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Planisphère géopolitique et stratégique
Diploweb
62 episodes
2 days ago
L’actualité du monde est passée au crible par les experts de la géopolitique et des questions stratégiques. Cette émission Planisphère est diffusée sur la bande FM sur les fréquences de RND et RCF, puis mise à disposition comme podcast sur cette plateforme. Produite par Pierre Verluise, cette émission est également installée sur le premier site géopolitique qu'il dirige, Diploweb.com, accompagnée d'une synthèse rédigée, validée par l'intervenant. Enfin, vous trouverez ici quelques enregistrements de podcasts du Diploweb, antérieurs à cette émission Planisphère, par ex. avec Y. Lacoste.
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L’actualité du monde est passée au crible par les experts de la géopolitique et des questions stratégiques. Cette émission Planisphère est diffusée sur la bande FM sur les fréquences de RND et RCF, puis mise à disposition comme podcast sur cette plateforme. Produite par Pierre Verluise, cette émission est également installée sur le premier site géopolitique qu'il dirige, Diploweb.com, accompagnée d'une synthèse rédigée, validée par l'intervenant. Enfin, vous trouverez ici quelques enregistrements de podcasts du Diploweb, antérieurs à cette émission Planisphère, par ex. avec Y. Lacoste.
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Episodes (20/62)
Planisphère géopolitique et stratégique
Que peut nous apprendre le lauréat du GP de l’Académie du renseignement ? Y. Zolets

Le roman peut-il nous éclairer sur le monde secret du renseignement ? Oui, quand il est lauréat du Grand Prix de l’Académie du renseignement. Le Grand Prix Œuvre de création - mention « Fiction » 2025 a été décerné à Yann Zolets pour son roman intitulé « Le Petit caporal », paru aux éditions La Manufacture du livre. Cet ouvrage - qui se lit avec beaucoup de plaisir - débute par cet avertissement au lecteur : « Dans ce roman, les vérités se mêleront à la fiction et à l’imagination pour veiller à la sérénité et à la tranquillité de nos espions. » L’auteur de cet ouvrage, « Le Petit caporal » signe sous le pseudonyme de Yann Zolets.  L’auteur de ce roman, « Le Petit caporal » signe au éditions La manufacture du livre sous le pseudonyme de Yann Zolets. Il est lauréat du Grand Prix de l’Académie du renseignement (2025). Il a servi 16 ans au sein de la Marine nationale française. Il a parcouru l’espace post-soviétique pendant une dizaine d’années. Il appartient au monde du renseignement français.

 Cette émission a été enregistrée le 22/12/2026 et diffusée le 6/01/2026. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée.


Extrait de la synthèse rédigée :

"Le renseignement constitue un univers discret, souvent fantasmé, dont la réalité demeure largement inaccessible au grand public. Pourtant, la littérature peut offrir une voie d’accès privilégiée à ce monde secret, à condition qu’elle soit documentée et empreinte de crédibilité. Le roman « Le Petit Caporal », signé sous pseudonyme par Yann Zolets, lauréat du Grand Prix de l’Académie du Renseignement 2025 – mention Fiction, s’inscrit précisément dans cette perspective. Ancien officier de la Marine nationale et familier des milieux du renseignement, l’auteur livre un récit où la fiction s’entrelace avec la vérité, tout en respectant la confidentialité nécessaire aux services. À travers son œuvre et ses propos, il explore le rôle des clandestins, l’évolution géopolitique contemporaine et la tension entre vérité et raison d’État.

Au cœur du roman et de l’entretien se trouve la figure du clandestin, parfois appelé « taupe » ou « illégal ». Ces agents d’exception doivent adopter une nouvelle identité culturelle et linguistique, tirant un trait définitif sur leur vie passée. Leur mission consiste à s’insérer durablement dans une société étrangère pour développer des réseaux de sources ou faciliter les opérations d’autres espions. Cette existence se caractérise par une préparation longue, exigeante et par un effacement total de soi, au service de l’État.

Si tous les grands services de renseignement ont recours à des clandestins, la Russie demeure historiquement la plus expérimentée en la matière. Des opérations menées aux États-Unis ou en Europe, parfois inspiratrices de séries comme « The Americans », illustrent ce savoir-faire. Aujourd’hui, les méthodes évoluent, notamment par l’utilisation de diasporas pour contourner les contrôles. Toutefois, la pratique reste largement répandue au sein des grandes puissances.

La décision de livrer des informations à une puissance étrangère répond rarement à une cause unique. Les Anglo-Saxons résument ces leviers sous l’acronyme MICE : Money (argent), Ideology (idéologie), Compromise(compromission), Ego. La trahison constitue toujours une rupture morale profonde, souvent liée à des circonstances personnelles critiques plutôt qu’à une conviction paisible et durable.

Le développement de la biométrie, des traces numériques et de la surveillance globale complique considérablement l’activité clandestine. Il devient de plus en plus difficile de créer une identité totalement artificielle. Les services privilégient désormais davantage le recrutement local plutôt que l’infiltration classique d’agents étrangers, tant les risques techniques et opérationnels se sont accrus. (...)"

Lire sur Diploweb la suite de la synthèse rédigée⁠.


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2 days ago
26 minutes 4 seconds

Planisphère géopolitique et stratégique
La guerre russo-ukrainienne peut-elle s’étendre à l’ Europe ? Avec C. Gloaguen

Quelles sont les perspectives stratégiques ? Dès juillet 2025, le Secrétaire général de l’OTAN nous a averti du risque d’une coordination entre la Russie et la Chine pouvant mener à des conflits simultanés en Europe et en Asie. Et le 5 novembre 2025 le chef d’état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon a pointé la Russie comme notre principale menace. La Russie, dit le CEMA, "peut être tentée de poursuivre la guerre sur notre continent" et tester les limites françaises et européennes "d’ici 3 à 4 ans", avec un risque de "choc" plus violent. Alors, la guerre russo-ukrainienne peut-elle s’étendre à l’ Europe ? Pour en parler, Pierre Verluise reçoit Cyril Gloaguen au micro de Planisphère. Cyril Gloaguen, ancien attaché naval et militaire en Russie et au Turkménistan, ancien collaborateur des Nations Unies en Abkhazie/Géorgie. Docteur en géopolitique (IFG, Paris VIII). Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse  https://www.diploweb.com/Planisphere-La-guerre-russo-ukrainienne-peut-elle-s-etendre-a-l-Europe-Avec-C-Gloaguen.html


Extrait de la synthèse rédigée:

"Invité de l’émission Planisphère, Cyril Gloaguen analyse la dégradation de l’équilibre stratégique mondial et les risques de conflit entre la Russie et l’Europe. Son propos s’inscrit dans le contexte des alertes récentes du secrétaire général de l’OTAN et du chef d’État-major des armées françaises, le général Fabien Mandon, qui considèrent la Russie comme la principale menace et évoquent la possibilité de tensions majeures d’ici quelques années. Pour Cyril Gloaguen, le désordre international, la fragilité européenne et la stratégie offensive de la Russie composent un tableau particulièrement préoccupant.

Cyril Gloaguen décrit un monde entré dans une phase de désordre global. Les grandes opérations occidentales en Irak (2003) et en Libye (2011) sont derrière nous, mais elles ont laissé derrière elles des États faillis et des zones d’instabilité durable, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Parallèlement, de nouveaux acteurs montent en puissance : la Chine poursuit son renforcement, la Russie reste un acteur stratégique central malgré ses fragilités, tandis que des puissances régionales comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, la Corée du Sud ou encore le Pakistan s’imposent sur la scène internationale, notamment comme exportateurs d’armes. Cette recomposition se superpose à la persistance d’une menace djihadiste protéiforme, active en Europe, en Afrique et en Asie, qui nourrit un climat de tension permanente.

Cyril Gloaguen décrit un monde entré dans une phase de désordre global. Les grandes opérations occidentales en Irak (2003) et en Libye (2011) sont derrière nous, mais elles ont laissé derrière elles des États faillis et des zones d’instabilité durable, notamment en Afrique et au Moyen-Orient. Parallèlement, de nouveaux acteurs montent en puissance : la Chine poursuit son renforcement, la Russie reste un acteur stratégique central malgré ses fragilités, tandis que des puissances régionales comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie, la Corée du Sud ou encore le Pakistan s’imposent sur la scène internationale, notamment comme exportateurs d’armes. Cette recomposition se superpose à la persistance d’une menace djihadiste protéiforme, active en Europe, en Afrique et en Asie, qui nourrit un climat de tension permanente. (...)"


Lire toute la synthèse rédigée à l’adresse  https://www.diploweb.com/Planisphere-La-guerre-russo-ukrainienne-peut-elle-s-etendre-a-l-Europe-Avec-C-Gloaguen.html

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1 week ago
26 minutes 9 seconds

Planisphère géopolitique et stratégique
Quelle réindustrialisation ? Avec A. Voy-Gillis

En 2020, la pandémie de COVID-19 a mis en évidence que la France ne disposait plus des moyens industriels pour fabriquer des produits comme le doliprane, des masques et des respirateurs. Des prises de parole ont suivi, en faveur de la réindustrialisation de nos territoires, notamment dans une quête de souveraineté. Cinq ans plus tard, où en sommes-nous en matière de réindustrialisation ? Pour le savoir, Planisphère a la joie de recevoir Anaïs Voy-Gillis, Docteure en géographie, Chercheuse associée au CEREGE de l’IAE Poitiers. Auteure de « Pour une révolution industrielle », éd. Presses de la Cité.

