Viscéral : le signe de MurphyIntérêt clinique et implications pratiques pour les kinésithérapeutes pratiquant la thérapie viscérale. Lors d’un examen abdominal, certains signes cliniques simples orientent fortement le raisonnement. Le signe de Murphy en fait partie. Il est ancien, décrit en médecine depuis plus d’un siècle, et reste aujourd’hui encore utilisé comme élément d’orientation face à une douleur de l’hypochondre droit. Pour un kinésithérapeute viscéral, il ne s’agit pas de poser un diagnostic médical, mais de reconnaître une situation potentiellement inflammatoire nécessitant prudence, adaptation du soin ou réorientation.
Réussir sa rééducation, c’est souvent un travail à deux.
Les kinésithérapeutes apportent leur expertise.
Les patients apportent leur vécu, leur sensations, leur quotidien.
Quand les deux collaborent,la rééducation devient plus claire, plus cohérente, plus humaine.
Ce livre a été conçu pour nourrir ce dialogue.rien de plus.rien de moins.
Beaucoup de personnes vivent leurs symptômes comme des ennemis à faire taire : une douleur, un ventre tendu, une fatigue persistante, une respiration courte. Dans la vision défendue par de nombreux kinésithérapeutes aujourd’hui, ces signaux ne sont pas des fautes du corps. Ils sont des messages. Le corps cherche en permanence à s’adapter et à retrouver un équilibre, parfois de manière maladroite, parfois en s’épuisant...
Le syndrome de compression du nerf cutané antérieur est une pathologie fréquente, bénigne, et diagnosticable en quelques minutes avec votre examen clinique. Le test de Carnett est votre meilleur allié. Un résultat positif, associé à une anamnèse concordante, suffit à suspecter fortement le syndrome de compression du nerf cutané antérieur.
Ne vous acharner pas sur une douleur abdominale "rebelle" sans avoir éliminé une cause pariétale. Intégrez systématiquement le syndrome de compression du nerf cutané antérieur dans votre diagnostic différentiel. Vos patients vous en remercieront.
Un repère clinique simple, toujours utile, mais à interpréter avec discernement. Dans l’examen abdominal, certains repères traversent le temps parce qu’ils répondent à une réalité anatomique et clinique.Le point de McBurney en fait partie. Décrit à la fin du xixe siècle, il reste aujourd’hui un élément fondamental de la sémiologie de la fosse iliaque droite, y compris à l’ère de l’imagerie.définition anatomique...
Chez l’adulte sportif, le point de côté est souvent réduit à un trouble banal, transitoire, presque anecdotique. Pourtant, derrière cette douleur fugace peuvent se cacher des contraintes mécaniques bien réelles : tensions viscérales, restrictions de mobilité du diaphragme, zones de traction péritonéale, ou encore cicatrices anciennes parfois oubliées.Les kinésithérapeutes formés en thérapie viscérale disposent d’un outil central : la palpation préciseElle permet de rechercher, chez chaque patient, les structures réellement impliquées dans la douleur : organes digestifs, zones de fixation, interfaces thoraco-abdominales, mais aussi cicatrices chirurgicales ou traumatiques susceptibles de perturber la mobilité des tissus.Cette approche individualisée ne remplace pas le diagnostic médical. Elle complète l’analyse en donnant du sens aux symptômes, en tenant compte de l’histoire corporelle du patient, de son effort, de sa respiration et de ses adaptations.
L’humain ne se résume pas à son mouvement
Pour accompagner nos patients, nous devons élargir notre champ de perception. Il y a le plan physique, que nous connaissons bien : la douleur, l’activité physique, les adaptations tissulaires…
Mais cela ne suffit pas. Un mouvement douloureux n’est pas seulement une question de muscles ou d’articulations ; il s’inscrit dans un vécu émotionnel, dans une charge mentale, dans un niveau d’énergie disponible...
Faire de l’exercice régulièrement, avec une intensité modérée, joue un rôle favorable pour la santé digestive.
Plusieurs travaux montrent qu’une activité physique douce ou modérée :peut améliorer la diversité du microbiote intestinal, ce qui favorise la production de métabolites bénéfiques pour la muqueuse intestinale ; peut réduire l’inflammation chronique de faible grade, améliorer le transit, la digestion, et globalement “tonifier” le tube digestif ; Autrement dit : quand on s’active raisonnablement, le sport contribue à un intestin plus résilient, plus équilibré, plus fonctionnel.
Mais — et c’est là que le sujet se complique — quand l’intensité, la durée ou la répétition des séances deviennent élevées, les bénéfices peuvent se renverser.Un “seuil” au-delà duquel l’intestin peut souffrirDes recherches montrent qu’un certain niveau d’effort, combiné à des conditions défavorables (chaleur, déshydratation, volume important), peut altérer la barrière intestinale. ..
