à travers la création sonore.
A nos côtés, les élèves ont ainsi donné vie à une série de podcasts à la fois sincères, inventifs et sensibles : des récits radiophoniques qui esquissent d’autres futurs, racontés par celles et ceux qui les feront advenir.
Une création sonore coproduite par l'Opéra de Lyon et Making Waves.
Réalisation : Nicolas Lespagnol-Rizzi
Épisode 1 : L'école
Et si l’on donnait la parole aux ados pour imaginer le monde de demain ?
Six classes de collèges de la Métropole de Lyon se sont emparées de grands thèmes de notre époque – l’engagement, l’école du futur, les algorithmes et l’évolution des liens sociaux – pour les explorer à travers la création sonore.
A nos côtés, les élèves ont ainsi donné vie à une série de podcasts à la fois sincères, inventifs et sensibles : des récits radiophoniques qui esquissent d’autres futurs, racontés par celles et ceux qui les feront advenir.
Une création sonore coproduite par l'Opéra de Lyon et Making Waves.
Réalisation : Nicolas Lespagnol-Rizzi