Cette émission a été enregistrée le 6/10/2025 et diffusée le 23/12/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelle-reindustrialisation-Avec-A-Voy-Gillis.html


Extrait de la synthèse rédigée :

"Jusqu’à la pandémie, l’industrie était perçue en France comme un secteur du passé, voué à disparaître au profit des services et du numérique. Cependant, la succession de crises, sanitaire, énergétique, géopolitique, a rappelé son importance stratégique. L’industrie ne se résume pas à des cheminées polluantes : elle est multiple, souvent discrète et essentielle à la souveraineté nationale. Produire localement permet de garantir la disponibilité de produits vitaux (médicaments, acier, ciment, semi-conducteurs) et de limiter la dépendance à des zones instables ou éloignées.

Anaïs Voy-Gillis identifie quatre enjeux majeurs de la réindustrialisation :

1. La souveraineté nationale

L’objectif est de réduire la dépendance aux intrants stratégiques (semi-conducteurs, composants de batteries, électrolyseurs…). Maîtriser la production locale renforce l’autonomie technologique et géopolitique, tout en protégeant les chaînes de valeur face aux crises internationales.

2. La cohésion sociale et territoriale

L’industrie est un moteur d’emploi local. Chaque emploi industriel génère deux à trois emplois indirects et autant d’emplois induits. Elle permet donc de revitaliser des territoires en difficulté, à condition d’articuler cette stratégie avec une politique d’aménagement du territoire et des infrastructures adaptées.

3. La réduction de l’empreinte carbone

Produire en France, où les normes environnementales sont plus strictes et notre mix électrique moins carboné, permet de réduire les émissions mondiales. Cela diminue également les « émissions importées », souvent plus élevées dans les pays à énergie fortement carbonée comme la Chine et donc in finel’empreinte carbone de la France.

4. Le financement du modèle social

L’industrie génère des emplois mieux rémunérés et donc une fiscalité plus dynamique. Elle pourrait contribuer à stabiliser le financement des retraites et de la sécurité sociale, en remettant la création de valeur au cœur du territoire.

L’économie circulaire, qui repose sur la réutilisation, la réparation et le recyclage des produits, permettrait de limiter la dépendance aux matièrespremières importées, tout en améliorant le bilan environnemental de l’industrie. Elle favorise la résilience économique et écologique en revalorisant les ressources sur le sol français. Ce modèle offre une double promesse : réduire l’impact environnemental et renforcer la souveraineté nationale.


La réindustrialisation ne peut se concevoir sans une politique énergétique claire. Si l’UE progresse dans le développement du solaire et de l’éolien, les débats sur le nucléaire ou les énergies renouvelables restent vifs. Pour Anaïs Voy-Gillis, il faut combiner ces deux sources afin d’assurer un mix énergétique stable, décarboné et compétitif. (...)"

Lire la suite de la synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelle-reindustrialisation-Avec-A-Voy-Gillis.html


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1 week ago
26 minutes 39 seconds

Planisphère géopolitique et stratégique
Quelles recompositions géopolitiques en Afrique ? Avec N. Bagayoko

En Afrique, les positions françaises ont été pour le moins bousculées ces dernières années. Pour actualiser notre compréhension de ce continent, il faut donc clarifier les dynamiques des acteurs géopolitiques. Pour ce faire, planisphère reçoit le docteur Niagalé Bagayoko, Docteur en sciences politiques, responsable de la formation Afrique à la FMES et présidente du think tank ASSN. Cette émission a été enregistrée le 10/10/2025 dans le cadre des RSMED à Toulon, avec les moyens de RCF Méditerranée, diffusée le 16/12/ 2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelles-recompositions-geopolitiques-en-Afrique-Avec-N-Bagayoko.html


Extrait de la synthèse rédigée :

"Ces dernières années, les positions françaises en Afrique ont été profondément bousculées. Pour actualiser notre compréhension du continent, il faut clarifier les jeux d’acteurs, étatiques et non étatiques, qui reconfigurent pouvoir, influence et récits. Invitée de Planisphère, Niagalé Bagayoko dresse un panorama sans fard des rapports de force et des angles morts européens.
L’échec de l’intervention au Sahel (militaire et civile) a conduit à l’expulsion des forces françaises du Mali, Niger, Burkina Faso, et à la fermeture de programmes de développement (AFD). La présence militaire française se réduit à deux bases (dont Djibouti en pivot), avec maintien d’effectifs au Gabon et fin de dispositifs en Côte d’Ivoire, Sénégal, Tchad. Au cœur : une contestation souverainiste et nationaliste remettant en cause l’efficacité et la légitimité françaises.

La Russie combine retours historiques (ex. Mali) et implantations inédites (RCA). Les performances militaires de Wagner sont contrastées (revers au Mozambique, limites en Libye et Soudan, échec à Tin-Zaouatine après la reprise de Kidal). Là où Moscou excelle, c’est dans l’informationnel : relais audiovisuels (RT, Sputnik), radios locales en langues nationales, société civile et récits calibrés, un maillage capacitaire souvent sous-estimé par Paris.

Au-delà des opérations adverses, la désaffection précède l’offensive russe : résultats jugés insuffisants contre les groupes armés, tonalité moralisatrice des partenaires internationaux, effets pervers d’une communication qui minimise les capacités adverses. Sur ce terreau prospèrent théories du complot (ex. fantasmes de prédation des cheptels), qui cristallisent un soupçon généralisé envers « les acteurs traditionnels ».

L’Arabie saoudite déploie de longue date réseaux religieux, éducatifs et humanitaires. Le Qatar s’affirme économiquement et diplomatiquement (médiations RDC–Rwanda, dialogue inter-tchadien, formats régionaux). L’Irans’appuie notamment sur les diasporas libanaises (dont chiites). La Turquie conjugue activisme économique et sécuritaire (diplomatie des drones TB2). Israël relance ses liens africains et ambitionne une place accrue dans les enceintes panafricaines. Ces acteurs s’imbriquent dans les agendas locaux plus qu’ils ne les dictent.

Structurellement, l’Afrique demeure en queue de priorités américaines, malgré des pics d’intérêt (ex. AGOA sous B. Clinton). Sous D. Trump, le prisme a souvent été contentieux (ex. Afrique du Sud) mais ponctué d’initiatives ciblées (médiations, dossiers sécuritaires). En parallèle, un soft power religieux (évangéliques, réseaux conservateurs catholiques) travaille les sociétés sur le temps long.


Les élites et opinions publiques africaines sont actrices des recompositions. Une lame de fond patriote/souverainiste, souvent conservatrice sur les questions sociétales, reconfigure les attentes envers l’État, les partenaires extérieurs et les normes « libérales ».(...)"


Lire la suite de la synthèse à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelles-recompositions-geopolitiques-en-Afrique-Avec-N-Bagayoko.html

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1 week ago
26 minutes 27 seconds

Planisphère géopolitique et stratégique
Les Baltes, de la périphérie au centre du débat stratégique européen ? Avec P. Perchoc

Le plus souvent, nos cartes placent les trois pays Baltes à la marge de l’Europe, au Nord-Est. Estonie, Lettonie et Lituanie sont à la périphérie de l’UE. Et nous en ignorons l’histoire, mais encore la géographie, la population et la situation stratégique. Après avoir été soviétisés à la faveur de la Seconde Guerre mondiale, les Baltes sont redevenus indépendants en 1990-91. Ils deviennent membres de l’OTAN puis de l’UE en 2004. La dégradation des relations avec la Russie les place maintenant au cœur des préoccupations. Pour comprendre comment les Baltes sont passés de la périphérie au centre du débat stratégique européen, nous avons la chance de recevoir le Docteur Philippe Perchoc, Chef de l’antenne IRSEM Europe, auteur de Etude n°125, « Estonie, Lettonie, Lituanie. De la périphérie au centre du débat stratégique européen »  sur le site de l’IRSEM, rubrique publication / catégorie Etudes. Il enseigne les questions européennes dans plusieurs universités en France et en Belgique. Cette émission a été enregistrée le 6/10/2025 et diffusé le 9/12/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Les-Baltes-de-la-peripherie-au-centre-du-debat-strategique-europeen-Avec-P-Perchoc.html

Extrait de la synthèse rédigée :

"Longtemps considérés comme des marges géographiques et politiques de l’Europe, les pays baltes, Estonie, Lettonie et Lituanie, occupent aujourd’hui une position centrale dans le débat stratégique européen. Après des décennies d’occupation soviétique, leur indépendance retrouvée en 1991 puis leur intégration à l’OTAN et à l’Union européenne en 2004 ont marqué un tournant historique. Dans le contexte actuel de dégradation des relations avec la Russie, ils apparaissent désormais comme un maillon essentiel de la sécurité européenne. Philippe Perchoc retrace ce basculement historique et géopolitique, tout en soulignant la résilience démocratique et stratégique de ces petits États.

Philippe Perchoc rappelle que les pays baltes ont perdu leur indépendance en 1940 à la suite du pacte Molotov-Ribbentrop, qui partageait l’Europe entre l’Allemagne nazie et l’URSS. Occupés par les Soviétiques, puis brièvement par les nazis, ils ont subi une seconde domination soviétique de 1945 à 1991. La soviétisation s’est opérée par plusieurs leviers :

. Élimination des élites locales (déportations, purges, répressions) ;

. Ingénierie sociale, avec l’installation de travailleurs russophones pour modifier la composition ethnique ;

. Grands projets d’infrastructures imposés, qui ont fini par susciter des contestations écologiques et identitaires dans les années 1980. Ces politiques ont nourri, paradoxalement, un réveil national et culturel qui a préparé le retour à l’indépendance.