(d’après Benedetti F., 2013, Physiol Rev.)Extrait de la formation « Communication thérapeutique » Thierry BlainDans nos cabinets, nous voyons des patients pour qui la douleur, l’anxiété, l’incertitude et l’attente du soulagement font partie intégrante du parcours de soins. Chaque séance devient alors un moment où le corps, l’esprit, et la relation humaine se rencontrent. L’étude de Fabrizio Benedetti (2013, Physiological Reviews) rappelle que ce contexte n’est pas un « décor », mais un élément physiologique à part entière.
On parle souvent d’alimentation pour « améliorer son microbiote».Pourtant, une grande étude publiée en 2024 montre que le facteur le plus influent n’est pas ce que vous mangez, mais la façon dont votre intestin fait avancer les aliments : la qualité de votre transit.Pourquoi le transit compte autant ?
Les 1000 premiers jours d'un enfant : conseils nutrition, santé, immunité...
Avec Elsa Holfert et Thierry Blain
Une autre piste à envisager dans le mal de dosComprendre ce qui se cache derrière la « lombalgie »Lorsque vous souffrez de douleurs dans le bas du dos, le réflexe est d’abord de penser à une « cause musculo-squelettique » : articulations lombaires, muscles érecteurs du rachis, disques, ligaments, etc.Mais il existe aussi une autre piste, moins souvent explorée : une douleur dont l’origine pourrait être viscérale — c’est-à-dire liée à un organe, ici l’intestin et référée ou projetée vers la zone lombaire...
Thierry Blain
Dites-le à vos maris, pères, amis, fils...Movember : constater ou agir ?La prostate est un petit organe discret, souvent silencieux pendant des années, puis soudain plus présent après 50 ans.Protéger sa prostate ne signifie pas attendre d’avoir des symptômes, mais adopter quelques habitudes simples qui maintiennent le bas-ventre dans un état d’équilibre.Que faire pour protéger votre prostate ?
Dites-le à vos patients. esComprendre les « bons » gras : oméga-3, 6 et 9Lorsque l’on parle de « bons » gras, on pense souvent aux oméga. Ces acides gras jouent un rôle crucial dans notre corps : membranes cellulaires, cerveau, inflammation, cœur… mais tout dépend de l’équilibre et des sources.Que sont les oméga-3, oméga-6 et oméga-9 ?Oméga-3 : acides gras poly-insaturés que l’organisme ne sait pas fabriquer en quantité suffisante. Il faut les trouver dans l’alimentation. Oméga-6 : aussi essentiels, présents dans beaucoup d’huiles végétales et aliments transformés. Leur excès, surtout si les oméga-3 sont faibles, peut favoriser des processus inflammatoires.Oméga-9 : acides gras mono-insaturés (non « essentiels » au sens où le corps peut en produire une partie), typiques de l’huile d’olive, de l’avocat… Ils sont associés à une alimentation saine de type méditerranéenne.Pourquoi ça compte pour vous ?...
Après l’ablation de la vésicule biliaire : comprendre, adapter et accompagnerLa cholécystectomie – ablation de la vésicule biliaire – est aujourd’hui l’une des interventions chirurgicales les plus fréquentes en France. Si elle soulage efficacement les crises de coliques biliaires, elle modifie durablement la physiologie digestive.Normalement, la vésicule biliaire sert à stocker et concentrer la bile produite par le foie. Lorsqu’un repas, surtout gras, arrive dans le duodénum, elle se contracte sous l’effet de la cholécystokinine (CCK) et libère un flux biliaire puissant, permettant :- l’émulsification des graisses,- l’absorption des vitamines liposolubles (A, D, E, K),- et l’élimination des déchets métaboliques lipidiques.Sans cette régulation, la bile ne s’accumule plus : elle s’écoule en continu et plus diluée dans l’intestin grêle.Les conséquences digestives et métaboliques les plus fréquentes
Se former au viscéral : Kiné Formations
Depuis quelques années, le nerf vague est devenu une véritable vedette. On le décrit comme un outil miracle capable de tout réparer : calmer l’anxiété, réduire l’inflammation, restaurer la digestion, apaiser la douleur. Pourtant, cette vision traduit surtout une tendance occidentale à chercher une solution unique, sans remettre en question les comportements qui dérèglent la physiologie. Comme un médicament qui corrigerait comme par magie nos comportements anti-santé.
En pratique clinique, nous parlons souvent de « symptôme ».