Après 1991, les Baltes ont vu dans l’adhésion à l’OTAN et à l’Union européenne une garantie de sécurité et de prospérité. En 2004, ils rejoignent d’abord l’OTAN, puis l’UE un mois plus tard. Selon Philippe Perchoc, cette adhésion simultanée répondait à une stratégie de réintégration dans la communauté euro-atlantique :

. L’OTAN assurait la sécurité militaire face à la Russie.

. L’Union européenne impliquait une transformation structurelle profonde : démocratisation, économie de marché et reconstruction d’une société civile. (...)


Entre 2004 et 2014, les pays baltes ont alerté l’Union euriopéenne sur la menace persistante de la Russie, souvent sans être entendus. L’invasion russe de la Géorgie (2008), puis surtout celle de la Crimée (2014), ont confirmé leurs craintes. Depuis 2014, la région est devenue un espace clé du dispositif militaire de l’OTAN (...)"


Lire la suite de cette synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Les-Baltes-de-la-peripherie-au-centre-du-debat-strategique-europeen-Avec-P-Perchoc.html

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1 week ago
26 minutes 38 seconds

Planisphère géopolitique et stratégique
Comment la désinformation influence-t-elle les conflits modernes ? Avec C. Dugoin-Clément

La désinformation est ancienne mais quelles sont ses nouvelles formes ? Planisphère vous offre un tableau actualisé de l’état de la menace, des nouveaux compétiteurs et des nouvelles opportunités. Ukraine, Moyen-Orient, Afrique autant de terrains où la désinformation influence le conflit. Oui, mais comment ? Pour le savoir, nous recevons Christine Dugoin-Clément, Chercheuse à l’Observatoire de l’intelligence artificielle - Université Panthéon-Sorbonne. Auteure de « Géopolitique de l’ingérence russe. La stratégie du chaos », édition PUF. Cette émission a été enregistrée dans le cadre des RSMED à Toulon le 10/10/2025 avec les moyens de RCF Méditerranée et diffusée le 2/12/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Comment-la-desinformation-influence-t-elle-les-conflits-modernes-Avec-C-Dugoin-Clement.html


Extrait de la synthèse rédigée :

"La désinformation n’est pas un phénomène nouveau : elle accompagne les conflits humains depuis toujours. Cependant, les mutations technologiques, la globalisation de l’information et la montée des tensions géopolitiques ont profondément transformé sa nature et son ampleur. Comme l’explique Christine Dugoin-Clément, la désinformation contemporaine est devenue multiforme, rapide et industrialisée. L’Ukraine, le Moyen-Orient et l’Afrique sont aujourd’hui des théâtres privilégiés où se jouent ces batailles cognitives, où l’objectif n’est plus seulement de manipuler l’adversaire, mais d’affaiblir la confiance dans la vérité elle-même.

Depuis 2014, la guerre russe en Ukraine a servi de laboratoire à ciel ouvert pour les stratégies de manipulation informationnelle. La Russie, la Chine et d’autres puissances ont développé des actions dites d’ingérence informationnelle, visant les perceptions, les émotions et la cohésion sociale des sociétés adverses. Ces opérations reposent sur une désinhibition croissante : les États n’hésitent plus à mobiliser ouvertement leurs canaux diplomatiques, médiatiques et numériques pour influencer l’opinion mondiale. À côté d’eux, on trouve des prestataires privés de désinformation, parfois liés à des structures étatiques (comme Wagner ou l’Internet Research Agency), qui brouillent les responsabilités et renforcent le déni plausible des commanditaires.

La désinformation est désormais alimentée par un véritable marché de services. Des individus ou groupes autonomes vendent leurs compétences d’influence ou mènent des actions ponctuelles pour gagner en visibilité. L’écosystème s’étend à des entreprises commerciales, des idéologues ou même des particuliers cherchant à prouver leur valeur dans le domaine de l’influence numérique. Ce système s’auto-alimente grâce à la baisse des coûts technologiques : Internet, les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle permettent à de nouveaux acteurs d’entrer dans la compétition informationnelle, créant un environnement où la frontière entre vérité et manipulation devient de plus en plus floue.

Les outils numériques ont révolutionné la désinformation. Les deepfakes, les sites générés par IA, ou les campagnes de désinformation massives sur les réseaux sociaux permettent de diffuser rapidement des récits fabriqués. Ces méthodes favorisent la vitesse, la viralité et le brouillard informationnel, rendant la vérification de plus en plus complexe. L’objectif n’est plus seulement de faire croire à une fausse information, mais de provoquer une saturation cognitive : submerger les citoyens de récits contradictoires jusqu’à ce qu’ils ne croient plus en rien. Cette stratégie s’avère redoutable, car elle mine les fondements mêmes de la démocratie et du débat rationnel.(...)"

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1 week ago
26 minutes 33 seconds

Planisphère géopolitique et stratégique
La Sibérie sauvera-t-elle la Russie ? Avec L. Spetschinsky

Comme chacun sait, la Russie est à la fois d’Europe et d’Asie, de part et d’autre de l’Oural. Au début du XVIIIe siècle, le tsar Pierre Le Grand entend rapprocher la Russie de l’Europe qui incarne alors la modernité. Il fait construire la ville de Saint Pétersbourg sur la baltique pour incarner cette dimension européenne de la Russie. Au début du XXIe siècle, Vladimir Poutine arrive au Kremlin, et depuis quelque temps déclare ne plus avoir besoin de l’Europe. La Sibérie sauvera-t-elle la Russie ? Pour en savoir plus, Planisphère est heureux de recevoir à son micro Laetitia Spetschinsky, Docteure en relations internationales et chargée de cours invitée à l’Université catholique de Louvain, en Belgique. Chercheure associée à l’Institut autrichien des relations internationales. Laetitia Spetschinsky organise régulièrement une Master Class Géopolitique de l’Eurasie dont l’actualité est présentée sur le site www.skyls.eu.

 Cette émission a été enregistrée le 29/09/2025 et diffusée le 25/11/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-La-Siberie-sauvera-t-elle-la-Russie-Avec-L-Spetschinsky.html


Extrait de la synthèse rédigée:

"La Russie, partagée entre l’Europe et l’Asie, nourrit une éternelle interrogation : est-elle européenne, asiatique, ou une synthèse des deux ? Depuis Pierre le Grand, qui au XVIIIe siècle fit construire Saint-Pétersbourg pour incarner l’ouverture européenne, jusqu’à Vladimir Poutine, qui affirme désormais le décrochage de la Russie à l’égard de l’Europe, le balancier entre l’Ouest et l’Est reste une constante. Aujourd’hui, un pivot assumé vers la Sibérie et l’Asie se dessine, mêlant ambitions politiques, besoins économiques et stratégies militaires.

Depuis la dynastie des Rurikides et Ivan le Terrible, qui lança l’expansion vers la Sibérie, la Russie oscille entre rapprochement et détachement vis-à-vis de l’Europe. Cette tension traduit une interrogation identitaire profonde, exprimée dans la littérature comme dans le discours politique : la Russie est-elle européenne ? En un quart de siècle de pouvoir, Poutine a écrit un nouveau chapitre, qui glorifie l’identité russe comme synthèse des deux mondes, mais avec une nouveauté : une volonté délibérée de déplacer durablement le centre de gravité du pays vers la Sibérie orientale afin non seulement de s’opposer à l’Europe, mais aussi de s’en décrocher structurellement.

Le pivot vers la Sibérie ne date pas de la guerre en Ukraine : il prend racine dans la seconde moitié des années 1990 sous l’impulsion du ministre E. Primakov, puis s’accélère avec le discours de V. Poutine à Munich (2007) et surtout après l’annexion illégale russe de la Crimée (2014). Plus récemment, le politologue Sergei Karaganov a clarifié la dimension existentielle de cet impératif stratégique : il exhorte le peuple russe à retrouver en Sibérie ses racines vitales pour garantir la survie de la nation. Tout ceci est significatif, mais l’essentiel se situe au niveau économique et logistique.


Cette impulsion est dirigée par l’État, fidèle au modèle d’une Russie où les grandes orientations viennent « d’en haut ». Depuis 2018, l’impulsion politique s’accompagne de mesures d’incitation concrètes : des mesures fiscales, sociales, foncières sont mises en place pour attirer les citoyens et les entreprises vers l’immensité sibérienne. La pandémie de COVID-19 a interrompu en 2020 cet élan, mais la relance de la guerre russe en Ukraine l’a replacé depuis 2022 au-devant des priorités. (...)"


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1 week ago
25 minutes 54 seconds

Planisphère géopolitique et stratégique
Le silence est-il la clef oubliée pour comprendre la puissance des mafias ? Avec J-F. Gayraud

Le silence est-il la clef oubliée pour comprendre la puissance des organisations criminelles ? Planisphère a la joie de recevoir un auteur qui fait progresser la compréhension du crime organisé en décryptant très finement un paramètre clé de l’emprise des mafias en Italie comme aux Etats-Unis. Ce paramètre à l’origine de l’emprise des organisations criminelles et de la durée de leur position dominante, dans l’ombre, c’est le silence. Pour en parler, Planisphère reçoit à son micro Jean-François Gayraud, l’un des meilleurs spécialiste du crime organisé, publie un nouveau livre : « Les sociétés du silence. L’invisibilité du crime organisé », aux éditions Fayard, 2025. Il a précédemment publié « La mafia et la Maison Blanche », éditions Plon.

Cette émission a été enregistrée le 10/11/2025 et diffusée le 18/11/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Le-silence-est-il-la-clef-oubliee-pour-comprendre-la-puissance-des-mafias-Avec-J-F.html


Extrait de la synthèse rédigée:

"Dans son ouvrage « Les sociétés du silence. L’invisibilité du crime organisé » (Fayard, 2025), Jean-François Gayraud propose une lecture profondément novatrice de l’emprise des organisations criminelles. Longtemps décrites à travers deux prismes, la violence et l’accumulation capitalistique, les organisations criminelles révèlent, selon lui, une troisième dimension décisive : le silence. Il illustre cette réflexion sur la place du silence à travers le modèle des Mafias, des entités criminelles à l’acmé de l’art du silence. Cette clé d’interprétation, à la fois culturelle, stratégique et anthropologique, éclaire la longévité et la puissance d’organisations criminelles fondées sur la discrétion, l’invisibilité et la maîtrise du langage. À travers l’entretien mené dans l’émission Planisphère, Jean-François Gayraud détaille cette grammaire du silence, ses déclinaisons sociales, linguistiques, fictionnelles et temporelles, ainsi que ses prolongements contemporains, notamment en France.


Jean-François Gayraud souligne que les analyses classiques du crime organisé reposent sur deux axes : la violence visible (meurtres, intimidation, règlements de comptes) et l’accumulation du capital criminel. Pourtant, une dimension essentielle échappe souvent aux observateurs : le silence comme principe actif de survie, d’expansion et de domination. Pour l’auteur, les mafias ne sont pas de simples bandes criminelles, mais de véritables sociétés secrètes, construites pour durer au-delà des générations. Leur culture du silence constitue un outil de protection, de cohésion interne et de dissimulation face aux institutions. C’est cette capacité à rester invisibles qui leur permet de durer bien plus longtemps que les polices et services judiciaires qui les combattent.

Jean-François Gayraud propose une interprétation élargie de l’omerta. Celle-ci ne se réduit pas au simple fait de se taire. Elle comporte trois dimensions distinctes :

. Ne pas parler à l’extérieur, afin de protéger l’organisation.

. Dire la vérité à l’intérieur, obligation souvent ignorée dans les représentations populaires.

. Ne jamais poser de questions, dimension la plus radicale du serment mafieux.

L’omerta devient alors une véritable langue, faite d’euphémismes, de discours obliques, de paraboles, permettant de communiquer sans jamais s’exposer. Cette rhétorique sophistiquée surprend d’autant plus qu’elle est portée par des individus souvent non diplômés, témoignant d’une intelligence rusée proche de la métis grecque. (...)"

Lire la suite de cette synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Le-silence-est-il-la-clef-oubliee-pour-comprendre-la-puissance-des-mafias-Avec-J-F.html

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Planisphère géopolitique et stratégique
Comment décrypter les Etats-Unis ? Avec M. Kandel

Dorénavant plus grand que Trump, le trumpisme entend détruire l’ordre international hérité de la Seconde Guerre mondiale. Un ordre fondé sur le droit… auquel l’Union européenne reste très attachée. Comprendre les ressorts de ce nouvel ordre porté par D. Trump est essentiel pour saisir ce qui nous arrive, et ce qui nous attend. Pour le comprendre, Planisphère reçoit avec joie, Maya Kandel,  Chercheuse indépendante et consultante. Associée à l’Université Sorbonne Nouvelle, auteure d’ « Une première histoire du trumpisme », éd. Gallimard. Elle est également consultante en analyse et prospective sur les Etats-Unis pour différents ministères ainsi que pour le secteur privé.

Cette émission a été enregistrée le 10/10/2025 à Toulon dans le cadre des RSMED et diffusée le 11/10/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Comment-decrypter-les-Etats-Unis-Avec-M-Kandel.html


Extrait de la synthèse rédigée :

"Plus qu’un homme, le trumpisme entend détruire l’ordre international né de 1945, un ordre fondé sur le droit, cher à l’Union européenne. Pour comprendre ce tournant, Maya Kandel analyse la refonte du rôle américain dans le monde opérée par « Trump 2 », qu’elle distingue nettement de « Trump 1 ». Au cœur du projet : abandon du soutien au système multilatéral au profit d’une logique strictement nationale et de rapports de force bilatéraux.

Qualifier Trump d’isolationniste est trompeur. Le débat républicain de l’après-Bush n’oppose pas isolationnisme et interventionnisme, mais interroge l’utilité de soutenir l’ordre international. Le trumpisme tranche : cet ordre n’est plus bénéfique (voire nuisible) aux États-Unis. Il faut donc redéfinir la politique étrangère sur des intérêts nationaux plus étroits, indépendamment des institutions et règles existantes.

Trump 1 avait acté la compétition des grandes puissances (Chine d’abord, puis Russie). Trump 2 invoque un retour au réalisme façon XIXe siècle : chaque grande puissance disposerait légitimement d’une sphère d’influence. Par exemple : re-tarifer le Mexique et le Canada après l’ALENA renégocié, réaffirmer l’hémisphère occidental (doctrine Monroe revisitée) et inclure le Groenland dans la responsabilité du NORTHCOM. Cette vision glisse d’une compétition à une connivence entre puissances… où l’Union européenne n’a pas de place évidente.

Rien n’est clair : l’Europe est-elle sphère d’autrui, ou bien puissance capable de gérer son « étranger proche » ? L’ambiguïté vaut côté américain, russe, chinois… et européen. Pour Maya Kandel, la question touche au statut stratégique du continent et à sa capacité à exister sans garantie américaine automatique.

Parler d’impérialisme est connoté, mais l’idée garde de la pertinence : impérialisme territorial (Russie en Ukraine), impérialisme commercial (Chine et Nouvelles Routes de la soie), et exigences de vassalisation culturelles/politiques perçues dans certains discours américains. Le terme, mis à jour pour le XXIe siècle, éclaire des pratiques actuelles.

Le vice-président J. D. Vance incarne une ascension sociale typiquement américaine (Appalaches, armée, grandes études), adossée à un parrainage de la tech (Peter Thiel / Palantir). Cette trajectoire noue droite populiste, complexe militaro-industriel et écosystème technologique, et aide à comprendre l’ADN idéologique du trumpisme au pouvoir. (...)"


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Planisphère géopolitique et stratégique
A l’heure de Trump II, quels sont les soutiens de la Russie ? Avec D. Minic

Quand nous vivons dans l’Union européenne… nous avons tendance à penser que la Russie est isolée par les nombreux trains de sanctions prises à son encontre depuis des années. Mais, en réalité, la Russie compte des soutiens. Lesquels ? Pour en parler au micro de Planisphère, nous recevons avec plaisir Dimitri Minic. Chercheur au Centre Russie / Eurasie de l’IFRI, historien et docteur en histoire des relations internationales, auteur de « Pensée et culture stratégiques russes : du contournement de la lutte armée à la guerre en Ukraine » Éditions de la MSH. Cette émission a été enregistrée le 22/09/2025, diffusée le 4/11/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-A-l-heure-de-Trump-II-quels-sont-les-soutiens-de-la-Russie-Avec-D-Minic.html

Extrait de la synthèse rédigée :

"Souvent perçue en Europe comme un pays isolé par des sanctions massives, la Russie conserve néanmoins plusieurs soutiens sur la scène internationale. Dimitri Minic, auteur de « Pensée et culture stratégiques russes : du contournement de la lutte armée à la guerre en Ukraine », rappelle que cette perception est incomplète : Moscou s’appuie sur des partenaires stratégiques tels que la Chine, la Corée du Nord et l’Iran. L’analyse de ces relations permet de comprendre comment la Russie résiste à l’isolement occidental, tout en révélant les limites et les asymétries de ces alliances.

Poutine est loin d’être le stratège ou le « joueur d’échec » que fantasment certains observateurs. L’« opération militaire spéciale » en a fourni un exemple paroxystique : initialement conçue pour soumettre politiquement Kyiv en un rien de temps, cette opération a débouché sur une guerre longue et meurtrière imprévue, qui a considérablement affaibli la Russie. Cet échec a d’ailleurs ouvert une période de déstabilisation pour le pouvoir russe, qui s’est fermée à l’été 2023 avec l’échec de la contre-offensive ukrainienne et l’assassinat de E. Prigozhin.

Le premier soutien majeur de Moscou est Pékin. Depuis la chute de l’URSS, les deux pays approfondissent leur partenariat en réaction aux interventions occidentales. L’annexion de la Crimée (2014) puis l’invasion de l’Ukraine en 2022 ont renforcé ce rapprochement, marqué par une asymétrie croissante au profit de la Chine. Pékin soutient la Russie diplomatiquement et économiquement, en lui fournissant notamment des biens à double usage qui lui permettent de continuer sa guerre en Ukraine. Leur point commun : des ambitions impérialistes et un projet anti-occidental affirmé. Cette relation n’est pas transactionnelle. La Chine a choisi de sacrifier sur l’autel de cette relation les bénéfices économiques qu’elle tirait d’une position ambiguë à l’égard de l’Occident, et notamment de l’Europe, partenaire économique essentiel pour la Chine.

Moscou s’est d’abord adressé à Pyongyang dans une perspective opportuniste, pour obtenir des obus d’artillerie puis des soldats qui se sont notamment battus dans la région russe de Koursk. Si la qualité militaire de ce soutien doit être relativisée, ce dernier a été à la fois crucial et révélateur des difficultés rencontrées par Moscou. Les deux pays ont considérablement renforcé leur partenariat depuis le 24 février 2022 au point de conclure une alliance militaire. Toutefois, rien ne permet d’affirmer en 2025 que la Chine, la Russie et la Corée du Nord formeraient un bloc uni et coordonné.