Pourtant, ce mot suppose déjà une distance entre le phénomène observé et la cause réelle.
Et si, plutôt que de considérer la douleur ou le désordre fonctionnel comme un signal à faire taire, nous les envisagions comme une réaction du corps ?
Pourquoi le foie doit faire partie du bilan en cas d’endométriose
Le foie occupe une place stratégique dans l’équilibre hormonal et inflammatoire des patientes atteintes d’endométriose. En régulant la métabolisation des œstrogènes, la filtration des métabolites intestinaux et la détoxification oxydative, il influence directement l’intensité des douleurs, la réactivité tissulaire et la progression des lésions.
Pour le kinésithérapeute formé à la thérapie viscérale, l’évaluation de la mobilité hépatique, du diaphragme et du flux portocave devient donc essentielle.
Une libération douce de la région sous-costale, associée à la respiration diaphragmatique, favorise la circulation veineuse, la clairance hormonale et l’autorégulation vagale.
En parallèle, l’éducation thérapeutique — notamment sur le sommeil, l’alimentation et l’activité physique — soutient la fonction hépatique et renforce la cohérence du traitement manuel.
L’inflammation silencieuse de bas grade est impliquée dans de nombreuses douleurs chroniques et déséquilibres métaboliques.
Le massage abdominal thérapeutique et la kinésithérapie viscérale peuvent y contribuer par plusieurs mécanismes complémentaires :
Activation du nerf vague → stimule la voie anti-inflammatoire cholinergique, régulant TNF-α, IL-1β et IL-6 (Tracey, J Intern Med, 2017).
Amélioration de la vascularisation viscérale → favorise la microcirculation et le drainage lymphatique, réduisant les médiateurs inflammatoires (Yim et al., Complement Ther Med, 2020).
Éducation alimentaire → une alimentation anti-inflammatoire (fibres, oméga-3, végétaux) soutient la barrière intestinale et limite la perméabilité (Minihane et al., Nutrients, 2024).
Remise en activité → le mouvement stimule les myokines anti-inflammatoires et diminue la graisse viscérale (Gonzalo-Encabo et al., Front Endocrinol, 2021).
Entretien motivationnel → renforce l’adhésion du patient et réduit le stress, facteur majeur d’inflammation (Miller & Rollnick, 2023).
En combinant ces leviers, le kinésithérapeute agit sur les racines neurovégétatives, circulatoires, comportementales et émotionnelles de l’inflammation — pour rétablir l’équilibre global du corps
Lorsque l’on consomme une quantité importante de sucres (glucose, fructose) sans que l’activité physique ne permette une dépense ou une utilisation optimale de cette énergie, la surcharge glucidique stimule la lipogenèse de novo au niveau hépatique : le foie convertit une partie du glucose en acides gras, qui sont ensuite transportés et stockés dans le tissu adipeux. Frontiers+1
Ce tissu adipeux excédentaire (surtout viscéral) devient « actif » sur le plan métabolique : il sécrète des adipokines pro-inflammatoires, attire des macrophages et engendre une inflammation de bas-grade. Cette inflammation contribue à la mise en place d’une résistance à l’insuline : les tissus cibles (muscle, foie, adipocytes) ne répondent plus correctement à l’insuline. Frontiers+1
La résistance à l’insuline entraîne une hyperinsulinémie compensatoire, une perturbation du métabolisme lipidique (moins de lipolyse, plus de lipogenèse) et une augmentation de la masse grasse, en particulier du tissu adipeux viscéral. Frontiers+1
Le tissu adipeux accru modifie ensuite l’équilibre hormonal. Chez l’homme : l’accroissement du tissu adipeux s’accompagne d’une augmentation de l’activité de l’enzyme aromatase dans les adipocytes, laquelle convertit la testostérone en œstradiol (œstrogènes). Ainsi, la testostérone baisse, les œstrogènes augmentent, ce qui peut perturber l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique et entraîner des conséquences cliniques (moins de masse musculaire, libido réduite…). ScienceDirect+2OUP Academic+2
Chez la femme : l’excès adipose, en particulier viscéral, modifie la production hormonale et la biodisponibilité des androgènes et œstrogènes. Bien que le mécanisme exact soit encore en cours d’étude, on observe une corrélation entre adiposité accrue, résistance à l’insuline et déséquilibre androgéno-œstrogénique (par exemple dans le contexte du syndrome des ovaires polykystiques). MDPI+1
Ainsi, le lien sucre → gras → hormones s’établit par une chaîne de mécanismes métaboliques : surcharge glucidique + faible activité → lipogenèse → adiposité accrue → inflammation et insulino-résistance → modification hormonale selon le sexe.