Les livraisons iraniennes de Shahed à la Russie ont permis de rééquilibrer la relation entre les deux pays. Depuis le 7 octobre 2023, l’Iran a par ailleurs été considérablement affaibli. Ce partenariat reste limité : Moscou et Téhéran n’ont pas signé de clause de défense mutuelle (...)"

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Planisphère géopolitique et stratégique
L’espace, terrain d’affrontements ? Avec G. Penent

La Revue nationale stratégique 2025 indique que les espaces communs - dont l’espace extra-atmosphérique - font l’objet d’une compétition de puissance de plus en plus débridée et brutale se déclinant à tous les niveaux de conflictualité. Alors, l’espace est-il devenu un terrain d’affrontements ? Planisphère pose la question à Guilhem Penent. Docteur en sciences politiques, spécialisé sur les questions de politiques spatiales. Il est aujourd’hui Conseiller espace à la Direction générale des relations internationales et de la stratégie du ministère des Armées. Il s’exprime en son nom propre.

Cette émission a été enregistrée à Toulon dans le cadre des RSMED, avec les moyens de RCF Méditerranée le 10/10/2025, diffusée le 28/10/2025.


Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-L-espace-terrain-d-affrontements-Avec-G-Penent.html


Extrait de la synthèse rédigée :

"La Revue nationale stratégique 2025 confirme ce que la Stratégie spatiale de défense de 2019 annonçait déjà : l’espace extra-atmosphérique est désormais un terrain de rivalités stratégiques. Autrefois symbole de coopération scientifique, il est devenu une zone de compétition de puissance, où les comportements inamicaux et les actes hostiles se multiplient. Pour Guilhem Penent, cette évolution reflète une mutation géopolitique majeure : le renforcement des utilisations militaires de l’espace et la dépendance croissante des sociétés à ses infrastructures.

Les dernières années ont vu une banalisation des comportements dangereux : satellites espions s’approchant de satellites étrangers, brouillages, ou encore tests de missiles antisatellites, comme celui de la Russie en 2021 ayant généré des milliers de débris. Ces actes, souvent difficiles à attribuer ou à qualifier juridiquement, participent à une instabilité structurelle. L’espace devient un théâtre d’affrontements hybrides, où la frontière entre provocation et agression est floue.

L’espace est un milieu vaste, hostile et opaque, où l’identification des intentions et des responsabilités reste complexe. Cette incertitude favorise les stratégies d’ambiguïté : des États peuvent mener des opérations inamicales tout en niant toute intention hostile. Ce brouillage des lignes rend difficile toute réponse politique ou militaire et entretient un sentiment d’impunité chez certains acteurs.

Selon Guilhem Penent, la dépendance à l’espace dépasse désormais le cadre militaire. GPS, transactions bancaires, prévisions météo, logistique : nos activités quotidiennes dépendent d’une connectivité spatiale invisible. Une panne généralisée ou une attaque ciblée sur les satellites pourrait paralyser des pans entiers de l’économie mondiale. Cette dépendance massive crée de nouvelles vulnérabilités stratégiques que certains acteurs pourraient exploiter.

La configuration actuelle se distingue de la Guerre froide (1947-1990) : la vulnérabilité n’est plus partagée. Certains États, moins dépendants de l’espace, peuvent chercher à exploiter les faiblesses de puissances plus connectées. Les États-Unis, la Chine et la Russie forment le trio de tête. La Chine, dont la stratégie semblait essentiellement répondre à une logique de contournement voire de déni d’accès (capacités antisatellites), rattrape désormais son retard et fait l’apprentissage accéléré des gains qu’elle pourrait tirer à son tour d’une exploitation de l’espace en appui à ses besoins propres. Derrière eux, l’Europe, l’Inde et le Japon tentent de trouver leur place. L’Europe illustre une approche plus coopérative mais encore marquée par un sous-investissement militaire chronique. (...)"

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Planisphère géopolitique et stratégique
Un Japon affaibli dans le désordre du monde ? Avec C. Pajon

Le Japon est une puissance économique importante mais fragilisée par une croissance devenue quasi-nulle… et une démographie vieillissante. Existe-t-il d’autres causes de fragilité, internes et externes ? Comment comprendre un Japon affaibli dans le désordre du monde ? Comment le Japon tente-t-il de faire face ? Pour répondre au micro de Planisphère, nous avons l’honneur de recevoir Céline Pajon, Chercheuse à l’IFRI, responsable des activités Japon et coordinatrice du programme Océanie au Centre Asie. Contributrice au RAMSES 2026, sous la direction de Thierry de Montbrial et Dominique David.

Cette émission a été enregistrée le 22/09/2025, diffusée pour le 21/10/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Un-Japon-affaibli-dans-le-desordre-du-monde-Avec-C-Pajon.html


Extrait de la synthèse rédigée:

"Le Japon reste une puissance économique de premier plan, quatrième économie mondiale, derrière l’Allemagne, mais son dynamisme est fragilisé par une croissance atone et une démographie vieillissante. Au-delà de ces deux points souvent évoqués, d’autres facteurs de vulnérabilité internes et externes fragilisent l’archipel. Dans un monde marqué par des tensions géopolitiques accrues et des recompositions stratégiques, comprendre la place d’un Japon affaibli permet de mieux saisir l’évolution de l’ordre international en Asie-Pacifique.

Deux stéréotypes marquent encore l’imaginaire occidental. D’une part, le Japon serait un « géant économique mais un nain politique ». Cette perception, héritée des années 1980-1990, est aujourd’hui dépassée : le Japon joue un rôle diplomatique actif, notamment à travers la promotion du concept d’« Indo-Pacifique libre et ouvert » initié par Shinzo Abe. D’autre part, certains observateurs redoutent un retour du militarisme japonais. Or, malgré le renforcement progressif de ses forces d’autodéfense, l’évolution reste strictement défensive face aux menaces chinoise, nord-coréenne et russe.

Sur le plan intérieur, le Japon souffre d’une instabilité politique récurrente. Le Parti libéral-démocrate (PLD) domine la vie politique, mais ses Premiers ministres sont fragiles, souvent contraints de démissionner dès qu’ils deviennent impopulaires. L’assassinat de Shinzo Abe en 2022 a symbolisé un basculement, ramenant l’archipel dans une phase d’instabilité gouvernementale. À cela s’ajoutent des difficultés économiques persistantes : stagnation de la croissance, faible dynamisme du marché du travail, salaires en recul et inflation, symbolisée par la « crise du riz ». Cette tension économique alimente la montée de discours populistes et xénophobes, bien que marginaux, qui reflètent la frustration de la population quant au pouvoir d’achat.


Le Japon est encerclé par trois puissances hostiles :

. La Chine, dont la modernisation militaire rapide et les incursions autour des îles Senkaku inquiètent Tokyo.

. La Corée du Nord, avec son programme nucléaire et balistique, dont les missiles tombent régulièrement dans les eaux japonaises.

. La Russie, renforçant ses incursions militaires et sa coopération stratégique avec Pékin.

Cet environnement, couplé aux tensions autour de Taïwan, place le Japon dans une position de vulnérabilité directe."


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26 minutes 3 seconds

Planisphère géopolitique et stratégique
Vivons-nous une guerre des fréquences ? Avec B. Hainaut

Des milliers de satellites tournent au-dessus de nos têtes. Pour assurer la communication entre la Terre et les satellites, les opérateurs utilisent des fréquences du spectre électromagnétique. Sans le savoir, vivons-nous une guerre des fréquences ? Pour répondre au micro de Planisphère, nous recevons Béatrice Hainaut, Docteure en Science politique, Relations internationales de l’Université Paris II Panthéon-Assas. La capitaine Béatrice Hainaut a rejoint l’IRSEM en 2022, en tant que chercheure sur les questions spatiales. En 2016, Béatrice Hainaut a gagné l’un des deux prix dans le cadre du concours Ma thèse avec le Diploweb en 7 minutes (MTD7). Cette émission a été enregistrée le : 15/09/2025. Diffusée le 14/10/25. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse  https://www.diploweb.com/Planisphere-Vivons-nous-une-guerre-des-frequences-Avec-B-Hainaut.html


Extrait de la synthèse rédigée:

À l’ère du New Space, la multiplication des satellites en orbite terrestre transforme profondément les enjeux de souveraineté, de régulation et de compétition dans l’espace. Au cœur de cette bataille silencieuse se trouvent les fréquences électromagnétiques, essentielles pour permettre la communication entre les satellites et les infrastructures terrestres (stations, antennes…). Ce podcast met en lumière une guerre des fréquences, alimentée par la rareté du spectre, les logiques de puissance et des stratégies de contournement parfois discutables.

Contrairement aux idées reçues, le satellite en orbite ne fonctionne pas de manière autonome. Il dépend d’une infrastructure terrestre qui assure la transmission de données (images, télémesures, ordres de reprogrammation, etc.) via le spectre électromagnétique. Sans cette infrastructure, le satellite devient inutilisable. L’élément invisible mais vital dans ce dialogue entre ciel et terre, c’est donc la fréquence, ressource finie et convoitée.

Depuis 1865, l’UIT régule les télécommunications, y compris spatiales. Devenue agence de l’ONU en 1949, elle a su adapter sa Constitution aux évolutions technologiques majeures, notamment l’essor des satellites et des constellations en orbite basse. Deux systèmes d’attribution coexistent :

. Premier arrivé, premier servi.

. Planification a priori, où chaque État dispose d’une part minimale du spectre, qu’il utilise ou non.

Cette double logique vise à équilibrer équité et efficacité, même si des déséquilibres subsistent.


Sur le papier, le traité de l’espace de 1967 garantit un accès équitable à l’espace pour tous les États. Dans les faits, les tensions géopolitiques terrestres se projettent dans l’espace, où les puissances spatiales (États-Unis, Chine...) captent les positions et fréquences les plus stratégiques. La création exponentielle d’agences spatiales nationales reflète néanmoins un intérêt global croissant pour cet espace extra-atmosphérique.

Face à l’essor des constellations commerciales (ex. Starlink, Kuiper…), l’UIT a renforcé ses règles :

. Un satellite en orbite dans les 7 ans après une réservation datée.

. Puis 20 % de la constellation dans les 2 années suivantes.

. 50 % dans les 5 ans, 100 % dans les 7 ans.

Ce système vise à éviter les abus de réservations spéculatives, tout en donnant de la visibilité aux projets sérieux.

La fréquence devient un actif stratégique, utilisé comme levier pour attirer les financements. Certaines entreprises commerciales déposent des réservations massives sans projet concret, générant des “satellites de papier”. D’autres exploitent la planification a priori en rachetant les droits de petits États peu impliqués dans le spatial. (...)"


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Planisphère géopolitique et stratégique
Birmanie : le régime des généraux a-t-il encore un avenir ? Avec C. Lechervy

Située en Asie-Pacifique, la Birmanie est frontalière du Bangladesh, de l’Inde, de la Chine, du Laos et de la Thaïlande. La Birmanie dispose d’une côte maritime sur l’océan Indien. Sa population compte 54 millions d’habitants. Mais, la Birmanie, c’est aussi une dictature militaire et une crise humanitaire qui passent souvent en dessous des radars. En Birmanie : le régime des généraux a t-il encore un avenir ? Pour vous donner des éléments de réponse, Planisphère reçoit Christian Lechervy. Il s’exprime en son nom propre.Ambassadeur Christian Lechervy. Il s’exprime en son nom propre. Co-auteur de « L’Asie - Pacifique : nouveau centre du monde », Odile Jacob. Envoyé spécial pour la Birmanie en appui des efforts internationaux, Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Précédemment Ambassadeur de France en Birmanie de 2018 à octobre 2023. Cette émission a été enregistrée le 25/02/2025 et le 8/02/25 pour l’insert téléphonique, diffusée le 7 octobre 2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l’adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Birmanie-le-regime-des-generaux-a-t-il-encore-un-avenir-Avec-C-Lechervy.html


Extrait de la synthèse rédigée:

Située en Asie du Sud-Est, la Birmanie partage ses frontières avec cinq pays : le Bangladesh, l’Inde, la Chine, le Laos et la Thaïlande. Sa position stratégique et son accès à l’océan Indien en font un carrefour d’influences entre ces puissances régionales. Avec une population de 54 millions d’habitants, le pays est marqué par une grande diversité ethnique, avec environ 130 groupes ethniques répertoriés. Cette diversité est un facteur clé des tensions internes et des conflits qui ont jalonné son histoire.

Le 1er février 2021, l’armée birmane (Tatmadaw) a renversé le gouvernement civil dirigé par la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) d’Aung San Suu Kyi. Ce coup d’État n’a pas été une surprise totale : il est intervenu le jour même où devait se réunir le Parlement élu lors des élections générales du 8 novembre 2020, largement remportées par la LND. Depuis 2008, la Constitution birmane réserve 25 % des sièges du Parlement aux militaires et leur garantit des postes-clés dans le gouvernement. Cependant, avec sa victoire écrasante, la LND aurait pu marginaliser davantage les militaires du pouvoir politique et économique. La junte militaire a donc agi pour protéger ses intérêts. Depuis, la junte militaire fait face à une opposition croissante, avec une intensification des conflits armés entre l’armée et divers groupes de résistance, y compris des mouvements issus de la jeune génération (génération Z) et des organisations ethniques historiquement en conflit avec le pouvoir central.

La communauté internationale peine à répondre à cette crise humanitaire que traverse le pays, accentuée par le tremblement de terre du 28 mars 2025. La situation était déjà très difficile. Ce séisme, le plus meurtrier depuis des décennies dans ce pays a causé près de 4 000 morts, plus de 5000 blessés, 50 000 maisons endommagées ou détruites.

Les financements de l’aide humanitaire sont insuffisants, et certaines grandes puissances, comme les États-Unis, ont suspendu leur soutien. L’Union européenne reste un acteur clé, mais son aide peine à atteindre les zones les plus touchées.


Malgré son ampleur, la crise en Birmanie est peu couverte par les médias internationaux. Plusieurs facteurs expliquent cette relative invisibilité :

. Un accès difficile au terrain : les journalistes étrangers ne sont pas les bienvenus et doivent souvent entrer clandestinement dans le pays, ce qui rend un reportage risqué et complexe."

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Planisphère géopolitique et stratégique
Renseignement : comment fonctionne l’alliance des Five Eyes ? Avec C. Renault

Que savons-nous de l’alliance des Five Eyes ? C. Renault présente le dispositif de renseignement le plus intégré du monde, fondé sur le partage massif d’informations entre 5 pays anglo-saxons : Etats-Unis, Royaume-Uni, Canada, Australie et Nouvelle-Zélande. Dans un contexte de bouleversements stratégiques majeurs, cette alliance est-elle toujours tenable ? Autrement dit, les orientations stratégiques de D. Trump remettent-elle en question cette coopération ? Pour dialoguer à ce propos, nous avons la chance de recevoir au micro de Planisphère Clément Renault, Docteur, historien, chercheur « renseignement, guerre et stratégie » à l’IRSEM et enseignant à Sciences Po. Clément Renault a cosigné avec Paul Charon, « Le monde à venir vu par la CIA », Éditions des Équateurs, 2025. Cette émission a été enregistrée le 08/09/2025 et diffusée le 30/09/25. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l'adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Renseignement-comment-fonctionne-l-alliance-des-Five-Eyes-Avec-C-Renault.html


Extrait de la synthèse rédigée:

"L'alliance des Five Eyes est souvent qualifiée de dispositif de renseignement le plus intégré au monde. Fondée sur la confiance, la complémentarité des ressources et un partage massif d’informations, cette alliance historique entre cinq puissances anglo-saxonnes s’est structurée autour de l’interception de télécommunications, principalement à des fins militaires, diplomatiques et stratégiques. Dans un contexte d’instabilité mondiale et de remise en question des alliances traditionnelles, l’émission s’interroge : l’alliance des Five Eyes est-elle toujours tenable ? Et surtout, les orientations de Donald Trump remettent-elles en cause cette coopération ?

L’alliance des Fives Eyes prend racine en 1943 avec le pacte BRUSA entre le Royaume-Uni et les États-Unis, durant la Seconde Guerre mondiale. Elle vise alors à coordonner les efforts d’interception des communications ennemies. L’accord est formalisé en 1946 (accord UKUSA), puis étendu à trois autres pays : le Canada (1948), la Nouvelle-Zélande et l’Australie (1956), dans le contexte de la Guerre froide (1947-1990). Cette extension transforme l’accord bilatéral en réseau global de renseignement, spécialisé dans le renseignement électromagnétique (SIGINT), c’est-à-dire l’interception de signaux et de communications.

Le renseignement, selon Clément Renault, se compose de données brutes (communications interceptées, imagerie, informations humaines) qui sont ensuite analysées, croisées et interprétées pour produire des informations dites «  finies  », utiles à la prise de décision politique et militaire. Dans le cas des Five Eyes, l’accent est mis sur l’interception technique, notamment des télécommunications.

Le caractère unique de l’alliance des Fives Eyes repose sur un niveau d’intégration inédit : présence mutuelle d’officiers de liaison, partage d’infrastructures techniques, outils communs et instances collégiales de coordination. Cette coopération s’appuie sur une confiance réciproque mais aussi sur une hiérarchie implicite : la NSA américaine domine largement les échanges, suivie par le GCHQ britannique. Les autres membres, notamment la Nouvelle-Zélande, sont considérés comme plus modestes en termes de capacités, mais stratégiques géographiquement, notamment dans la zone indo-pacifique."

Lire la suite de la synthèse rédigée disponible sur Diploweb https://www.diploweb.com/Planisphere-Renseignement-comment-fonctionne-l-alliance-des-Five-Eyes-Avec-C-Renault.html


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Planisphère géopolitique et stratégique
OTAN. Sur quelle Alliance atlantique peut-on compter aujourd’hui ? Avec M. Domenach

« Ce qu’on est en train de vivre, c’est la mort cérébrale de l’OTAN » déclare le président de la République française Emmanuel Macron le 7 novembre 2019. Non seulement l’OTAN existe toujours mais la relance de l’agression russe contre l’Ukraine, en 2022, lui a apporté deux nouveaux membres : la Suède et la Finlande. Pourtant, depuis le retour de D. Trump à la Maison Blanche, le 20 janvier 2025, la confiance entre alliés a semble-t-il diminué. Alors, sur quelle Alliance atlantique peut-on compter aujourd’hui ? Pour dialoguer à ce propos, Planisphère reçoit Muriel Domenach, Haute fonctionnaire. Elle a été Ambassadrice de France auprès de l’OTAN de 2019 à 2024 après un parcours dans les affaires de sécurité. Cette émission a été enregistrée le : 15/09/2025 et diffusée le 23/09/2025.  Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l'adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Sur-quelle-Alliance-atlantique-peut-on-compter-aujourd-hui-Avec-M-Domenach.html

Extrait de la synthèse rédigée

"En 2019, Emmanuel Macron parlait de la « mort cérébrale de l’OTAN ». Pourtant, l’organisation a non seulement survécu, mais elle s’est renforcée avec l’adhésion de la Finlande et de la Suède après l’agression russe contre l’Ukraine. Depuis le retour de Donald Trump à la présidence américaine en janvier 2025, l’Alliance atlantique est mise à l’épreuve dans son principe même par l’allié américain, dans le contexte d’une pression russe croissante, en Ukraine où Moscou a redoublé de brutalité mais aussi envers l’Europe. L’entretien avec Muriel Domenach, ambassadrice de France auprès de l’OTAN (2019-2024), éclaire ces enjeux.

Selon Muriel Domenach, il est faux de considérer que l’OTAN a dépassé le stade de la « mort cérébrale ». L’organisation, fondée par le traité de Washington en 1949, demeure une structure politique et militaire solide dont aucun État ne peut ni même n’a intérêt à unilatéralement décréter la dissolution. Même lorsque certains dirigeants, comme Donald Trump, mettent en doute la menace russe ou la pertinence de la protection collective, l’OTAN reste militairement utile.


L’OTAN persiste car elle représente un « bon deal » pour ses membres.

. Pour les États-Unis : elle offre un cadre institutionnel où Washington exerce une prééminence confortable sans imposer de coercition, contrairement au Pacte de Varsovie [2] en son temps.

. Pour les Européens : elle fournit une tutelle sécuritaire fiable, efficace et relativement bienveillante, leur permettant de se concentrer sur la prospérité économique et sociale. Cette dépendance était acceptée et sa continuation était même ardemment souhaitée.


Les États-Unis placent désormais l’Asie-Pacifique et la Chine au cœur de leur stratégie, une tendance amorcée dès l’ère Obama avec le « pivot vers l’Asie ». Pour Trump, cette priorité s’accompagne d’une certaine proximité idéologique avec Vladimir Poutine, délétère pour la solidarité transatlantique. Les Européens, eux, perçoivent la Russie comme une menace directe et urgente. Ce décalage oblige l’Europe à assumer davantage la responsabilité de sa propre sécurité.


M. Domenach souligne le danger d’un accord bilatéral russo-américain que l’on a redouté surtout après le piège tendu à V. Zelensky dans le bureau ovale le 28 février 2025 et qui aurait sacrifié l’Ukraine et la sécurité européenne. La Russie cherche à rétablir son « glacis » impérial et à séparer les Européens des Américains. Trump, en adoptant certains discours russes et en mettant sous pression l’Ukraine plutôt que Moscou, a accentué ce risque. Les Européens ont néanmoins réussi à revenir dans le jeu transatlantique en soutenant collectivement Zelensky, et en obtenant la continuation du soutien militaire américain à l’Ukraine."

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1 week ago
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Planisphère géopolitique et stratégique
Quelle question allemande en Europe ? Avec T. Garcin

Comme tout pays, l’Allemagne fédérale a des intérêts propres. Mais c’est aussi le plus peuplé et le plus productif des 27 pays de l’UE. Comment s’articulent les intérêts de l’Allemagne et l’Union européenne, voire l’OTAN ? Pour y répondre, Planisphère reçoit Thierry Garcin, ancien producteur délégué à Radio-France (Les enjeux internationaux) et chercheur associé à l’université de Paris Cité. Il vient de publier chez l’Harmattan : « La question allemande en Europe depuis l’unification ».


Extrait de la synthèse rédigée disponible sur Diploweb https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelle-question-allemande-en-Europe-Avec-T-Garcin.html


"L'Allemagne occupe une place particulière dans l’Union européenne  : à la fois puissance économique centrale, État fédéral singulier, héritière d’une histoire tourmentée. Elle reste un acteur ambivalent dans les dynamiques de l’Union européenne et de l’OTAN. À travers cet entretien, Thierry Garcin déconstruit plusieurs idées reçues sur la relation franco-allemande, le rôle de l’Allemagne dans l’élargissement européen, ses rapports avec la Russie, la Chine et sa vision de la défense européenne. Il met en lumière les tensions entre les intérêts nationaux allemands et ceux de l’Union européenne dans un contexte géopolitique instable.

L’expression «  couple franco-allemand  », fréquemment utilisée depuis les années 1980, est critiquée par Thierry Garcin comme étant une image surannée, inadaptée à la réalité des rapports entre Paris et Berlin. Il propose d’abandonner les métaphores comme «  binôme  », «  axe  » ou «  tandem  » pour préférer celle du moteur franco-allemand, plus dynamique et réversible. En effet, depuis l’unification de l’Allemagne, les équilibres ont changé et cette relation ne repose plus sur la même base historique.

Le mythe du «  couple franco-allemand  »

L’unification allemande et l’échec d’un fédéralisme européen

L’unification de 1990 a provoqué une transformation majeure dans les rapports intra-européens. Le traité de Maastricht [2] visait une union fédérale européenne, mais cet objectif s’est heurté à l’incompatibilité culturelle des États-nations historiques comme la France et le Royaume-Uni [3] avec un modèle fédéral. L’introduction de l’euro a été perçue comme un compromis, une manière d’intégrer l’Allemagne dans un projet commun, tout en diluant sa force monétaire (le Deutschmark). Toutefois, cette tentative de fédéralisation a échoué, laissant une Europe fragmentée, sans véritable politique commune ni cohésion stratégique.

Les vagues d’élargissement de l’Union européenne (2004, 2007, 2013) ont davantage servi les intérêts économiques de l’Allemagne, notamment pour renforcer ses exportations vers l’Europe centrale. En revanche, la France les a soutenus pour éviter un face-à-face direct avec l’Allemagne, ce qui a abouti à un élargissement trop rapide et peu cohérent. Des choix hasardeux (comme l’entrée de Chypre, territoire partiellement occupé par un pays candidat, la Turquie) ou risqués (l’ouverture de la candidature aux pays en guerre ou amputés de leur territoire comme la Géorgie, la Moldavie ou l’Ukraine) révèlent un manque de vision stratégique.

Les relations germano-russes ont toujours été marquées par l’histoire (antagonisme historique Slaves-Germains, invasion de 1941), mais aussi par des partenariats économiques puissants, notamment dans l’énergie (gazoducs Nord Stream). Vis-à-vis de la Chine, l’Allemagne a défendu ses intérêts économiques propres, poussant l’Union européenne à un Accord global sur les investissements au détriment des critères de droit du travail ou de souveraineté industrielle. Thierry Garcin dénonce une forme d’opportunisme allemand, qui a bénéficié de l’OTAN pour sa défense, de la Chine pour son commerce et de la Russie pour son énergie."

La suite de la synthèse rédigée disponible sur Diploweb https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelle-question-allemande-en-Europe-Avec-T-Garcin.html

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Planisphère géopolitique et stratégique
Quelle Union européenne dans le monde de Trump II ? Avec M. Lefebvre

Quelle Union européenne dans le monde de Trump II ? L’UE peut-elle compter sur sa diplomatie, se résigne-t-elle à l’impuissance ou doit-elle tenter le sursaut ? Pour dialoguer à ce propos, Planisphère reçoit Maxime Lefebvre. Diplomate de carrière, ancien ambassadeur, détaché depuis 2022 à l’ESCP Business School comme professeur de relations internationales, directeur du Master "International Business & Diplomacy" et co-directeur de l’Institut géopolitique.

Cette émission a été enregistrée le : 01/09/2025, diffusée le 9/09/2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l'adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelle-Union-europeenne-dans-le-monde-de-Trump-II-Avec-M-Lefebvre.html


Extrait de la synthèse :

"Un compromis commercial difficile, mais pragmatique

L’accord commercial avec l’administration Trump, bien que déséquilibré et perçu par certains comme une humiliation, est plutôt un « armistice ». En évitant une guerre commerciale frontale, l’UE a cherché à préserver ses intérêts économiques et sociaux. L’acceptation d’une taxation asymétrique s’explique par la volonté de maintenir la fluidité des échanges, dans un contexte où l’UE exporte massivement vers les États-Unis.

Face aux offensives américaines dans le domaine du numérique, notamment via les géants de la tech, l’UE a défendu ses régulations : RGPD, DSA, DMA. Malgré les pressions américaines, notamment sur la liberté d’expression en ligne, elle a refusé de céder. La régulation des contenus, notamment sur des plateformes comme X (ancien Twitter), reste un enjeu clé dans la lutte contre la désinformation et la défense de la souveraineté législative européenne.

Sur le dossier ukrainien, les Européens, notamment via le format des « Big 6 », ont agi de manière concertée pour influencer la position américaine. Ils ont mis sur la table la question des garanties de sécurité pour l’Ukraine, tout en maintenant l’engagement américain au sein de l’OTAN. La séquence diplomatique des six derniers mois illustre la capacité de l’UE à mener une action cohérente, mêlant pression, dialogue et parfois flatterie à l’égard de Trump.

La nature imprévisible et clivante de Trump contraint les Européens à adopter une posture réaliste. La diplomatie implique de dialoguer même avec des interlocuteurs désagréables. La stratégie européenne consiste à rester ferme sur les principes, tout en ménageant l’ego de son partenaire américain afin de préserver les intérêts vitaux du continent.

Contrairement à son premier mandat, Trump revient avec une équipe fidèle, une expérience renforcée et une volonté claire de mise en œuvre. Toutefois, Maxime Lefebvre souligne deux aspects qui peuvent laisser place à la négociation : son pragmatisme économique et son peu d’appétence pour les aventures militaires, à la différence de prédécesseurs bellicistes comme George W. Bush (2001-2009).

Vers une puissance européenne ? Un impératif stratégique

La pression américaine, la guerre en Ukraine et les rivalités géopolitiques avec la Chine et la Russie rappellent l’urgence d’une Europe plus autonome. Cela implique de renforcer la défense, la compétitivité économique, la souveraineté technologique et la diplomatie commune. Mais les obstacles sont nombreux : départ du Royaume-Uni, divergences franco-allemandes, montée des nationalismes et affaiblissement démographique.

La démographie, talon d’Achille de la puissance européenne

La faible fécondité européenne mine les perspectives de puissance à long terme. Une population vieillissante fragilise les systèmes sociaux et la capacité d’innovation. L’immigration pourrait être une solution partielle, mais elle suscite des résistances politiques et sociales. La relance démographique devient ainsi un enjeu géopolitique autant qu’économique." La suite sur Diploweb https://www.diploweb.com/Planisphere-Quelle-Union-europeenne-dans-le-monde-de-Trump-II-Avec-M-Lefebvre.html

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Qu’avons-nous fait pour en arriver là ? Avec B. Dupré

Qui n’a pas été pris ces derniers temps par un certain vertige devant le désordre croissant d’un monde semble-t-il devenu fou ? Qui n’a pas été tenté de faire un pas de côté, pour se préserver ? Alors il est temps de se poser la question : Qu’avons-nous fait pour en arriver là ? Et comment rebondir ? Pour y réfléchir ensemble, nous avons le plaisir de recevoir Bruno Dupré, diplomate européen, il s’exprime ici à titre personnel. Bruno Dupré est détaché par la France au service diplomatique de l’UE, le SEAE. Il y occupe la fonction de conseiller politique. Cette émission a été enregistrée le 20 mai 2025, diffusée le 2 juillet 2025.

Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l'adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Qu-avons-nous-fait-pour-en-arriver-la-Avec-B-Dupre.html


Extrait de la synthèse rédigée:

La question "Qu’avons-nous fait pour en arriver là ?" résonne aujourd’hui avec une acuité particulière. Dans un monde marqué par le chaos, les fractures géopolitiques et la perte des repères moraux, nombreux sont ceux qui ressentent un certain vertige, voire un besoin instinctif de retrait pour se préserver. À l’heure des bascules systémiques, il devient essentiel de faire une pause réflexive. À cette fin, Bruno Dupré, diplomate européen détaché au Service européen pour l’action extérieure (SEAE), propose une lecture personnelle mais profondément informée des désordres contemporains, au micro de l’émission Planisphère. Il identifie trois causes majeures à cette situation : la crise du multilatéralisme, le retour des logiques impériales et une crise culturelle de l’Occident.

Le premier grand dérèglement évoqué par Bruno Dupré est l’effondrement du multilatéralisme, ce système fondé après la Seconde Guerre mondiale sur le dialogue et le consensus entre États souverains. Les Nations unies, jadis garantes d’un ordre basé sur l’égalité des États et le respect de la souveraineté territoriale, sont devenues aujourd’hui largement inopérantes. Les résolutions perdent de leur sens et les grandes puissances ne s’accordent plus sur les principes fondamentaux. Cette perte de confiance est particulièrement grave pour l’Union européenne, qui s’est construite sur ces valeurs. En effet, l’ADN de l’Union repose sur le multilatéralisme. L’impossibilité d’agir collectivement sur les grands enjeux internationaux (climat, paix, sécurité) affaiblit considérablement la gouvernance mondiale, creusant le fossé entre le Nord et le Sud.

La crise du multilatéralisme : la fin du consensus global.

Le retour des empires : entre conquête et prédation

En parallèle de cette crise institutionnelle, B. Dupré observe un retour inquiétant des logiques impériales. Chine, Russie, États-Unis : ces grandes puissances agissent à nouveau comme des empires cherchant à étendre leurs sphères d’influence, souvent au détriment du droit international. Ce comportement s’appuie sur une vision du monde où les frontières restent à conquérir : que ce soit à Taïwan, au Canada, en Ukraine ou dans l’Arctique, le territoire redevient un enjeu de puissance. Cette logique s’oppose radicalement à celle de l’Union européenne, qui considère les frontières comme figées et inviolables. Elle marque aussi une rupture avec le modèle westphalien de coexistence pacifique entre nations.

Une fracture Nord-Sud devenue abyssaleL’Europe et l’Occident en général paient aujourd’hui leur arrogance passée, notamment dans leur rapport aux pays du « Sud global ». Les tentatives d’imposer des modèles politiques ou culturels occidentaux sont perçues comme du néocolonialisme. Le rejet de cette domination se manifeste clairement dans les votes à l’ONU, où de nombreux pays africains s’abstiennent ou votent contre des résolutions proposées par l’Europe. Même les pays historiquement soutenus par l’aide occidentale expriment désormais une volonté d’émancipation." La suite sur Diploweb.com

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Planisphère géopolitique et stratégique
Quel est l’apport de la cartographie dans la compréhension des crises complexes ? Avec D. Amsellem

Ce ne sont pas les crises géopolitiques qui manquent ! Mais quel peut être l’apport de la cartographie dans la compréhension de crises complexes ? La cartographie peut-elle devenir une aide à la décision ? Est-il possible de cartographier ce qui semble invisible comme la cyberguerre, voire la désinformation ? Pour répondre à ces questions, Planisphère a l’honneur de recevoir David Amsellem, Docteur en géopolitique (IFG) et associé chez Cassini Conseil, un cabinet spécialisé dans l’analyse géopolitique et la production de cartographies. Cette émission a été enregistrée le 13 mai 2025, diffusée le 2 septembre 2025. Planisphère est une émission de RND et RCF, produite par Pierre Verluise, reprise en podcast sur Diploweb.com avec en bonus une synthèse rédigée à l'adresse https://www.diploweb.com/Planisphere-Quel-est-l-apport-de-la-cartographie-dans-la-comprehension-des-crises-complexes-Avec-D.html

Extrait de la synthèse rédigée.

"La cartographie : un langage politique sous-estimé

Contrairement à l’idée reçue selon laquelle la carte serait un document purement objectif et neutre, David Amsellem insiste sur le fait que la cartographie est profondément politique. Chaque étape de sa création – du choix du fond de carte à celui des couleurs, des données sélectionnées aux échelles utilisées – implique des choix éditoriaux qui influencent la lecture du monde. Par exemple, représenter les États-Unis au centre d’une carte pour étudier la Guerre froide change radicalement la perception des rapports de force avec l’URSS, qui lui fait face, plutôt qu’un éloignement faussement naturel lorsqu’on observe ces deux pays avec l’Europe au centre de la carte. De même, les couleurs utilisées pour désigner des partis politiques, comme le noir jadis associé au Front national, véhiculent des messages symboliques puissants (en l’espèce, celui de la menace brune). La carte est donc un objet de représentation, porteur de sens et non un simple outil descriptif.

Un outil visuel de pouvoir et de stratégieLa carte, par sa capacité à simplifier et figer visuellement des informations complexes, devient un vecteur de pouvoir symbolique. Elle permet de transmettre des messages de manière immédiate et convaincante. Dans les guerres et les conflits, la cartographie de propagande illustre à quel point les représentations peuvent façonner les opinions. À l’inverse, une carte peut aussi être un outil de pédagogie, de sensibilisation ou d’alerte. Elle s’impose souvent plus facilement qu’un discours argumenté car elle repose sur un langage visuel universel. Cela fait de la cartographie un instrument redoutablement efficace pour structurer une pensée géopolitique et orienter les décisions.

De la donnée traditionnelle au Big Data : l’évolution du métier de cartographe

Le métier de cartographe a connu une mutation radicale avec l’avènement du numérique. Historiquement, les cartes reposaient sur des observations de terrain et des données recueillies manuellement par les géographes. Aujourd’hui, elles s’enrichissent de données massives, chiffrées, spatialisées et géoréférencées, issues de satellites, de GPS ou de bases de données en ligne. Cette évolution a donné naissance à une nouvelle discipline, la géomatique, qui conjugue informatique et géographie. Le cartographe moderne est ainsi devenu un analyste de données, capable de croiser, hiérarchiser et représenter des flux complexes d’informations pour les rendre lisibles. Cela le rend indispensable dans les domaines sensibles comme le renseignement, la sécurité, la logistique ou l’aide humanitaire.

Comprendre les crises complexes grâce aux changements d’échelleLes crises géopolitiques complexes se caractérisent par la diversité des causes (historiques, économiques, sociales, religieuses) et des acteurs impliqués, mais aussi par la multiplicité des échelles géographiques concernées. La cartographie permet de représenter ces crises de manière multiscalaire, en combinant les dynamiques locales et globales."

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1 week ago
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Planisphère géopolitique et stratégique
L’actualité du monde est passée au crible par les experts de la géopolitique et des questions stratégiques. Cette émission Planisphère est diffusée sur la bande FM sur les fréquences de RND et RCF, puis mise à disposition comme podcast sur cette plateforme. Produite par Pierre Verluise, cette émission est également installée sur le premier site géopolitique qu'il dirige, Diploweb.com, accompagnée d'une synthèse rédigée, validée par l'intervenant. Enfin, vous trouverez ici quelques enregistrements de podcasts du Diploweb, antérieurs à cette émission Planisphère, par ex. avec Y. Lacoste.